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Cornwall veut attirer les immigrants francophones

Temps de lecture : 3 minutes

CORNWALL – Cornwall accueille, pour deux jours, le 9e Forum régional du Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario. L’occasion de rappeler la volonté de cette municipalité de l’Est ontarien d’accueillir davantage d’immigrants francophones.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

« C’est difficile de garder notre francophonie et l’immigration, c’est notre avenir ! », lance la présidente de l’Association canadienne-française de l’Ontario (ACFO) de Stormont, Dundas et Glengarry, Diane Poirier, à #ONfr.

Avec plusieurs autres membres d’organismes francophones de la région, elle est venue participer au 9e Forum régional du Réseau de soutien à l’immigration francophone de l’Est de l’Ontario pour tisser des liens et en apprendre davantage sur le dossier.

« J’ai aidé une personne de l’étranger à venir s’installer ici, il y a deux ans. Ça m’a montré à quel point il est parfois difficile de naviguer dans le système », témoigne Roger Frappier, membre du conseil d’administration du Centre Charles-Émile-Claude, un centre pour aînés francophones de Cornwall.

Pierre Dufour, qui travaille comme coordonnateur des programmes à la Bibliothèque publique de Cornwall, insiste sur l’apport que pourrait avoir cette immigration.

« Ça peut enrichir notre communauté et nous aider à renverser le problème de l’assimilation. »

Un avis que partage Ivan Labelle, agent de santé communautaire au Centre de santé communautaire de l’Estrie. « On a plusieurs écoles qui ont fermé ces dernières années. Si on veut maintenir la communauté francophone, on a besoin d’accueillir ces gens-là. »

Alors qu’elle comptait 38,5 % des francophones en 1971, la municipalité de Cornwall a vu cette proportion s’éroder avec le temps, pour passer à 22,8 % selon le recensement de 2016.

Des avantages

Accueillir des nouveaux arrivants est donc essentiel, y compris pour la municipalité, insiste la mairesse Bernadette Clément.

« Nous avons une population qui stagne depuis des décennies, autour de 47 000 résidents. Pourtant, nous avons une infrastructure pour accueillir davantage de personnes. On a des parcs, des piscines, des autobus… On a tous les services ! Mais cela coûte cher pour seulement 47 000 personnes ! Ce serait donc intéressant au niveau économique, mais aussi culturellement, d’avoir plus de nouveaux arrivants. »

La mairesse regrette n’avoir pu retenir qu’une seule des familles haïtiennes qui ont quitté les États-Unis en 2017 pour demander d’asile au Canada.

« C’était une vraie déception ! Pourtant, pendant ce temps, je prenais des appels d’employeurs qui se disaient intéressés et avaient besoin de monde ! »

Outre les possibilités d’emploi, les personnes interrogées par #ONfr énumèrent toutefois d’autres avantages pour de futurs résidents.

« C’est abordable de vivre à Cornwall, comme dans tout l’Est ontarien. Et puis, on est très près des grandes villes, comme Ottawa et Montréal, et proche des États-Unis », souligne M. Dufour.

Mme Poirier insiste également sur la présence de services francophones. « Nous avons des gens d’affaires, un hôpital, un centre de santé communautaire, des écoles, une vie culturelle et une belle communauté francophone et francophile, ici ! »

Collaboration et inclusion

Malgré cette bonne volonté, la mairesse de Cornwall reconnaît qu’il reste encore à faire. « On doit s’organiser, avec les organismes et les employeurs et donner plus de visibilité au dossier. »

Un avis que partage Mme Poirier qui milite pour une stratégie commune entre la municipalité et les différents acteurs, qui serait gérée « par et pour les francophones ».

Bien que la communauté ait été « un peu bousculée » lors de l’arrivée des demandeurs d’asile en 2017, reconnaît la mairesse de Cornwall, celle-ci est prête à accueillir de nouveaux arrivants.

L’inclusion, c’était d’ailleurs le thème de la première journée du Forum.

« Dans nos communautés plus rurales de l’Est ontarien, il y a encore beaucoup de préjugés et de mythes. On veut donc amener les participants à devenir des agents de changement pour qu’ils aident leurs communautés à accepter et être confortables avec l’accueil des nouveaux arrivants », explique Brigitte Duguay Langlais, coordonnatrice du Réseau.

Collectivité francophone accueillante

La municipalité de Cornwall fait partie des deux collectivités en lice avec Hawkesbury, pour devenir une « communauté accueillante francophone de la région de l’Est ontarien », un projet pilote fédéral qui vise à aider des municipalités rurales hors Québec à développer des services d’accueil et de rétention pour les immigrants francophones.

Le secrétaire parlementaire du ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, Matt DeCourcey devait annoncer la collectivité choisie ce mardi, mais l’annonce a finalement été reportée à une date ultérieure.

Quoi qu’il arrive, Mme Poirier se montre bonne joueuse. « Si c’est Hawkesbury qui est choisie, nous allons travailler avec la municipalité et bénéficier de ses bonnes pratiques. Et puis, de toute façon, nous sommes déjà une collectivité francophone accueillante ! », sourit-elle.


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