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Commerce francophone Québec/Ontario : des discussions, mais loin d’un projet clair

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Alors que Doug Ford et François Legault misaient sur le Sommet Québec/Ontario pour s’aligner politiquement face au gouvernement fédéral, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, a profité des discussions pour parler notamment d’échanges économiques entre francophones québécois et ontariens. La rencontre n’a cependant pas débouché vers des initiatives très concrètes.

Depuis son élection en 2018, Caroline Mulroney martèle qu’il faut développer une « économie franco-ontarienne » et stimuler les échanges économiques entre francophones de l’Ontario et d’ailleurs.

Ce message, Caroline Mulroney, l’a partagé au ministre de l’Économie et de l’Innovation du Québec, Pierre Fitzgibbon, et à la ministre responsable de la Francophonie canadienne, Sonia Lebel.

La ministre des Affaires francophones Caroline Mulroney. Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

« C’est assez nouveau de parler d’économie francophone de l’Ontario et d’avoir un gouvernement derrière ce concept. On essaye de développer des liens plus étroits avec la communauté économique du Québec, majoritairement francophone. De tisser de nouveaux liens pour des échanges de biens et d’idées », a soutenu la ministre Mulroney, à propos de sa rencontre avec des représentants du gouvernement québécois.

« Je pense surtout à l’aérospatiale et à mes batteries au lithium ! »

Le ministre québécois responsable de l’Économie a tendu l’oreille. Mais il se fait réaliste et sa priorité est ailleurs, dit-il, sans détour.

« Quand Caroline me dit on va mettre nos équipes ensemble, pourquoi pas ? Ça coûte quoi ? On va mettre 3-4 fonctionnaires ensemble. Ils vont peut-être nous arriver avec un projet quelconque. J’ai pas réfléchi beaucoup à ça, je dois l’avouer. Je pense surtout à l’aérospatiale et à mes batteries au lithium ! », lance le ministre québécois, en entrevue à ONFR+.

En travaillant ensemble, l’Ontario et le Québec peuvent attirer des entreprises de ces deux domaines et des cerveaux pour faire avancer les technologies, dit-il.

« Je suis ministre de l’Économie du Québec. Pour moi, c’est le Québec en premier. Mais Québec en premier, Ontario en premier, est-ce que ça se réconcilie ? On part de loin. Ce n’est pas sûr. Mais je vais essayer », dit-il.

Concernant le commerce dans la francophonie canadienne, il lance l’idée d’une étiquette « francophone ».

« Ce n’est pas moi qui vais dire aux Québécois quoi acheter, mais je crois qu’on va devoir identifier les produits. Écrire que c’est fait local, francophone… et on laisse les gens décider », dit-il. « Les francophones québécois qui regardent les produits faits par des francophones ontariens, il doit y avoir un attachement émotionnel », ajoute M. Fitzgibbon.

François Legault et Doug Ford, entourés de plusieurs de leurs ministres, lors du premier Sommet Ontario/Québec. Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Sa collègue responsable de la Francophonie canadienne, la ministre Sonia Lebel, cite en exemple les initiatives économiques développées avec le Nouveau-Brunswick.

« En Acadie, il y a eu des missions économiques. On amenait nos entrepreneurs à Moncton. On le fait par le biais d’échanges ou de missions économiques. Ce qu’on a amené à Moncton, c’est des gens qui font des macarons, de la nourriture fine ou du fromage. Ce n’est peut-être pas massif comme échanges, mais c’est important pour les communautés francophones », ajoute Mme Lebel.

N’est-ce pas là déjà le travail effectué par le Bureau du Québec à Toronto ? Sonia Lebel se fait évasive à la question, mais affirme que plus peut-être fait avec l’Ontario.

« On doit bâtir la base. C’est sûr que ça paraît moins naturel présentement de se tourner vers la francophonie de l’Ontario, alors que nos liens avec le Nouveau-Brunswick datent depuis plus longtemps », affirme Sonia Lebel.

Mais elle souligne que de nombreux entrepreneurs québécois ne parlent pas anglais et qu’ils bénéficieraient d’échanger en français avec d’autres entrepreneurs ontariens francophones.

Caroline Mulroney affirme depuis l’élection de son gouvernement que la francophonie canadienne et internationale peut permettre de stimuler l’économie ontarienne.

Cette vision d’une francophonie économique a influencé la décision d’élargir aux entreprises l’accès au Programme d’aide à la francophonie ontarienne (PAFO). Mais rien n’a été annoncé pour permettre de favoriser les échanges économiques entre les Franco-Ontariens ou les francophones d’ailleurs au pays.

« L’idée, pour l’instant, est de développer le réseautage, qui existe en silos actuellement à travers l’Ontario », indique la ministre Mulroney. 

« Il y a des entreprises francophones qui souffrent. Nous avons un comité sur la relance économique francophone qui a développé des recommandations », a-t-elle souligné, mercredi, insistant sur les retombées possibles dans l’éventualité où le dossier débloquait avec le Québec.

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