Le Festival franco-ontarien reçoît un soutien financier de la province près de deux mois avant sa prochaine édition. Photo: Rachel Crustin / ONFR
Culture

Le Festival franco-ontarien reçoit le feu vert financier de la province

Le Festival franco-ontarien reçoît un soutien financier de la province près de deux mois avant sa prochaine édition. Photo: Rachel Crustin / ONFR

OTTAWA – Après des semaines d’incertitude qui ont fait planer un doute sur la finalisation du budget de la 51e édition, le gouvernement de l’Ontario a confirmé ce mercredi que le Festival franco-ontarien (FFO) figure parmi les bénéficiaires du programme Expérience Ontario 2026.

L’annonce a été faite par le ministre du Tourisme, de la Culture et des Jeux, Stan Cho, dans le cadre d’un investissement de 20 millions de dollars visant à soutenir près de 400 festivals à travers la province.

Le FFO reçoit une contribution officielle de 55 000 $ pour ses activités prévues du 11 au 13 juin au parc Major’s Hill soit la même que l’an dernier.

La Franco-Fête de Toronto, qui se tiendra les 19 et 20 juin et qui est également gérée par le Groupe Simoncic de José Bertrand, figure elle aussi parmi les bénéficiaires annoncés par la province.

Le gouvernement a confirmé l’octroi d’une somme de 20 000 $ à l’événement torontois, un montant qui arrive toutefois dans un contexte critique alors que le festival avait peiné à se remettre de la pandémie. 

Bien qu’il s’agisse du montant habituel pour l’organisme, cet appui arrive toutefois dans un contexte critique alors que le festival peine à se remettre de la pandémie. « On est contents, on a les fonds nécessaires pour le faire, mais on est toujours à prendre des risques et en culture, c’est difficile », a réagi José Bertrand, directeur général du festival.

José Bertrand lors du lancement de la programmation générale du FFO 2025. Photo : Rachel Crustin / ONFR

Le défi de la prévisibilité financière

Derrière cette annonce se cache un processus complexe que José Bertrand qualifie de véritable « gambling ».

En raison des règles provinciales, un festival ne peut recevoir simultanément des fonds d’Ontario Créatif et d’Expérience Ontario. Les organisateurs doivent donc choisir un guichet sans savoir si l’autre sera fructueux. « On se doit, comme festival, de prendre une chance et de refuser Ontario Créatif en espérant que l’historique se répète avec Expérience Ontario », explique-t-il.

L’an dernier, ce pari risqué avait laissé le FFO sans aucun fond provincial, forçant une intervention d’urgence du ministère des Affaires francophones, quelques jours avant le début de la 50 édition pour éviter le déficit. Si le tir a été rectifié cette année, M. Bertrand dénonce un problème qu’il qualifie de systémique.

« Pour l’instant, on a un manque à combler de 100 000 $, non pas par refus, mais par délai administratif. C’est une dynamique qui dure depuis des décennies : on applique en septembre et on attend parfois jusqu’en avril. À un mois du festival, on est obligés d’avancer les fonds et d’engager des dépenses sans certitude ».

José Bertrand compte poursuivre les discussions pour réformer le mode de financement provincial en misant sur la solidarité sectorielle : « Un festival tout seul au niveau de la province, ça n’a pas un énorme poids. Par contre, quand on parle au nom de tous les festivals de l’Ontario qui sont dans la même position que nous, à ce moment-là on est capables de faire un peu plus bouger les choses. »

Cette injection de fonds arrive après l’annonce d’une programmation ambitieuse qui verra défiler sur scène des artistes tels que Bleu Jeans Bleu, Jay Scott, Kimya et le groupe LGS. Avec le soutien confirmé de la province venant s’ajouter aux 125 000 $ déjà octroyés par la Ville d’Ottawa, le festival peut désormais se concentrer sur l’accueil des quelque 12 000 festivaliers attendus sur les plaines du parc Major’s Hill.