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« Ce n’est pas le temps pour l’austérité », selon la ministre Fortier

Temps de lecture : 3 minutes

[ENTREVUE EXPRESS]

QUI :

Mona Fortier est ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances.

LE CONTEXTE :

Cette semaine, le gouvernement de Justin Trudeau a dévoilé son énoncé économique, une sorte de mini-budget dans lequel les libéraux ont présenté leur stratégie pour continuer de lutter contre la COVID-19 et préparer la relance économique post-pandémie. De nouvelles mesures d’aide y sont incluses, alors que l’exercice révèle la situation budgétaire précaire du Canada, avec un déficit pour la présente année financière de 381,6 milliards de dollars.

L’ENJEU :

Le gouvernement Trudeau continue de justifier ses dépenses par la situation exceptionnelle de la pandémie. Mais l’opposition lui reproche de ne pas avoir de plan précis et de creuser le déficit.  

« Votre gouvernement a dévoilé, lundi, un énoncé économique dans lequel il semble que le choix soit fait de continuer à dépenser pour lutter contre la COVID-19. Pourquoi cette stratégie ?

Il faut plutôt parler d’investissements pour battre la pandémie. On sait qu’on est dans la deuxième vague, on comprend que l’hiver sera difficile, mais on voit une lumière à l’horizon pour le printemps. On doit donc continuer à investir pour soutenir les familles, les travailleurs, les entreprises et les aider à passer à travers cette période difficile. Si on ne l’avait pas fait jusqu’ici, ce sont eux qui auraient dû subir le dur coup engendré par la COVID-19.  

La dette fédérale pourrait s’élever jusqu’à 1 107,4 milliards de dollars pour 2020-2021. Mais votre gouvernement prévoit revenir à des déficits d’avant la pandémie d’ici 2024-2025. Comment comptez-vous y parvenir ?

Nous sommes entrés dans cette pandémie dans une position fiscale solide et nous y sommes encore aujourd’hui, d’autant que les frais de la dette sont bas et donc la dette abordable.

Je tiens à rappeler que les mesures que nous avons mises en place jusqu’ici ont permis de récupérer 80 % des emplois perdus à cause de la pandémie, contre la moitié pour nos voisins américains.

La priorité, c’est de battre cette pandémie. Présentement, ce n’est pas le temps pour l’austérité. On doit d’abord passer au travers de cette crise, la battre, puis penser à investir.

Faut-il s’attendre à de futures augmentations d’impôts ou des compressions budgétaires ?

On a annoncé un plan de relance sur trois ans qui pourrait aller jusqu’à 100 milliards de dollars. Cela nous permettra d’investir dans différents secteurs, dans la formation et le développement des compétences, de créer un réseau de garderies à travers le Canada… C’est ça qui va nous permettre d’être prêts pour relancer notre économie.

Pour les secteurs très touchés, comme la culture, l’hôtellerie, le tourisme, vous proposez des prêts à faibles taux d’intérêt. Mais est-ce qu’endetter ces entreprises va vraiment les aider ?

Il fallait adresser cette question pour les secteurs les plus affectés. On a travaillé avec eux. Mais on a aussi annoncé 500 millions de dollars de plus pour les agences de développement régional et le Réseau de développement des collectivités du Canada, dont 25 % iront au secteur touristique. Ces mesures ont été bien reçues, mais nous allons continuer à travailler avec les entreprises des secteurs les plus touchés. On veut aussi aider certains secteurs à se transformer, car la réalité d’après la pandémie sera différente.

Vous êtes dans une logique de soutien aux particuliers et aux entreprises. Mais dans le même temps, alors que les organismes communautaires et sans but lucratif, notamment de la francophonie canadienne, luttent pour leur survie, il n’y a aucune aide supplémentaire prévue pour eux. Pourquoi ?

On a mis en place une série de mesures pour tous les secteurs de l’économie, comme la subvention salariale d’urgence, l’aide au loyer commercial, des prêts partiellement remboursables… Les organismes vont avoir accès à cette série de mesures. Mais on va aussi regarder où on en sera rendu, et quelle situation adresser dans le budget 2021.

Que répondez-vous à l’opposition qui vous accuse de ne pas avoir de plan, de délaisser certains secteurs, de négliger la lutte aux changements climatiques, de brûler l’argent ?

On a des mesures pour la rénovation écoénergétique, pour les infrastructures des véhicules à zéro émission… On est en train de mettre de l’avant des moyens d’innover… On a un plan et on va continuer d’investir pour battre la pandémie.

Vous êtes ministre de la Prospérité de la classe moyenne et ministre associée des Finances, mais aussi députée franco-ontarienne. On imagine donc mal que vous n’ayez pas entendu les appels nombreux et récurrents pour le dépôt d’un projet de modernisation de la Loi sur les langues officielles d’ici le 11 décembre. Quand est-ce que votre gouvernement va agir dans le dossier et présenter son projet de loi ?

C’est une question qu’il faudrait poser à la ministre [des Langues officielles, Mélanie Joly], mais ce que je peux vous dire, c’est qu’on travaille très fort et d’arrache-pied sur cet engagement qui a été réitéré dans le dernier discours du Trône. On va le faire, on regarde tous les leviers, notamment pour s’assurer de protéger le français partout au Canada. Ça va arriver très bientôt ! »  

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