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Caroline Mulroney vante la francophonie économique à Montréal

Temps de lecture : 4 minutes

MONTRÉAL – La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney, était à Montréal, ce mardi, pour parler de francophonie économique. Devant le Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), elle a plaidé pour le développement d’une nouvelle forme de collaboration et de coopération économique avec le Québec.

L’Ontario veut développer la capacité économique de sa communauté francophone et la province compte sur sa proximité avec le Québec pour y parvenir. C’est en substance le message qu’avait Mme Mulroney pour les gens d’affaires québécois, au cours d’un événement qui affichait complet.

Dans une allocution sans surprise, mais où elle a semblé à son aise, Mme Mulroney a insisté sur l’importance des partenariats entre les deux provinces, en présence du député fédéral conservateur Alain Rayes et de l’ancien ministre libéral québécois de l’Économie, Raymond Bachand.

« Le Québec est le premier partenaire économique interprovincial de l’Ontario. Entre nos deux provinces, il se fait 82 milliards de dollars d’échanges par an. Nous avons une relation privilégiée », a-t-elle dit, incitant les entreprises québécoises à participer à la principale priorité du gouvernement progressiste-conservateur de Doug Ford : le développement économique.

La ministre, qui détient également le portefeuille des Transports, les incite notamment à se positionner pour bénéficier du plan d’infrastructure de 28 milliards de dollars de son gouvernement. Et au-delà, c’est la francophonie qui pourrait rayonner des échanges avec le voisin québécois.

« Notre souhait et notre objectif sont de resserrer et de faire fructifier les liens qui existent déjà entre les Québécois et les Franco-Ontariens. Nous ne sommes pas juste des voisins, nous sommes de la même famille, qui rassemble toutes les communautés francophones au pays. Celles-ci comptent sur le Québec et l’Ontario pour faire rayonner notre langue. (…) Mais au-delà de la défense des droits des francophones, je pense qu’il faut aller plus loin en faisant la promotion de cette francophonie, et cela passe aussi par l’économie. Le meilleur service que nous pouvons rendre aux francophones, c’est de les aider à développer leur plein potentiel économique. »

Et de plaider pour une amélioration du partenariat économique entre les deux provinces, avec une nouvelle formule de collaboration et de coopération économique qui tiendrait compte de la nouvelle réalité économique, comme les nouvelles technologies et l’intelligence artificielle.


« Le gouvernement ontarien a lui aussi un rôle à jouer dans le monde de la francophonie » – Caroline Mulroney, ministre des Affaires francophones


La ministre dit rêver d’un partenariat entre sa province, le Québec et le Nouveau-Brunswick au profit de la francophonie de l’Est du pays.

Peu de concret

La ministre souhaite développer la capacité organisationnelle des entreprises francophones, améliorer leurs capacités à embaucher du personnel bilingue et à faire venir des nouveaux arrivants francophones, mais il reste encore difficile de savoir comment son gouvernement compte s’y prendre, notamment pour augmenter les visites des Québécois dans la province – qui représentaient 4,6 millions de personnes en 2017, selon ses chiffres – et le commerce avec la Belle province.

« On est en train de développer un programme pour appuyer la francophonie en matière économique, c’est la première fois que le gouvernement ontarien s’engage à faire ce travail. On va à la rencontre des chefs d’entreprises, on parle avec eux de leurs objectifs et de leurs défis. C’est essentiel pour développer une stratégie. On travaille de très près sur ce projet et quand nous aurons des choses précises à annoncer, on va le faire », s’est défendu la ministre, lorsqu’interrogée par ONFR+.

Justifier les coupures de 2018

Mais dans son discours, Mme Mulroney a surtout insisté sur certaines mesures de son gouvernement pour les Franco-Ontariens, comme l’élargissement aux entreprises du Programme d’appui à la francophonie ontarienne (PAFO), sans augmentation de l’enveloppe toutefois ou encore le récent projet de loi sur Aide juridique Ontario.

Elle n’a pas non plus hésité à glisser vers la partisanerie, pointant du doigt l’ancien gouvernement libéral ontarien au sujet de l’Université de l’Ontario français (UOF).

« Nous avons fait en 15 mois ce que les libéraux n’ont pas fait en 15 ans en allant chercher un financement concret pour un projet qui contribuera à la prospérité économique de toute la province », a-t-elle souligné, citant l’entente de financement signée avec le gouvernement fédéral en septembre dernier.

Caroline Mulroney devant le Conseil des relations internationales de Montréal. Crédit image : Benjamin Vachet

Ses différentes énumérations ont semblé surtout vouloir justifier les compressions de l’automne 2018 qui avaient provoqué une vague de solidarité au Québec pour l’Ontario français.

« Nous avons hérité d’une situation financière qui nous a obligés à prendre des décisions déchirantes qui ont affecté les Franco-Ontariens. Mais il ne s’agissait nullement de couper des services auxquels la communauté franco-ontarienne est attachée », a-t-elle expliqué, insistant aussi sur son engagement à moderniser la Loi sur les services en français avant la fin du mandat actuel.

La succession d’Andrew Scheer

Mais les médias québécois présents étaient davantage intéressés par la vision de Mme Mulroney sur la prochaine course à la chefferie du Parti conservateur du Canada (PCC).

La ministre ontarienne a répété qu’elle ne compte pas présenter sa candidature à la succession d’Andrew Scheer et dressé un portrait de la personne qui serait à même de diriger la destinée du parti fédéral.

« J’ai eu la chance d’y penser, mais je suis très heureuse dans mon rôle en tant que ministre des Affaires francophones et ministre des Transports en Ontario, je n’ai pas l’intention d’appliquer. Je pense que le Parti conservateur doit se montrer comme un parti moderne, inclusif, qui reflète la réalité des Canadiens à travers le pays aujourd’hui. »

Pour elle, le futur chef devra « avoir une bonne compréhension du français, puisse parler français et puisse comprendre les enjeux qui sont importants pour les francophones ici au Québec, mais aussi à travers le pays, comme en Ontario français ».

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