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Nombre de tests en Ontario à la traîne : Ford durcit le ton

Temps de lecture : 4 minutes

À peine plus de 3 200 personnes supplémentaires ont été testées en Ontario, en un journée, pour déterminer si elles ont contracté la COVID-19. Le premier ministre Doug Ford monte le ton envers Santé publique Ontario.

▶️ 550 nouveaux cas positifs en Ontario
▶️ 5 276 cas au total (18 447 cas au Canada)
▶️ 174 décès (401 décès au Canada), 2 074 personnes guéries
▶️ 605 hospitalisés, dont 246 en soins intensifs
▶️ 84 601 tests réalisés, dont 1 102 en attente de résultats

Depuis hier, ce sont 3 237 tests supplémentaires qui ont été effectués. Même si l’Ontario reste, en nombre absolu, la seconde province en matière de tests réalisés derrière le Québec, elle est proportionnellement dans les dernières quand on compare ce nombre avec sa population. À ce titre, seuls le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard ont un taux de tests de leur population inférieur.

La situation n’a pas échappé au premier ministre Doug Ford, qui a perdu patience, en conférence de presse, ce mercredi.

« Notre nombre de tests est absolument inacceptable ! (…) Ma patience a des limites, c’est assez ! Il n’y a plus d’excuse à avoir ! Nous avons la capacité de faire 13 000 tests par jour et ça doit commencer dès demain ! Ça me fait mal de venir ici chaque jour, de voir le travail incroyable que fait la ministre Elliott [vice-première ministre et ministre de la Santé] et qu’elle soit sous le feu des critiques. On doit commencer à tester les gens, et notamment les travailleurs de première ligne. Je ne crois pas aux excuses, je crois aux solutions ! »

Le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford. Capture écran

D’autant que selon Mme Elliott, l’Ontario a désormais assez de réactifs pour effectuer les tests.

Le premier ministre a malgré tout réitéré sa confiance envers Santé publique Ontario afin de rectifier le tir.

Reconnaissant la nécessité d’accélérer la cadence et se disant sur la même longueur d’onde que M. Ford, le médecin hygiéniste en chef, Dr David Williams, assure que le nombre de décès constamment en hausse dans la province n’est pas dû au manque de tests effectués. 

Pas de pénurie, dit le fédéral

La médecin en chef du Canada, Theresa Tam a reconnu qu’une disparité existe entre les provinces en matière de tests, assurant que le fédéral essaie de les aider de son mieux.

« Nous essayons d’aider les provinces en leur offrant des lignes directrices sur qui tester et pour augmenter leur capacité. On travaille avec les laboratoires », a-t-elle indiqué.

Selon la vice-première ministre fédéral, Chrystia Freeland, aucun risque de pénurie de tests n’est à prévoir. Elle a toutefois précisé qu’ils doivent avant tout être effectués doivent pour aider à avoir une bonne compréhension de la situation et pour « cibler les points chauds » de l’épidémie, afin de pouvoir agir.

Fermetures pour Pâques et hausse des heures de travail

Rendant hommage aux travailleurs de première ligne, dont 580 ont contracté la COVID-19, et à ceux qui doivent continuer à travailler dans les services essentiels, le premier ministre ontarien a annoncé que les commerces encore ouverts, comme les pharmacies ou les épiceries, seront fermés vendredi et dimanche, pour la fin de semaine de Pâques, afin de permettre à leurs employés de souffler.

Celles et ceux qui travaillent à la construction de projets essentiels, notamment pour des infrastructures de soins de santé ou des nouveaux centres de dépistage, n’auront, quant à eux, pas de répit. La province prolonge les heures de travail sur les chantiers qui pourront dorénavant se poursuivre 24 heures sur 24 afin d’accélérer leur réalisation.

Pour assurer la sécurité sanitaire des employés concernés, le gouvernement va envoyer davantage d’inspecteurs – y compris des inspecteurs retraités – sur ces chantiers et dans les commerces essentiels pour s’assurer du respect des consignes, notamment de distanciation sociale.

Ottawa assouplit ses règles pour les PME

À Ottawa, le premier ministre Justin Trudeau a annoncé aujourd’hui de nouveaux aménagements au Programme de subvention salariale d’urgence.

Le premier ministre Justin Trudeau. Capture image

Désormais, la mesure sera accessible aux entreprises qui démontrent une perte de leurs revenus de 15 % à cause de la COVID-19, au mois de mars, au lieu de 30 % auparavant. Les mois de janvier et février pourront être utilisés à titre de période de référence afin de démontrer les pertes. Les organisations sans but lucratif pourront, de leur côté, choisir d’inclure ou d’exclure les subventions gouvernementales dans le calcul de leurs pertes de revenus.

En matinée, le Parti conservateur du Canada avait milité sur une amélioration de l’aide aux petites et moyennes entreprises, notamment pour que celle-ci leur parvienne plus vite.

« On travaille fort pour raccourcir les délais, nous visons les trois semaines », a assuré M. Trudeau.

La Chambre des communes devrait reprendre ses travaux prochainement pour valider les mesures gouvernementales pour les petites et moyennes entreprises.

Par ailleurs, le gouvernement a aussi annoncé un aménagement de son programme d’Emplois été Canada en augmentant la subvention salariale versée, en prolongeant la date possible de fin emploi jusqu’au 28 février 2021, en autorisant les entreprises à adapter leurs projets et leurs activités professionnelles pour soutenir les services essentiels et en permettant aux employeurs d’embaucher du personnel à temps partiel. Cette mesure doit aider les jeunes canadiens touchés par les conséquences de la crise sanitaire, selon Ottawa.

Cet article a été mis à jour à 16h10

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