Ceinture de verdure : le ministre Clark s’excuse, mais ne démissionnera pas

TORONTO – Déterminant l’enfreinte à l’éthique de la part du ministre du Logement Steve Clark, le rapport du commissaire à l’intégrité est un nouveau pavé dans la marre dans la débâcle du dossier de la Ceinture de verdure. Au lendemain de sa publication, en conférence de presse, si Steve Clark en accepte la responsabilité et présente ses excuses aux Ontariens, il est là pour rester.

Deux rapports accablants: d’abord, celui de la vérificatrice générale Bonnie Lysyk, qui révèle des manquements dans le dossier du développement de la Ceinture de verdure, puis, celui du commissaire à l’intégrité J. David Wake qui détermine que le ministre ait contrevenu à la Loi de 1994 sur l’intégrité des députés, «ce qui a eu pour effet de favoriser indûment les intérêts privés de certains promoteurs immobiliers».

«Le ministre Clark n’a pas remis en question ni supervisé correctement le processus de sélection de M. Amato (son chef de cabinet) avant que le dossier ne soit présenté au Conseil des ministres. (…) À la lumière de ses conclusions, le commissaire Wake a recommandé à l’Assemblée législative de l’Ontario de réprimander le ministre Clark pour son non-respect de la Loi», peut-on y lire.

Aujourd’hui à Queen’s Park en conférence de presse, Steve Clark a reconnu que le rapport révèle «de gros défauts». Il a également admis «son manque de vigilance et de supervision» envers les membres de son personnel et a présenté ses excuses aux Ontariens.

«Je me suis trop fié à une seule personne», déclare-t-il en référence à son chef de cabinet Ryan Amato, qui a démissionné la semaine dernière en raison de la controverse.

Interrogé sur la raison de sa non-démission, le ministre des Affaires municipales et du Logement réitère sa responsabilité sans adresser ce point, malgré les questions pressantes des journalistes.

«Le gouvernement a déjà mis en place des mesures pour remédier à la situation et regagner la confiance. Nous améliorerons le processus à l’avenir», justifie-t-il.

Il rappelle que le gouvernement a menacé de sanctions les propriétaires terriens, et engagé le processus de restitution de deux parcelles d’Ajax à la Ceinture de verdure, après la mise en vente de ses terres par un propriétaire dans le dos du gouvernement, au lieu de l’accord initial de construction de 50 000 logements.

Doug Ford soutient son ministre

«Nous avons reconnu les domaines dans lesquels nous devons nous améliorer (…) Le ministre Clark continuera de s’efforcer de tenir notre promesse de construire au moins 1,5 million de logements et de veiller à ce que la confiance du public soit maintenue à chaque étape du processus», a réagi hier Doug Ford au rapport du commissaire général.

En conférence de presse, aujourd’hui également, le premier ministre ontarien admet ne pas être satisfait du processus du dossier de la Ceinture de verdure, mais défend Steve Clark: «S’il dit qu’il n’est pas coupable, je le crois. Le ministre Clark a toute ma confiance.»

D’ajouter qu’en tant que chef du gouvernement, il prend la responsabilité des erreurs commises.

Ce à quoi les journalistes objectent que si le gouvernement admet sa responsabilité, il ne procède à aucun changement, ni à aucune sanction.

M. Ford justifie le besoin de construire rapidement et plus de logements dans une province à la croissance sans précédent: «En 2018 nous n’avions pas de crise de logement. Nous devons construire plus de logements. Je ne m’attendais pas à des centaines de milliers de nouveaux arrivants. Le premier ministre canadien ne m’a pas passé un coup de fil pour me prévenir», ironise celui-ci.

Reste à connaitre les conclusions de l’investigation ouverte par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), à la requête de la Police provinciale de l’Ontario (PPO), «pour enquêter sur des irrégularités dans la disposition de la Ceinture de verdure entourant Toronto. Nous examinerons et évaluerons les informations reçues et prendrons les mesures appropriées si cela est jugé nécessaire», avait confirmé la semaine dernière un porte-parole de la GRC.