D’acteur en France à chevalier à Toronto : le pari réussi d’Alexis Georget
Quitter la France, traverser l’Atlantique avec un Permis Vacances-Travail en poche et se retrouver, quelques mois plus tard, à combattre à cheval sous les projecteurs d’un spectacle médiéval à Toronto. Le parcours d’Alexis Georget a des allures de scénario. Pourtant, il est bien réel.
Originaire de Tours en France, Alexis Georget se forme pendant trois ans au Conservatoire d’art dramatique du Mans avant de déménager à Paris pour se rapprocher des castings et des tournages. Comme beaucoup de jeunes comédiens, il multiplie les projets, les auditions et les expériences.
« Je pense que ce sont surtout tous les films et les séries que je regardais quand j’étais petit qui m’ont vraiment motivé à vouloir continuer sur cette voie-là », raconte-t-il.
À Paris, il décroche d’ailleurs quelques rôles, notamment dans des productions d’époque. Il tourne dans The Serpent Queen au château de Chambord pendant un mois et demi et apparaît également dans Les Mousquetaires. L’univers historique et les costumes ne lui sont donc pas étrangers.

Le grand saut vers le Canada
C’est toutefois une décision plus personnelle qui change le cours de son parcours. Avec sa conjointe, il obtient un Permis Vacances-Travail et décide de tenter l’aventure canadienne.
À peine deux semaines après son arrivée, il assiste à un spectacle de Medieval Times pour son anniversaire. Le déclic est immédiat.
« Je suis venu voir le show. Et comme je n’avais pas de travail, que je cherchais, ça me semblait être plutôt dans mon domaine », explique-t-il. Même s’il n’a jamais fait de cascades, il se dit : pourquoi pas?
Il postule. Il est rappelé. L’aventure commence.

De l’accueil au combat
Ses débuts ne se font pas immédiatement en armure. Alexis commence comme membre de l’équipe qui encadre l’entrée des spectateurs. Puis une place se libère comme écuyer. Il saisit l’opportunité.
Progressivement, il gravit les échelons : écuyer, apprenti chevalier, puis chevalier à part entière, après des tests de combat et d’équitation exigeants.

Pourtant, lorsqu’il débute la formation, il part de zéro.
« Moi, j’avais aucun niveau absolument, je ne montais pas à cheval, je n’avais jamais fait vraiment de cascade », confie-t-il.
Habitué à la salle de sport depuis une dizaine d’années, il possède déjà une bonne base physique, mais tout le reste s’apprend sur place : l’équitation, les techniques de combat, les cascades, la respiration, la précision des gestes.
Acteur… même en armure
Si le spectacle repose sur des combats spectaculaires, Alexis insiste : le jeu d’acteur reste central.
Entre les affrontements, tout continue de vivre. « Il y a tout un truc du jeu du regard, de respiration, de l’intention que tu veux y mettre pour repartir après dans le combat », explique-t-il.
Sa formation au conservatoire lui sert quotidiennement, notamment dans la gestion du souffle et des émotions. « Les techniques de respiration m’aident beaucoup ici, pour les combats et pour savoir qui on est, le personnage qu’il est, comment il évolue. »
Le spectacle se déroule dans l’Espagne médiévale. Son identité française n’influence donc pas directement son rôle, même si certaines références, comme la fleur de lys, rappellent différentes cultures européennes.
Un tremplin ou un nouveau chemin?
Aujourd’hui, Alexis travaille à temps plein, environ 40 heures par semaine avec les entraînements. L’expérience dépasse le simple emploi. « J’ai l’impression de grandir ici », confie-t-il.

Se voit-il retourner vers les plateaux de tournage? Peut-être. « Je pense possiblement retourner à l’acting un jour, mais pour le moment je suis très, très bien ici. »
Pour cet acteur formé en France devenu chevalier au Canada, le parcours n’était pas tracé. Mais il prouve qu’entre formation classique et spectacle immersif, il n’y a parfois qu’un pas… Ou plutôt, qu’un galop.