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Départ de Simard du caucus progressiste-conservateur: les réactions fusent

La députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard. Archives #ONfr

TORONTO – Le départ d’Amanda Simard du caucus progressiste-conservateur,ce jeudi matin,  provoque une vague de réactions un peu partout dans la province et au-delà. 

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

François Boileau, dont le poste a été initialement supprimé le 15 novembre dernier, était probablement au cœur de la réflexion de la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell.

À la sortie de comité des langues officielles ce jeudi, à Ottawa, celui qui reste encore commissaire aux services en français a livré sa réaction. «Tout cela me dit que le rôle des députés est encore important, que les députés ont encore une voix, et que dans notre démocratie parlementaire, c’est encore quelque chose qui est valorisé, parce qu’on voit bien que sa prise de position très courageuse a des conséquences.»

Interrogé sur le message qu’envoie le départ d’Amanda Simard du caucus progressiste-conservateur, M. Boileau a contourné la question, ne voulant pas entrer dans «des considérations politiques».

«Amanda Simard a été très claire que cela envoie un message de déception par rapport aux mesures prises le 15 novembre, et que les mesures prises vendredi dernier ne sont pas satisfaisantes.»

À savoir si cette démission porte un coup fatal à la présence des Franco-Ontariens au sein du gouvernement, M. Boileau s’est de nouveau montré prudent. «Je ne sais pas pourquoi on dit que la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney n’est pas Franco-Ontarienne. Elle a été élevée à Ottawa et remplit parfaitement les critères de Définition inclusive de l’Ontario.»

 

Hommage de son ancien adversaire libéral

Autre réaction obtenue par #ONfr, celle de Pierre Leroux. Ancien adversaire d’Amanda Simard, sous la bannière du Parti libéral, lors des élections provinciales du printemps, M. Leroux connaît bien la députée. Pendant quatre ans, ils se sont côtoyés au conseil municipal du Canton de Russell, lui à titre de maire, elle comme conseillère municipale.

« Honnêtement, Mme Simard a mes sympathies. Ce n’est pas une situation facile. Il faut que je lui lève mon chapeau (…) À la table du conseil municipal, elle était pas mal tranquille, mais je suppose qu’à Queen’s Park, elle avait des convictions qui ont allumé le feu. Je lui ai envoyé un texte pour la féliciter, lui dire qu’elle représente bien sa communauté.»

Du coté de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), pas d’entrevue pour le moment nous a-t-on dit. Par voie de communiqué, l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens a paru mesurer ses mots. «Il s’agit d’une personne de conviction et il lui appartient de gérer son avenir politique comme elle l’entend. Nous la remercions d’être une alliée de la francophone ontarienne», a écrit le président Carol Jolin, qui lui avait demandé de demeurer au sein du caucus, il y a quelques jours.

 

Réactions fédérales

À Ottawa, plusieurs des députés libéraux franco-ontariens n’ont pas tardé à réagir. Son homologue fédéral dans Glengarry-Prescott-Russell, Francis Drouin lui a rendu hommage dans une déclaration envoyée aux médias.

«À plusieurs reprises la députée provinciale de Glengarry-Prescott-Russell, Amanda Simard a tenté de convaincre le gouvernement Ford de renverser ses décisions. Le geste que Mme Simard a posé ce matin, va non seulement résonner dans la communauté franco-ontarienne, mais aussi  dans les communautés francophones et acadiennes partout à travers le pays, et ce, pendant des décennies à venir. J’appuie et je suis fier de Mme Simard.»


«Je ne sais pas si la ministre Mulroney comprend à quel point il faut une voix au sein du gouvernement Ford pour les francophones de l’Ontario» – Mona Fortier, députée libérale d’Ottawa-Vanier


Le député franco-ontarien de Sudbury, Paul Lefebvre a salué son courage.

«C’est une décision courageuse. Ce n’est jamais facile de prendre une décision à l’encontre de son parti.»

Même son de cloche, du côté de la députée d’Ottawa-Vanier, Mona Fortier.

«Elle s’est vraiment tenue à ses valeurs et je lui souhaite de pouvoir conserver cette flamme pour jouer un rôle politique comme indépendante. J’imagine qu’elle a des offres de la part des deux autres partis d’opposition, ce sera sa décision. Mais c’est inquiétant, car nous n’avons plus de voix au sein du gouvernement Ford. Je suis très préoccupée.»

 

Réactions sur les médias sociaux

Sur les médias sociaux, les réactions ont été très enthousiastes. À une ou deux exceptions près, chacun salue ce matin l’attitude «courageuse» de la députée qui siégera désormais comme indépendante.

«Chapeau à Amanda Simard qui ne s’en laisse pas imposer», commente ainsi sur Facebook, Chantal Beauvais, rectrice de l’Université Saint-Paul. «Elle se tient debout, avec une dignité incroyable, et elle prend ses décisions en harmonie avec ses valeurs. Bravo pour le bel exemple qu’elle offre à son entourage. Une femme libre, authentique, passionnée et intègre. Vous avez toute mon admiration Amanda!»

Un autre, Stéphane Viau, applaudit cette décision. «La réduire au silence comme ils ont fait a rendu sa présence inutile en tant que sympathisante de la cause des Franco-Ontariens. Quitter le parti fut une décision intelligente, selon moi. À Caroline Mulroney de suivre l’exemple, mais elle manque de cœur pour le faire.»

«Grand respect pour cette dame qui, en politique, prouve qu’elle était là pour défendre les droits et non pour assurer une carrière et les avantages», dit de son côté Gilberthe Lalancette.

Ancien candidat libéral au fédéral dans Glengarry-Prescott-Russell, Dan Boudria y va aussi de son hommage. «Les conservateurs perdent une alliée de taille dans Amanda Simard.»

 

Article écrit en collaboration avec Benjamin Vachet


POUR EN SAVOIR PLUS:

Simard quitte le gouvernement progressiste-conservateur

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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.