Le SCFP 5335 dénonce une restructuration budgétaire au CEPEO qui menace 25 postes et précarise les conditions de travail du personnel de secrétariat. Photo : Archives ONFR
Société

Restructuration au CEPEO : une « attaque directe » contre le personnel selon le syndicat

Le SCFP 5335 dénonce une restructuration budgétaire au CEPEO qui menace 25 postes et précarise les conditions de travail du personnel de secrétariat. Photo : Archives ONFR

OTTAWA – La section locale 5335 du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) et le Conseil des syndicats des conseils scolaires de l’Ontario (CSCSO) dénoncent le plan de restructuration du Conseil des écoles publiques de l’Est de l’Ontario (CEPEO). Alors que l’employeur invoque des impératifs budgétaires, le syndicat condamne une « attaque directe » contre la sécurité d’emploi du personnel de soutien, dont la quasi-totalité des postes de secrétariat perdra deux mois de travail annuel.

Le projet de restructuration prévoit la suppression de 25 postes équivalents temps plein (ETP). Cette décision affectera environ 45 travailleuses et travailleurs de l’éducation d’ici la fin de l’année scolaire. 

Pour Christine Couture, présidente du SCFP 5335, la cible de ces coupes est claire : « Ces coupures constituent une attaque directe contre les travailleuses et travailleurs de première ligne qui soutiennent les élèves, les familles et les communautés scolaires jour après jour ». 

Elle ajoute que « l’employeur choisit d’équilibrer son budget sur le dos de nos membres, ce qui est tout à fait inacceptable ».

Fin des contrats de 12 mois 

L’un des changements les plus contestés est le passage de la quasi-totalité des postes de secrétariat d’une affectation de 12 mois à 10 mois par an. Selon le syndicat, « ce changement entraînera une baisse significative des revenus et de la sécurité d’emploi pour les travailleuses et travailleurs concernés ».

Cette mesure est quasi généralisée selon Mme Couture qui précise que la vaste majorité des établissements du CEPEO est touchée, à l’exception d’environ cinq ou six écoles seulement sur l’ensemble du territoire.

Et d’ajouter que cette transition forcera les employés à dépendre de l’assurance-emploi durant l’été, ce qui implique une semaine de carence sans salaire et une prestation limitée à 55 % de leur rémunération habituelle. 

« Pour bon nombre de nos membres, il ne s’agit pas seulement d’une suppression d’emploi, mais d’une réduction majeure de leur capacité à subvenir à leurs besoins et à ceux de leur famille », explique-t-elle. Elle considère qu’imposer ces contrats est « un pas en arrière qui attaque la valeur de leur travail ». 

De plus, cette réduction de la durée annuelle du contrat affecterait négativement le calcul de leur fonds de pension à long terme.

Inquiétude pour la rentrée

L’absence de secrétaires durant les mois de juillet et août soulève des inquiétudes quant à la préparation de la rentrée. 

Traditionnellement, ce personnel assure la gestion des nouvelles inscriptions, l’archivage des dossiers et la réception des commandes de matériel. Mme Couture souligne que puisque les directions d’école sont également à 10 mois, les établissements se retrouveront sans aucune ressource administrative pendant deux mois.

Cette situation survient alors que « le conseil scolaire procédera à l’ouverture de deux nouvelles écoles en septembre prochain », un paradoxe qui « soulève des inquiétudes quant aux priorités en matière de personnel et à la répartition des ressources ». 

Mme Couture note que le Conseil a un plan d’expansion prévoyant jusqu’à huit nouvelles écoles, alors que la dotation en personnel de soutien semble se limiter au minimum strict.

« Planifiée depuis 2024 »

Contactée par ONFR, l’équipe média du CEPEO confirme que ces ajustements s’inscrivent dans une « restructuration des tâches administratives lancée en juin 2024 ». Le Conseil affirme que cette démarche vise à optimiser l’efficacité des opérations pour répondre aux exigences de redevabilité financière du ministère de l’Éducation, tout en assurant que les changements se feront dans le respect des conventions collectives.

La direction du Conseil ajoute vouloir travailler en collaboration avec le syndicat pour accompagner les personnes touchées : « Notre priorité demeure le maintien d’un environnement de travail respectueux, stable et humain », a déclaré l’équipe média du CEPEO par courriel.

Appels à la mobilisation

Le syndicat appelle désormais le gouvernement provincial à « remédier au sous-financement chronique de l’éducation » et demande au Conseil d’annuler ces coupes. 

« Les élèves méritent le soutien d’écoles dotées de ressources suffisantes », déclare M. Tigani. 

De son côté, Mme Couture invite les parents à interpeller directement le directeur de l’éducation, Christian-Charles Bouchard, pour exprimer leur opposition. 

« Notre force réside dans notre solidarité, et nous sommes prêts à nous unir pour défendre nos emplois », conclut-elle.