Julie Allemand prend un tir à mi-distance face au Storm de Seattle lors de la première victoire de la saison à domicile du Tempo. Photo : Mickael Laviolle/ONFR
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Julie Allemand entre patience et adaptation : le Tempo continue d’avancer malgré les obstacles

Julie Allemand prend un tir à mi-distance face au Storm de Seattle lors de la première victoire de la saison à domicile du Tempo. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

TORONTO – Première joueuse de l’histoire du Toronto Tempo après avoir été sélectionnée au deuxième rang du repêchage d’expansion de la WNBA, Julie Allemand incarne depuis le début l’ambition de la nouvelle franchise canadienne. Quelques semaines après le lancement de cette aventure historique, la meneuse belge revient sur un début de saison aussi difficile individuellement qu’encourageant collectivement.

Blessures, manque de temps pour développer des automatismes et adaptation à une nouvelle ville : le début de saison de l’internationale belge est loin d’avoir été un long fleuve tranquille. Pourtant, à l’image du Tempo, qui affiche désormais une fiche de 6-4 malgré une infirmerie bien remplie, Allemand continue d’avancer avec la même priorité : aider son équipe à gagner.

« Ce n’est pas un début facile, reconnaissait-elle avant le match de dimanche contre le Sky de Chicago. Je me suis blessée assez rapidement. Quand je commençais enfin à trouver un petit rythme, il y avait encore ce manque d’alchimie avec toutes les joueuses. Ça, ça prend du temps, ça prend des matchs et des entraînements. »

Le défi est d’autant plus grand que le calendrier de la WNBA laisse peu de place au travail collectif.

« On joue tous les deux ou trois jours, donc on n’a pas énormément d’entraînements. Quand tu es blessée, tu es tout le temps sur le côté. C’est difficile », explique-t-elle.

À ses problèmes à la hanche se sont ajoutées récemment des douleurs au coude, au point où elle ne savait pas, quelques heures avant la rencontre, si elle serait capable de tirer normalement lors du dernier match.

Un rendement encore loin de son plein potentiel

Les statistiques de la Belge reflètent en partie cette adaptation. Après avoir connu une saison 2025 solide à Los Angeles avec 5,4 points, 3,7 rebonds et 5,0 passes décisives de moyenne, Allemand tourne pour l’instant à 4,5 points, 3 rebonds et 3,5 passes par rencontre avec Toronto en seulement 6 matchs disputés.

Si elle n’a pas encore trouvé le rythme en attaque, la meneuse belge a déjà en revanche un impact significatif en défense. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Des chiffres qui ne racontent toutefois qu’une partie de l’histoire.

Avant de traverser l’Atlantique, la meneuse de 29 ans sortait d’une saison exceptionnelle avec Fenerbahçe Opet en Turquie. Aux côtés de plusieurs vedettes internationales, elle a contribué à mener le club au titre en Euroligue féminine au printemps dernier.

Véritable chef d’orchestre de l’équipe, la Belge a même été récompensée de ses performances en étant élue meilleure joueuse du Final Six après la conquête du trophée, notamment grâce à une finale remarquable de 13 points, 10 passes décisives et 9 rebonds.

Son arrivée à Toronto n’est pas idyllique à titre individuel, mais pour l’instant, la priorité n’est pas son rendement personnel.

« Je ne pense pas à moi, je pense à l’équipe et à ce dont elle a besoin. Je sais qu’en ce moment l’équipe va avoir besoin de moi en défense, de mettre du rythme. Peut-être que je ne suis pas encore la Julie que je pourrais être plus tard, mais je vais faire le maximum. »

Le Tempo tient le coup malgré une infirmerie bien remplie

Ce qui impressionne le plus depuis le début de saison demeure sans doute la capacité du Tempo à rester compétitif malgré les nombreux coups durs.

Toronto a dû composer avec les absences d’Isabelle Harrison (revenue dimanche) et de Temi Fagbenlé, blessée lors du tout premier match de la saison. Nyara Sabally a également raté deux rencontres, tandis qu’Allemand elle-même a manqué cinq matchs et a été limitée physiquement depuis son retour.

La profondeur de l’effectif du Tempo a permis de pallier les blessures et de réaliser un début de saison satisfaisant. Photo : Mickael Laviolle/ONFR

Le dernier revers est survenu la semaine dernière avec la blessure de la recrue Kiki Rice, qui réalisait jusque-là un début de saison tonitruant. Avant sa blessure, le sixième choix du repêchage tournait à 12,7 points, 4,7 rebonds et 2,6 passes décisives de moyenne.

Faire sans Kiki Rice

Allemand sait que l’absence de la jeune meneuse sera difficile à compenser.

« C’est sûr qu’elle va nous manquer, admet-elle. Mais depuis le début de saison, il nous manque des joueuses. À chaque fois, on a réussi à trouver des solutions pour aller chercher des victoires. Le plus important sera de trouver ce dont cette équipe a besoin pour gagner. »

L’ancienne joueuse des Sparks pourrait d’ailleurs voir son temps de jeu augmenter en l’absence de Rice.

« L’entraîneuse m’a dit d’être plus agressive parce qu’on a Kiki en moins, explique-t-elle. Mais ce ne sera pas seulement moi. Tout le monde devra faire un effort supplémentaire. »

Malgré tous ces obstacles, Toronto a réussi à demeurer dans la course aux séries lors de ses premières semaines d’existence, un résultat encourageant pour une franchise d’expansion qui découvre encore son identité. L’équipe affiche désormais une fiche de 6-4 après sa victoire convaincante face au Sky de Chicago dimanche (85-68), un départ qui dépasse les attentes pour une équipe qui se construit de zéro.

Toronto, le soleil et un peu de soccer

En dehors du terrain, Julie Allemand commence également à apprivoiser sa nouvelle ville. Après un printemps particulièrement pluvieux et des températures fluctuantes, elle profite enfin du retour du beau temps pour explorer les environs.

« Ce que j’aime surtout, c’est le soleil et la plage, raconte-t-elle. Je suis allée voir les îles de Toronto et je pense y retourner. C’était vraiment calme, vraiment paisible. J’aime beaucoup le fait qu’on habite à côté de l’eau. Je marche beaucoup et je visite pas mal. »

La Belge suit aussi de loin l’effervescence entourant la Coupe du monde de soccer qui s’installe progressivement à Toronto. Même si elle aurait aimé voir certaines grandes nations européennes passer par la Ville Reine, elle reconnaît que l’événement apportera une ambiance particulière.

« Ça va être spécial. À mon avis, il va y avoir beaucoup de monde. Si possible, peut-être qu’on ira voir un match », lance-t-elle avec un sourire.

D’ici là, l’objectif demeure le même : retrouver la pleine santé, poursuivre son intégration et aider le Tempo à continuer de déjouer les pronostics.

Car malgré les blessures et les ajustements inévitables, Toronto démontre déjà qu’il faudra compter sur elle.