#Francophonie, #Ontario

De nouvelles voix municipales pour les francophones?

De gauche à droite, la candidate municipale dans London, Arielle Kayabaga, le candidat municipal dans Hamilton, Alain Bureau et la candidate municipale dans Toronto, Valérie Maltais. Montage #ONfr

Valérie Maltais, Arielle Kayabaga, Alain Bureau ou encore, Louis Cyr… Ils sont plusieurs francophones à tenter leur chance aux élections municipales du 22 octobre. Dans des municipalités où les francophones sont très minoritaires, leur apport pourrait être un atout considérable, estiment des Franco-Ontariens interrogés par #ONfr.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Depuis février, Valérie Maltais mange de la politique au quotidien. Originaire de Timmins, la candidate dans Beaches-East York, à Toronto, a décidé de mettre entre parenthèses sa carrière professionnelle dans le secteur minier pour se consacrer uniquement à sa campagne.

«Je voulais me donner le temps de bien comprendre les rouages», précise celle qui est venue à Toronto pour ses études en 2002, avant de partir vivre aux États-Unis, puis de revenir il y a deux ans. «Je me suis rendu compte que rien n’avait changé. Il reste beaucoup à faire en matière de transport en commun pour soulager nos routes, de soutien à nos petites entreprises locales, pour rendre notre ville plus inclusive, sécuritaire et abordable…»

À droite, la candidate municipale dans Toronto, Valérie Maltais. Gracieuseté

À 1h30 de là, Alain Bureau, originaire de Hull, se présente dans le quartier 3 d’Hamilton, où il vit depuis cinq ans.

«J’ai décidé de me lancer, car aucun candidat ne partageait ma vision», explique-t-il, citant parmi ses priorités le développement économique, la santé et la sécurité des quartiers. «Il y a trop de magasins barricadés dans les rues commerciales de notre ville.»

Plus à l’Ouest, Arielle Kayabaga travaille dur pour l’emporter dans le quartier 13 de London. Ses priorités: la lutte contre l’itinérance, le logement abordable, le transport en commun ou encore, la revitalisation du centre-ville.

«Il manque beaucoup de voix autour de la table, celle des femmes, des minorités visibles, de la jeunesse… Actuellement, les décisions sur l’avenir de notre ville sont prises par des gens beaucoup plus vieux, alors que c’est nous qui aurons à vivre avec, le plus longtemps!»

 

Un avantage d’être francophone?

Le fait d’être francophone peut parfois constituer un avantage, reconnaît M. Bureau.

«Je ne connaissais pas la communauté franco-ontarienne de Hamilton et me suis rendu compte pendant ma campagne que beaucoup de Franco-Ontariens vivent dans ma circonscription, à commencer par des voisins que je salue tous les matins!»

Pour Mme Kayabaga, c’est plutôt le bilinguisme qui est un avantage.

«Certaines personnes me disent faire plus confiance à des gens bilingues, car ils estiment que ça représente bien le Canada!»

La candidate municipale dans London, Arielle Kayabaga. Gracieuseté

De son côté, Mme Maltais n’a pas hésité à se munir d’un site bilingue, une manière pour elle de montrer l’exemple.

«Le site de Toronto a très peu de ressources en français. Ça m’a surprise dans la plus grande ville du Canada! Il nous faut plus de visibilité.»

 

Porte-paroles

Ces candidats pourraient servir de relais aux Franco-Ontariens, estime Constant Ouapo, président de l’Association des communautés francophones de l’Ontario (ACFO) de Toronto.

«Avec la diminution du conseil municipal à 25 élus, à Toronto, ce serait d’autant plus important d’avoir des personnes auxquelles directement s’adresser, notamment pour redynamiser le comité consultatif francophone de Toronto.»


«Nous avons besoin de représentation politique pour faire avancer les dossiers» – Nicole Buteau, London


Même son de cloche du côté de Nicole Buteau, coprésidente de la Table de concertation Franco-Info London et comtés environnants, qui travaille sur la campagne de Mme Kayabaga.

«C’est extraordinaire d’avoir une personne parfaitement bilingue, très intelligente et avec de bonnes chances de gagner. Nous allons lui faire rencontrer la communauté francophone prochainement», précise-t-elle, citant le bilinguisme du site internet et des services d’information aux citoyens comme des améliorations souhaitables à London.

Mme Maltais se dit prête à jouer le rôle de «voix des francophones».

«Je veux promouvoir plus de communication dans les deux langues officielles, que nos écoles françaises aient les mêmes ressources que les écoles anglaises et qu’on célèbre la francophonie au lieu de se retrouver, comme cette année, sans lever du drapeau devant l’hôtel de ville de Toronto pour le 25 septembre.»

À London, Mme Kayabaga freine les attentes.

«Je veux travailler pour tout le monde», explique celle dont le site internet ne comporte qu’une partie traduite en français, faute de ressources.

S’il veut lui aussi représenter tous les citoyens, M. Bureau assure que s’il est élu, il se fera un devoir de faire des présentations en français.

«Les services en français sont inexistants à Hamilton. On devrait au moins avoir accès aux demandes de permis dans plusieurs langues, à commencer par les deux langues officielles du Canada. En m’adressant parfois en français au conseil, ça donnera de la visibilité.»

 

Un argument de vote?

À Kingston, le francophone Louis Cyr tentera sa chance dans la circonscription de Countryside. Joint par #ONfr, il a décliné nos demandes d’entrevue, préférant se concentrer sur sa campagne.

Bien qu’il ne réside pas dans sa circonscription, Éric Galarneau, qui vit à Kingston depuis 16 ans, se réjouit de voir des candidats francophones et francophiles dans sa municipalité.

«On l’a vu récemment avec l’illumination en vert et blanc de l’hôtel de ville pour le Jour des Franco-Ontariens finalement remise à plus tard [le 20 octobre]… Souvent, on se sent oublié! Ce serait bien d’avoir une voix et une présence au sein de l’appareil municipal.»

Dans son quartier de Williamsville, M. Galarneau compte un francophile, le candidat Vincent Cinnani. À l’approche du 22 octobre, il confie que cette sensibilité à la francophonie pourrait être un argument dans son choix final.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.