Gala des Prix RelèveON 2026 : le leadership francophone de l’Ontario à l’honneur
TORONTO – La 9e édition du Gala des Prix RelèveON, orchestrée par le Club canadien de Toronto au Design Exchange, a mis en lumière des profils d’exception au sein de la jeune relève et des figures marquantes de la communauté francophone et bilingue de la province. Ce rendez-vous annuel demeure un baromètre essentiel du dynamisme, de l’esprit d’entreprise et de l’engagement social en contexte minoritaire.
Le moment fort de la soirée a été la remise du Prix Héritage à Dada Gasirabo. Cette distinction vient saluer un parcours exceptionnel dédié aux droits humains et à l’équité. Figure incontournable de la communauté, Dada Gasirabo est l’ancienne directrice générale d’Oasis Centre des Femmes à Toronto. Survivante du génocide des Tutsis au Rwanda, elle a transformé son histoire personnelle en un combat infatigable pour l’autonomisation des femmes francophones, le soutien aux victimes de violence et l’intégration des personnes réfugiées et immigrantes en Ontario.

Le prix lui a été remis par Estelle Courty Duchon, directrice générale du Centre Francophone du Grand Toronto. Un moment fort en émotions et hautement symbolique, puisque c’est précisément au sein de cette institution que Dada Gasirabo avait décroché son tout premier emploi à son arrivée à Toronto.
Un ancrage fort dans le droit et les institutions
Dans la catégorie Jeune professionnel(le), le prix a été attribué à Frédérick Doucet. Avocat et enquêteur senior chez Rubin Thomlinson, il s’est distingué par son travail de lutte contre la discrimination et pour l’inclusion au sein des organisations. Pour lui, cette distinction dépasse sa seule individualité.
« C’est beaucoup de fierté, un grand honneur, et une belle reconnaissance pour le travail fait jusqu’à présent. Pas juste mon travail à moi, mais tout le travail que les personnes font en droit de la personne pour essayer de lutter contre la discrimination. »
Voyant ce prix non pas comme un aboutissement mais comme un véritable « tremplin », Frédérick Doucet a tenu à lancer un message fort à la jeunesse franco-ontarienne :
« Si vous avez un projet en tête ou un rêve que vous voulez réaliser : osez. Des fois, ça fait peur d’oser, mais c’est vraiment ce qui va vous permettre d’atteindre votre objectif. »

La catégorie Jeune cadre a quant à elle couronné Roxalie Lebeau-Hébert. Récemment nommée à la direction des affaires juridiques du Groupe Média TFO et membre active de la Canadian Media Lawyers Association, elle incarne une gestion juridique de haut niveau dans le secteur des médias publics et du droit des communications.
Engagement étudiant et virage technologique
Du côté de la relève universitaire, Paule Véronique Fouda Mengue s’est vu décerner le prix de la catégorie Leader étudiant(e). Ambassadrice engagée de l’Université de l’Ontario français (UOF) à Toronto, elle a récemment marqué les esprits en menant un projet d’envergure visant à rassembler les associations de langue française de la province.
« Voir qu’il y a d’autres personnes avec un regard extérieur, un jury qui ne me connaît pas personnellement, qui ont vu que j’avais du potentiel et qui m’ont donné cette opportunité, honnêtement, c’est incroyable », a-t-elle confié.

Pour elle, la présence de tels événements au sein de la communauté francophone est un symbole fort pour l’avenir de la langue.
« Qu’il y ait ce genre de célébration, c’est vraiment comme un symbole d’espoir. C’est un appel pour dire aux autres ‘n’abandonnons pas notre français’, surtout pour nous les jeunes où on est entre l’anglais, le français et le bilinguisme. »
Le volet entrepreneurial a mis en valeur Elvine Assouline, lauréat dans la catégorie Jeune entrepreneur(e). Co-fondateur de la plateforme de vérification de références Credibled, il a salué la synergie qui anime l’écosystème francophone de la métropole.
« C’est un accomplissement et une reconnaissance. Mais vous savez, une entreprise qui gagne, c’est l’effort collectif de tout le monde, je suis très fier de nos équipes. »

Évoquant la complexité de faire vivre des initiatives à 100 % en français dans un environnement majoritairement anglophone, il voit ce prix comme un encouragement à persévérer.
« C’est grâce au Club canadien et à la communauté francophone qui se mobilise. Mon mot d’encouragement pour les entrepreneurs, c’est de continuer et de rester dans le game, parce que c’est en continuant le plus longtemps possible qu’on finit par gagner. »
L’inclusion au cœur de l’action communautaire
Enfin, le prix du Jeune Leader inclusif/-ive a été remis à Franck-Maleek Djamat-Dubois. Reconnu pour son action terrain à la tête de l’organisation Kids Connect Africa qu’il a mise en place en 2018, il s’attache à inspirer et encourager la prochaine génération de leaders.
« La gloire individuelle ne vaut rien sans l’impact de la communauté. Je ne le vois pas vraiment comme un prix personnel, c’est plus un prix pour mon organisation. C’est un bon rappel que le travail qu’on fait est super important, mais que ce n’est pas encore fini. »

À travers ses ateliers et ses tournois de débats universitaires, Franck-Maleek Djamat-Dubois rappelle que la valeur n’attend pas le nombre des années.
« Sachez juste que l’âge n’est pas un obstacle. L’âge est vraiment juste un chiffre et l’impact ne se bloque pas à 15 ou 20 ans. Il faut juste se lever, prendre les ressources, trouver les bonnes personnes et puis agir. »