À Toronto, un match amical France-Sénégal pour lancer l’esprit de la Coupe du monde
TORONTO – À un peu plus de deux semaines du début de la Coupe du monde de la FIFA 2026, les communautés française et sénégalaise de Toronto lanceront les festivités à leur manière, ce samedi, avec un match amical entre partisans des deux pays. Une initiative portée conjointement par la Fédération Tricolore de Toronto, le PSG Fan Club Toronto et Senontario, avec un objectif qui dépasse largement le simple résultat sportif : rassembler les communautés autour du football dans un esprit de fraternité et de fête avant le choc France-Sénégal prévu le 16 juin.
« C’est un match qui est en préambule de la Coupe du monde, explique Olivier Debresgeas, président du PSG Fan Club Toronto et impliqué dans l’organisation avec la Fédération Tricolore. On s’est dit : pourquoi pas faire un match amical avec nos amis sénégalais et peut-être débuter un petit peu la Coupe du monde sous un bon esprit. »
Du côté sénégalais, Mamadou Ndaw, de Senontario, partage la même vision : « Au-delà de l’esprit de compétition et de l’envie de victoire, nous voulons aussi mettre en avant l’aspect communautaire, souligne-t-il. Ça va être à la fois Sénégal-France, mais aussi Afrique-France, Afrique-Europe. Le foot est un véhicule pour rassembler. »
Les deux organisations ont rapidement trouvé leurs joueurs grâce à des inscriptions ouvertes via Eventbrite. Plus d’une quarantaine de personnes ont manifesté leur intérêt de part et d’autre.
« Il y aura assez de joueurs, et tous prêts pour affronter l’équipe adverse », lance Mamadou Ndaw avec le sourire. Mais l’appel est désormais surtout adressé au public : drapeaux, maillots et ambiance seront encouragés autour du terrain de soccer des écoles Saint Frère André et Toronto Ouest.
« Être avec les tiens »
Ce match amical s’inscrit dans une réflexion plus large autour de la Coupe du monde à Toronto, où les prix élevés des billets et le fonctionnement des fan zones officielles poussent plusieurs communautés à organiser leurs propres rassemblements.

Pour Olivier Debresgeas, l’idée est claire : créer des espaces communautaires accessibles et chaleureux.
« C’est important d’avoir notre fan zone à nous, affirme-t-il. C’est bien d’avoir celle mise à disposition par la ville, mais en réalité, tu as envie d’être avec les tiens quand tu regardes les matchs. Tu as envie d’être avec les supporters de l’équipe de France quand tu regardes la France. »
Cette future « Maison des Bleus », installée chez Ricarda’s au centre-ville de Toronto, réunira plusieurs associations françaises et francophones de la ville : le PSG Fan Club Toronto, French Tech, Français du Monde, le consulat, l’Alliance française et d’autres organismes communautaires.
Le premier grand rendez-vous organisé par la Fédération Tricolore aura lieu dès le 10 juin avec le match amical entre la France et la Côte d’Ivoire, présenté comme une répétition générale avant l’entrée en lice des Bleus contre le Sénégal le 16 juin, un match qui donnera immédiatement une saveur particulière au tournoi pour les communautés présentes à Toronto.
Le Sénégal à Toronto face à l’Irak
Du côté sénégalais aussi, la volonté est de privilégier les rassemblements communautaires. Senontario travaille notamment avec l’ambassade du Sénégal afin d’organiser des événements autour des matchs des Lions de la Teranga. Le restaurant Pendafrica sera également, comme lors de la Coupe d’Afrique des nations, un lieu incontournable de rassemblement pour l’événement.

Un moment particulièrement attendu est déjà ciblé : le match Sénégal-Irak prévu à Toronto le 26 juin.
« Nous voulons vraiment faire une journée de fête », explique Mamadou Ndaw.
Mais l’accès aux matchs au stade demeure une préoccupation majeure. Très peu de supporters sénégalais ont réussi à obtenir des billets.
« Les gens déplorent le fait que les billets sont chers, constate Mamadou Ndaw. Le football, c’est un sport de masse populaire. Ça ne devrait pas être une affaire d’élite ou une affaire de riches. »
Même son de cloche chez les Français, où plusieurs supporters préfèrent miser sur les rassemblements organisés par la communauté plutôt que sur les fan zones officielles ou la loterie des billets FIFA.
Un week-end chargé pour les partisans du PSG
Pour Olivier Debresgeas, ce samedi sera aussi marqué par un autre événement majeur : la finale de la Ligue des champions entre le Paris Saint-Germain et l’Inter Milan (coup d’envoi à midi).
Le PSG Fan Club Toronto organise trois rassemblements simultanés au centre-ville afin d’accueillir les nombreux supporters attendus. Le principal événement, au Friar, a affiché complet en deux heures avec une capacité de 120 personnes.
D’autres établissements, comme The Pint et Pizza Rustica, accueilleront également des supporters parisiens et plusieurs groupes amis, notamment des fans de Naples, un club historiquement proche du PSG.

Un cortège de supporters partira samedi matin du pied de la Tour CN avant de rejoindre les différents bars partenaires. Onze membres du fan club torontois seront également présents à Budapest pour assister à la finale.
« Je suis confiant, serein, en même temps stressé et à la fois j’ai envie d’y être, confie Olivier Debresgeas. Gagner la coupe une deuxième fois en deux ans, c’est tout ce que j’aimerais mais je ne me prononcerai pas sur le match par superstition. »
Ça continue dimanche
Et à peine quelques heures après cette finale européenne, les supporters parisiens de Toronto remettront ça dimanche matin avec la We Run Toronto, une course de 10 kilomètres inspirée de la We Run Paris organisée par le PSG.
L’initiative, proposée par le fan club torontois puis reprise à l’international, réunira plusieurs villes comme Montréal, Londres, Tokyo, Los Angeles ou encore Abidjan.
« On court ensemble, on reste ensemble, on s’amuse, résume Olivier Debresgeas. Il n’y a pas de chrono, pas de médaille. L’objectif, c’est le partage et les valeurs sportives. »
Un esprit qui ressemble finalement beaucoup à celui du match France-Sénégal organisé quelques heures plus tôt : utiliser le sport comme prétexte pour rapprocher les communautés, avant qu’une ville entière ne vive au rythme de la Coupe du monde.