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Autonomie complète pour l’Université de Hearst et l’École de Médecine du Nord de l’Ontario

Temps de lecture : 3 minutes

HEARST Le gouvernement ontarien a annoncé garantir une autonomie totale à l’Université de Hearst et l’École de médecine du Nord de l’Ontario (EMNO). La province retire le droit de l’Université Laurentienne à décerner des diplômes aux étudiants des deux institutions du Nord.

Cette décision prise par le ministère des Collèges et des Universités survient quelques jours après que La Laurentienne ait annoncé suspendre 69 programmes dont 28, en français. Cette décision permettra aux deux institutions d’offrir plus de programmes, affirme le ministère des Collèges et Universités dans un communiqué.

Pour l’Université de Hearst, la relation avec La Laurentienne était purement académique et non financière affirmait son recteur Luc Bussières en entrevue avec ONFR+. Le recteur de l’Université de Hearst dit que cette décision du gouvernement n’est pas liée aux récents événements à La Laurentienne.

« Ça fait plusieurs années que c’était une aspiration de l’Université de Hearst de devenir autonome. Un jour ou l’autre, on attendait politiquement une occasion correcte d’obtenir cette réponse. La première rencontre que j’ai eue il y a deux ans avec le ministre Romano, il m’avait demandé ce que je souhaitais pour mon institution, je lui avais dit que je voulais une charte autonome (…). Il n’y a pas de lien entre ce vieux rêve de l’Université de Hearst et la situation à La Laurentienne », explique Luc Bussières.

Pour l’instant, le recteur de Hearst avoue que cette annonce ne changera pas grand-chose à l’offre de cours d’ici la prochaine année ou deux. En ce moment, l’établissement du Nord-Ouest compte sur six programmes et près de 200 étudiants, un nombre qui a doublé depuis 2014, précise M. Bussières. Mais ce dernier ne cache pas qu’il aimerait que son institution puisse prendre de l’expansion dans le futur.

« On espère pour nous et les gens qu’on dessert partout dans la francophonie, qu’on sera en mesure d’offrir des nouveaux programmes et d’avoir de nouveaux partenaires », cite-t-il en pointant notamment vers des partenariats avec l’Université de l’Ontario français.

Luc Bussières. Source : Université de Hearst.

Est-ce que ces nouveaux programmes pourraient être l’un des 28 ayant été supprimés par l’Université Laurentienne cette semaine ?

« Non, parce que ça, c’est prématuré. Ce qui est arrivé à La Laurentienne qui est toujours en procédure judiciaire… Ce qu’on a toujours dit de notre côté est que tout ce qui passe en Ontario français est interrelié d’une façon et ce qu’on regarde nous, c’est la somme des services qui sont offerts et comment nous autres on peut contribuer à offrir ces services-là. Quand ce processus-là sera terminé… on pourra contribuer à trouver des solutions si on en a besoin. »

La porte ouverte pour Sudbury

Concernant le projet de l’Université de Sudbury, le recteur Bussières garde la porte ouverte.

« J’ai parlé avec le recteur John Meehan dans les derniers mois et dans les dernières années. On a toujours été en train de regarder s’il y a des choses qu’on pourrait faire ensemble, alors on a quand même des affinités (…). La décision de terminer la fédération veut dire que ces trois universités-là (Sudbury, Thorneloe et Huntington) n’ont plus d’étudiants », tempère Luc Bussières.

La nouvelle réglementation fait partie d’un projet de loi omnibus déposé jeudi par le gouvernement ontarien.

« Cette nouvelle indépendance garantira à chaque établissement l’autonomie nécessaire pour se développer de manière à soutenir plus efficacement l’accès à une éducation de qualité pour les étudiants et les communautés de la région. Hearst deviendra la deuxième université autonome de langue française de l’Ontario, rejoignant l’Université de l’Ontario français. L’EMNO deviendra plus agile et plus agile face aux besoins changeants des étudiants à mesure qu’elle contribuera à répondre au besoin de médecins et d’autres ressources humaines en santé dans le Nord de l’Ontario », a affirmé le ministre Ross Romano.

L’AFO se « réjouit » de l’annonce

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) se dit enjoué du projet et espère « que ce succès en attire d’autres ».

« C’est un grand jour pour l’Ontario français ! L’Université de Hearst a fait ses preuves au cours des dernières décennies et elle était prête à recevoir son autonomie. L’université pourra ainsi prendre des décisions plus rapidement et être pleinement maître de sa destinée. Cette institution continuera à nous rendre fier », a dit le président de l’AFO, Carol Jolin

De son côté, la ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney salue le projet en arguant qu’il « élargira sans aucun doute la capacité des Ontariennes et Ontariens à apprendre, vivre et s’épanouir dans la langue de leur choix ».

« Cette proposition législative est une étape importante pour l’Université de Hearst et l’École de médecine du Nord de l’Ontario. Opérer comme des établissements indépendants avec la capacité de faire des choix quant aux partenariats et à la croissance futurs leur permettraient de mieux répondre aux besoins et aux aspirations de leur population étudiante. »

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