Le premier ministre du Canada Mark Carney Crédit image: Hilary Wardhaugh / Stringer via Getty Images
Politique

Mark Carney s’est trouvé une nouvelle professeure de français

Le premier ministre du Canada Mark Carney Crédit image: Hilary Wardhaugh / Stringer via Getty Images

OTTAWA — Après plusieurs mois sans enseignant, le premier ministre Mark Carney a une nouvelle professeure de français depuis le début de l’année.

« Oui, il a une nouvelle professeure de français depuis le début de l’année et il a repris ses cours », nous a confirmé sa porte-parole, Audrey Champoux.

En 2025, le premier ministre avait pris 11 h de cours de français entre son arrivée en poste en avril et le mois de novembre. Ce dernier avait dû interrompre son apprentissage de la langue de Molière en raison du départ de sa professeure en septembre 2025. C’est ce qu’avait indiqué le chef de cabinet du premier ministre, Marc-André Blanchard, dans une lettre envoyée au Comité permanent des langues officielles à l’automne dernier.

M. Blanchard avait indiqué que les cours s’étaient déroulés entre le 30 juin et le 2 septembre et que la majorité ont eu lieu au mois de juillet. L’agenda du premier ministre indiquait qu’aucun cours n’avait été suivi après septembre. Le bureau du premier ministre n’a pas précisé combien d’heures de cours il a suivies depuis leur reprise en 2026.

Le ministre des Langues officielles Marc Miller soutient qu’on « voit l’effort qu’il fait pour se faire informer en français » et lance à la blague qu’il peut compter sur « une quarantaine de professeurs francophones » dans le caucus libéral.

« Je le vois aller au caucus et au cabinet : il fait des efforts pour s’exprimer en français, et ça avance. Pour quelqu’un qui se force à s’exprimer dans une langue officielle qui n’est pas la sienne, je comprends la difficulté », soutient le ministre.

Les partis de l’opposition ont reproché au premier ministre l’absence d’un tuteur sur une longue période. Le comité avait mené une étude sur la qualité du français de M. Carney, les partis d’opposition lui reprochant de ne pas utiliser suffisamment le français dans ses discours et ses allocutions officielles. Radio-Canada avait établi cet automne que le français ne représentait qu’environ 17 % des discours du premier ministre, l’anglais s’arrogeant la grosse part.

« C’est un monsieur bien occupé qui se dit parfois que ce n’est pas sa priorité, car il a l’avenir du Canada entre les mains. Mais c’est un symbole important. Ces cours devraient être sa gymnastique quotidienne », affirme la politologue de l’Université d’Ottawa et titulaire de la Chaire de recherche sur la francophonie et les politiques publiques, Linda Cardinal.

« Cela dit aux Canadiens et aux francophones que le français n’est pas au second plan : ‘Regardez, je continue mes cours’ », image la politologue.

Elle évoque l’exemple de Doug Ford qui, depuis son accession au pouvoir en 2018, a maintes fois promis d’apprendre la langue de Molière, sans jamais concrétiser cette intention.

« On s’attend à autre chose de la part de M. Carney. On s’attend à quelqu’un qui fait ce qu’il dit », ajoute Mme Cardinal.

En entrevue avec TVA Nouvelles à la fin de l’année dernière, le premier ministre avait admis que « c’est clair, mon français est loin d’être parfait », et qu’il se devait de continuer à le travailler.

Il a fréquemment mentionné par le passé qu’il perfectionnait son français en s’entourant de francophones au sein de son cercle proche, citant notamment son chef de cabinet et le ministre des Finances, François-Philippe Champagne.