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Carlsbad Springs : le dépotoir en retard, mais à l’ordre du jour

Temps de lecture : 3 minutes

CARLSBAD SPRINGS – Le projet d’un centre de tri, de recyclage et de compostage prévu à Carlsbad Springs, dans l’Est ontarien, attend toujours, deux ans après l’autorisation de zonage par la Ville d’Ottawa. Mais le groupe d’entreprises Taggart et Miller Environnemental Services (TMES) assure qu’il sera bien construit, sans donner une date.

« Nous avons embauché un directeur de projet qui examine les détails de conception. La COVID nous a quelque peu ralentis et a attiré notre attention sur d’autres sujets, à court terme », peut-on lire dans un courriel dont ONFR+ a obtenu copie, échangé entre Michelle Taggart, l’une des responsables de TMES, et un comité de citoyens.

Dans un précédent courriel adressé à ONFR+, le groupe Taggart-Miller par la voix d’un de ses porte-paroles, Denis Goulet, se faisait moins loquace à nos questions.

« Nous n’avons pas confirmé de date pour le début de la construction. Nous travaillons présentement sur les détails du design. (…) Le projet sera conforme à toutes les normes fixées par le ministère de l’Environnement. Les prochaines étapes seront l’achèvement de la conception détaillée, la finalisation des contractants et la construction. »

Le site sera doté d’un centre de tri, de recyclage et de compostage qui sera installé dans un champ. L’entreprise accumulera 450 000 tonnes de déchets par année, dont la moitié sera enfouie sur le site et l’autre moitié recyclée ou récupérée.

« Il ne se passe pas grand-chose en ce moment, et nous n’avons pas de communication », explique Denis Labrèche, originaire de Carlsbad Springs et membre de ce comité de citoyens.

« Le rôle du comité est de s’assurer que les intérêts de la communauté seront préservés, avec l’installation de ce dépotoir. Cependant notre pouvoir est limité, c’est plus un pouvoir de suggestions. Le pouvoir reste à la province et aux municipalités. »

Le résident de Carlsbad Springs est conscient que le dépotoir sera bien construit ici. En 2018, au moment de l’approbation du changement de zonage par la Ville d’Ottawa, synonyme de feu vert définitif, Taggart-Miller devait entre autres se soustraire à 11 conditions imposées par le ministère de l’Environnement et de l’Action en matière de changement climatique [un ministère aujourd’hui renommé ministère de l’Environnement de la Protection de la nature et des Parcs].  

Quelques inquiétudes

« Il y a des soucis et des inquiétudes avec ce dépotoir, du point de vue des gros camions, de la congestion ou encore, du bruit », explique M. Labrèche. « La communauté ne voulait pas un dépotoir, c’est la première chose. On a perdu la bataille. On ne peut pas vraiment s’en sauver. On veut aujourd’hui s’assurer que les exigences du ministère soient vérifiées. »

À savoir si le projet a motivé des résidents du quartier majoritairement francophone d’environ 1 000 âmes à déménager, M. Labrèche répond par la négative.

« On est collé à l’autoroute 417, laquelle fait une sorte de frontière entre le village et le champ où le dépotoir sera construit. Ça aide à alléger l’incertitude, d’autant que l’installation des bureaux de l’entreprise Amazon non loin de Carlsbad Springs a apporté des bénéfices à la communauté. »

M. Labrèche estime à « trois ans et demi » le retard pris par la construction du dépotoir. Des délais qu’il attribue à la pandémie et à la longue opposition des militants devant la Commission des affaires municipales de l’Ontario.

Près de dix ans d’opposition

Menée par le groupe Dump the Dump 2, issu de la Coalition des citoyens de la région de la Capitale pour la protection de l’environnement (CCRCPE), l’opposition au dépotoir avait mobilisé bon nombre de citoyens de l’Est ontarien en 2015 et 2016.

Quelques années auparavant, une idée semblable avait déjà été proposée par TMES sur le site de la municipalité de Russell dans l’Est ontarien. Très contestée, celle-ci avait été abandonnée en 2012.

Une manifestation des opposants au projet devant le bureau de l’ancien député Grant Crack en 2016. Archives ONFR+

Lucie Regimbald était justement l’une des porte-paroles du mouvement Dump the Dump 2.

« La seule chose que l’on peut faire à ce niveau, c’est, par exemple, mettre en garde l’entreprise contre l’argile de Léda. Quand ils ont bâti Amazon, ils ont perdu une grosse machine dans l’argile de Léda. Ils doivent réaliser comme l’argile de Léda demeure très imprévisible dans les constructions. »

Mme Regimbald, qui ne siège pas sur le comité de citoyens, se fait aujourd’hui peu d’illusions.

« On sait que la province ne reviendra pas sur sa décision. Ça m’étonnerait beaucoup ! »

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