Basketball : le Tempo de Toronto mise sur la filière française
TORONTO – Le contingent francophone du Tempo de Toronto continue de s’agrandir. Un peu plus d’un mois après l’arrivée de Tima Pouye, c’est au tour d’Ornella Bankolé de rejoindre la franchise canadienne. Si leurs situations diffèrent, les deux internationales françaises poursuivent le même objectif : s’imposer progressivement dans la meilleure ligue de basketball au monde.
L’une gagne peu à peu la confiance de son entraîneuse. L’autre découvre à peine son nouvel environnement. En l’espace de quelques semaines, Tima Pouye et Ornella Bankolé sont venues apporter une touche française au Tempo. Et la blessure de dernière minute de Julie Allemand face aux Wings de Dallas, ce dimanche, a accéléré les choses pour les deux Françaises.
Tima Pouye a ainsi obtenu sa première titularisation en WNBA, tandis qu’Ornella Bankolé a vu son contrat de développement activée et a foulé un parquet de la grande ligue pour la première fois de sa carrière. Un rêve devenu réalité pour la native d’Auxerre.
Sur le plan collectif, la soirée s’est toutefois terminée par une défaite de Toronto, battu 89-76 par Dallas. Le Tempo affiche désormais un bilan de 9 victoires et 11 défaites.

Arrivée à Toronto il y a un peu plus d’un mois, Tima Pouye a d’abord dû apprivoiser le rythme de la WNBA avant de voir son rôle grandir progressivement au sein du Tempo. « Tout s’est enchaîné très vite. Mais j’ai été super bien accueillie et je me sens de plus en plus à l’aise », expliquait-elle deux semaines après son arrivée.
Tima Pouye récompensée
Les blessures de Kiki Rice puis de Brittney Sykes ont ouvert davantage de minutes dans la rotation extérieure de Sandy Brondello, et la Française a progressivement gagné la confiance de son entraîneuse jusqu’à être récompensée par ce premier départ.
« Nous sommes très satisfaits de Tima. En revoyant les vidéos, je me suis même dit après le dernier match que j’aurais probablement dû la faire jouer davantage. Donnez-lui une mission et elle va la remplir à 150 % », avait confié Brondello après la rencontre face aux Sparks de Los Angeles, le 25 juin dernier.
Le match suivant, la native de Tulle signait son record en carrière avec 13 points en 20 minutes, son plus gros temps de jeu de la saison. L’entraîneuse australienne soulignait alors autant son investissement que sa compréhension du jeu.
« Elle apprend très vite, ce qui démontre son QI basket. C’est une énorme travailleuse. Elle est toujours au gymnase avant et après les entraînements pour continuer à tirer. Nous voulons qu’elle soit une défenseuse capable de perturber les adversaires sur tout le terrain. Offensivement, j’aime aussi sa capacité à attaquer le cercle et à créer pour les autres. »
Dimanche, Pouye a terminé avec 3 points et 1 passe décisive en 21 minutes. Après la rencontre, Brondello a rappelé que sa titularisation s’était décidée dans l’urgence, pas le contexte idéal pour elle.
« On l’a lancée là-dedans à court préavis, quand on a su que Julie ne pouvait pas jouer. Elle joue dur. Défensivement, elle a fait du bon travail. Offensivement, elle doit encore trouver quand faire circuler le ballon et quand être agressive. Elle doit se faire confiance. »

Une énergie qui plaît
Pour Pouye, cette progression s’inscrit dans un processus : « Ce n’est que le début. Mon objectif est de gagner progressivement des minutes, de confirmer ce que je fais et que le staff me fasse de plus en plus confiance. »
Julie Allemand constate elle aussi cette montée en puissance. « Ce que j’aime chez Tima, c’est qu’elle reste toujours la même. Elle travaille énormément. Elle apporte beaucoup d’énergie, surtout en défense. »
La meneuse belge estime que la Française commence également à prendre davantage confiance dans son jeu. « Quand on arrive d’Europe, on n’a pas les mêmes responsabilités ici. Mais je vois qu’elle ose de plus en plus à l’entraînement. Ça veut dire qu’elle se sent de plus en plus à l’aise. »
La meneuse reconnaît elle-même que l’adaptation au basket nord-américain demande quelques ajustements. « Ici, tout va beaucoup plus vite. Les possessions sont plus courtes et les joueuses disposent de davantage de liberté pour lire le jeu, alors qu’en Europe on s’appuie davantage sur des systèmes offensifs bien définis. »
Une occasion à saisir
À la veille du match contre Dallas, Ornella Bankolé ne savait toujours pas si elle ferait partie des joueuses activées. « Je me tiens juste prête pour quand l’équipe aura besoin de moi. Je suis vraiment là pour essayer d’apporter ce dont ils ont besoin, quand ils en ont besoin », confiait-elle à ONFR.
Quelques heures plus tard, la blessure de dernière minute de Julie Allemand changeait les plans du Tempo et permettait à l’ailière française de faire sa première apparition sur la feuille de match.
Âgée de 28 ans, Bankolé évolue sous un contrat de développement, un statut propre à la WNBA qui limite sa présence à un maximum de 12 rencontres. Chaque opportunité revêt donc une importance particulière pour convaincre la franchise torontoise.

Pour ses débuts, elle a inscrit ses deux premiers points en WNBA, ajouté 2 rebonds et 1 interception en 8 minutes. Après la rencontre, Brondello a apprécié son énergie malgré une intégration express.
« Elle est entrée et elle a joué dur. Elle ne connaît pas encore beaucoup de nos systèmes vu qu’elle est ici depuis très peu de temps. Les leaders ont essayé de l’aider sur le terrain, mais l’idée était simple : jouer dur. Sur ses minutes, elle nous a donné une bonne énergie. »
Même si les circonstances ont accéléré ses débuts, Brondello appréciait déjà le profil de sa nouvelle joueuse. « Nous cherchions davantage de joueuses physiques capables de défendre. Aujourd’hui, elle a montré qu’elle pouvait tirer à trois points, bien couper vers le panier et qu’elle peut apprendre rapidement notre système. »
Une intégration accélérée
Julie Allemand connaît bien les difficultés d’une arrivée en pleine saison. « Elle me disait qu’elle ne comprenait pas encore tous les termes. Je lui ai répondu que c’était normal. Chaque fois que je change d’équipe aux États-Unis, il me faut environ une semaine avant de tout comprendre. »
La Belge rappelle aussi que le calendrier laisse peu de place à l’apprentissage. « On n’a eu que trois entraînements. Maintenant, on repart pour cinq matchs en dix jours. On ne va presque plus s’entraîner. Je lui ai déjà dit qu’elle allait devoir faire beaucoup de travail supplémentaire pour rester prête. »

Heureusement pour l’Auxerroise, son intégration a été facilitée par la présence des deux francophones dans le vestiaire, mais aussi par un premier moment de cohésion avec ses nouvelles coéquipières lors du match de la Coupe du monde entre la Croatie et le Portugal, disputé à Toronto quelques jours après son arrivée.
« Ça m’a permis de passer un peu de temps avec le groupe, avec les filles, et de mieux les connaître. C’était un premier vrai moment partagé avec l’équipe. C’est vraiment appréciable parce que Julie et Tima soient là m’aider quand je ne comprends pas tout en anglais. C’est un vrai soutien et ça fait vraiment du bien. »
Deux Françaises, un même état d’esprit
Pour Sandy Brondello, les deux Françaises partagent d’ailleurs plusieurs qualités. « Elles sont très faciles à entraîner et travaillent extrêmement fort. Elles arrivent avant les entraînements, restent après pour faire des extras et prennent leur métier de professionnelles très au sérieux. »
L’entraîneuse australienne ne cache pas non plus son admiration pour la qualité de la formation française. « Le basket français possède énormément de talent. Il faut reconnaître le travail réalisé dans la formation des joueuses. Beaucoup arrivent ensuite en WNBA et y occupent des rôles importants. »