Le Bureau de la responsabilité financière (BRF) a publié une comparaison budgétaire interprovinciale pour 2024-2025 qui s’appuie sur les Statistiques de finances publiques (SPF) et de Statistique Canada. Photo : Canva
Politique

Côté finances, l’Ontario fait office de mauvais élève face aux autres provinces

Le Bureau de la responsabilité financière (BRF) a publié une comparaison budgétaire interprovinciale pour 2024-2025 qui s’appuie sur les Statistiques de finances publiques (SPF) et de Statistique Canada. Photo : Canva

La dernière comparaison financière interprovinciale place l’Ontario comme le « mauvais élève » du Canada sur plusieurs critères clés. La province affiche notamment la valeur financière nette par habitant la plus faible et les dépenses de programmes les plus basses au pays. Ce sous-financement chronique ne s’explique toutefois pas par une faible fiscalité, mais plutôt par des revenus externes et des transferts fédéraux historiquement bas.

Le Bureau de la responsabilité financière (BRF) a publié une comparaison budgétaire interprovinciale pour 2024-2025 qui s’appuie sur les Statistiques de finances publiques (SPF) et de Statistique Canada.

Parmi les points analysés, on y trouve une comparaison de la « valeur financière nette » des provinces par habitant, c’est-à-dire la différence entre les actifs financiers et les dettes.

Source : rapport Comparaison budgétaire interprovinciale 2024-2025 du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF)

Avec une dette nette de près de 20 000 dollars par habitant, l’Ontario traîne un fardeau deux fois plus lourd que la moyenne des autres provinces de près de 9000 dollars. L’Ontario est donc presque deux fois plus endettée que la moyenne des autres provinces par habitant.

Il ne s’agit pas d’un phénomène nouveau puisque le rapport précise d’ailleurs que depuis 2009-2010, la valeur financière nette par habitant de l’Ontario s’est systématiquement établie au dernier rang ou à l’avant-dernier rang de toutes les provinces.

Santé et services sociaux : l’Ontario ferme la marche

Un autre critère où l’Ontario est reléguée au dernier rang : les dépenses totales par habitants qui s’élevaient à 14 470 dollars, soit 3238 dollars (18,3 %) de moins que la moyenne du reste du Canada, une tendance courante depuis 2008-2009.

« Le niveau relativement faible des dépenses totales de l’Ontario par habitant s’explique par ses faibles dépenses de programmes par habitant et ses paiements d’intérêt de la dette inférieurs à la moyenne », détaille le rapport.

Source : rapport Comparaison budgétaire interprovinciale 2024-2025 du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF)

Ceux-ci se chiffraient à 17,7 % sous la moyenne du reste du Canada. A noter que les dépenses en santé par habitant en Ontario s’élevaient à 5284 $, le deuxième montant le plus faible de toutes les provinces, se situant à 17,4 % sous la moyenne du reste du Canada.

En éducation, avec 3085 $ par habitant, la province se situe au 4e rang, mais demeure légèrement sous la moyenne du reste du Canada (-0,7 %).

Toutes les autres dépenses de programmes par habitant en Ontario s’élevaient à 5101 $ en 2024-2025, soit le niveau le plus faible de toutes les provinces et 1760 $ (25,6 %) sous la moyenne du reste du Canada.

L’Ontario est la province qui reçoit le moins de fonds fédéraux

Les revenus totaux de l’Ontario par habitant étaient les plus faibles au Canada (13 333 dollars), soit 3244 dollars (19,6 %) en dessous de la moyenne du reste du Canada.

Deux explications principales à cela selon le BRF qui pointe deux sources de revenus où l’Ontario est largement « perdante ».

Ce déficit de ressources ne provient pas de la fiscalité provinciale : les revenus fiscaux de l’Ontario (impôts et taxes) s’élèvent à 9787 $ par habitant, un montant supérieur de 2,9 % à la moyenne nationale. Rapportés à la taille de son économie, les revenus fiscaux représentent 13,2 % du PIB (contre 12,5 % ailleurs au pays).

Le manque à gagner provient de deux sources externes, soit des transferts fédéraux moindres qu’ailleurs : l’Ontario reçoit en effet le montant le plus faible au pays, 33,1 % de moins que la moyenne du reste du Canada.

Des revenus non fiscaux (incluant les ressources naturelles), l’Ontario perçoit 1329 $ par habitant, ce qui est 64,5 % sous la moyenne nationale (3748 $).

En résumé, malgré un effort fiscal des contribuables supérieur à la moyenne, l’Ontario doit composer avec un budget global réduit en raison de transferts fédéraux moindres et de revenus de ressources naturelles nettement inférieurs à ses voisins.

Au chapitre du « solde de fonctionnement net » — qui mesure l’écart entre l’argent qui entre et l’argent qui sort des coffres de l’État — l’Ontario affiche un déficit de 1137 $ par habitant. Un chiffre qui place la province pile dans la moyenne canadienne, au 6e rang au pays.

Seulement trois provinces, l’Alberta, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse, ont enregistré des excédents de fonctionnement nets en 2024-2025. Source : rapport Comparaison budgétaire interprovinciale 2024-2025 du Bureau de la responsabilité financière de l’Ontario (BRF)