Un festival de théâtre en milieu scolaire pour faire rêver les jeunes
OTTAWA – Comme plusieurs avant eux, Anne Hamels, à la direction artistique du Festival Théâtre Action en milieu scolaire (FTAMS), et Alex Tétreault, coporte-parole, ont découvert le théâtre grâce à cet événement alors qu’ils étaient encore élèves. Des années plus tard, ils y reviennent pour inspirer la relève.
Pour sa 28e édition, le festival rassemble, du 16 au 18 avril à Ottawa, 423 élèves, accompagnés d’une trentaine d’enseignants, venus des quatre coins de l’Ontario, de Windsor à Sudbury, en passant par Kingston, Cambridge, Pembroke et Ottawa. Pendant trois jours, ces jeunes francophones participent à des ateliers, présentent des pièces de théâtre et en découvrent d’autres, autour d’une même passion : le théâtre.
À la direction artistique, Anne Hamels garde un cap clair. « Qu’est-ce que ces jeunes ont envie de vivre, ont besoin de vivre pour comprendre que faire du théâtre en français, c’est possible, c’est vivant? On est là pour les inspirer, pour leur offrir un espace de création et de célébration », affirme Anne Hamels.
Ancien participant, Anne connaît bien la portée du festival. « Je me remets toujours dans la peau des jeunes. J’ai vécu ce festival pendant quatre ans au secondaire. Aujourd’hui, je veux leur offrir cette même chance : vivre un moment marquant, dans un festival coloré et inspirant », fait remarquer Anne Hamels.

Une génération qui se transmet le flambeau
Même trajectoire pour Alex Tétreault. Le créateur originaire de Sudbury en est à son 15e FTAMS. Il y a participé comme élève, puis comme étudiant en théâtre à l’Université Laurentienne, avant d’y revenir comme artiste professionnel et coporte-parole.
« Honnêtement, sans ce festival, je ne serais probablement pas artiste aujourd’hui. Il m’a accompagné tout au long de mon parcours. Aujourd’hui, j’ai la chance de transmettre à mon tour, en donnant des ateliers aux élèves. »
Pour lui, l’événement dépasse largement le cadre scolaire. « Des centaines de jeunes de partout en province passent trois jours ensemble à partager leur passion, à créer des liens entre les régions. C’est extrêmement formateur, et même crucial pour la santé du théâtre franco-ontarien. »
« La tête dans les étoiles »
Cette année, le festival se déroule sous le thème « La tête dans les étoiles », une idée directement inspirée des élèves.
« Ils nous ont parlé d’Hollywood, d’espace, d’extraterrestres. On a extrapolé vers cette image des étoiles, des constellations, de la poussière d’étoiles. Chaque élève est une étoile, et ensemble, ils créent quelque chose de beau », explique Benoît Roy, directeur général de Théâtre Action.

Derrière les projecteurs, l’organisation est colossale. Le FTAMS ne se prépare pas en quelques semaines.
« C’est un projet à l’année. Dès que le festival se termine, on commence déjà le suivant : les thèmes, les inscriptions, les porte-parole », souligne Benoît Roy.
Après trois années comme coporte-paroles, Alex Tétreault (Sudbury) et Bianca Heuvelmans (Toronto) passeront le relais à une nouvelle cohorte d’artistes, comme l’ont fait avant eux des figures telles que Stef Paquette, Vincent Poirier ou Geneviève Cholette.
« On fait une rotation des porte-parole pour renouveler l’image du festival et donner la chance à d’autres artistes. Ça permet aussi une certaine découvrabilité : les élèves voient ces artistes sur scène, puis les retrouvent ensuite dans leurs écoles. Ça crée des modèles accessibles pour eux », ajoute-t-il.
L’organisme joue aussi un rôle clé en amont, en envoyant des artistes mentors dans les écoles pour accompagner les élèves dans leurs créations.
« Chaque spectacle présenté ici a été appuyé par un artiste francophone de l’Ontario. C’est un travail de fond, qui demande une équipe solide et un engagement constant. »
Un levier pour la francophonie
Au-delà du théâtre, le FTAMS s’impose comme un espace de transmission pour la francophonie ontarienne.
« Pendant trois jours, les jeunes vivent en français autour d’une passion commune. Ils rencontrent des modèles, développent un sentiment de fierté », souligne Benoît Roy.
À la fin du festival, les élèves repartent avec bien plus qu’une expérience artistique.
« Ils réalisent qu’il y a d’autres jeunes, à Kingston, Sudbury ou Windsor, qui partagent la même passion. Et les artistes qu’ils rencontrent ici retournent ensuite dans leurs écoles. Il y a une continuité, un lien concret », conclut-il.