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Des policiers francophones recherchés à Toronto

Cérémonie d'accueil des nouveaux policiers du Service de police de la Ville de Toronto Crédit image: gracieuseté Police de Toronto

TORONTO – Pour la première fois de son histoire, la police de Toronto organise une séance de recrutement bilingue avec l’objectif d’attirer des agents dont la langue maternelle est le français. Il s’agit là de la dernière d’une série d’initiatives pour tenter de rendre le plus important service policier municipal du pays davantage sensible à la réalité des francophones.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Quand on appelle la police, ce n’est pas parce qu’on passe une belle journée, habituellement. C’est qu’on est en train de vivre quelque chose de grave. Et en situation de crise, c’est important de communiquer dans sa langue avec les intervenants d’urgence», affirme sans détour Tina-Louise Trépanier, agente de liaison francophone du Service de police de Toronto.

«Il y a déjà beaucoup d’officiers anglophones qui parlent le français dans la police de Toronto. Mais l’objectif est d’avoir plus de francophones qui parlent l’anglais!», lance-t-elle, insistant sur la subtilité qui différencie les deux profils. Un agent qui a le français comme langue maternelle peut saisir toutes les nuances des demandes d’un citoyen en détresse, dit-elle, par exemple.

La policière Tina-Louise Trépanier, responsable des échanges avec la communauté francophone. Gracieuseté Police de Toronto/Montage #ONfr

Tina-Louise Trépanier est à l’image des candidats recherchés lors de cet événement. La policière est née à Laval, au Québec. Elle évolue au sein de la police de Toronto depuis 17 ans, dont huit ans à son poste actuel. «J’ai suivi à Toronto un ancien copain anglophone. La relation n’a pas fonctionné, mais je suis resté et j’ai découvert une communauté francophone vibrante. Je veux redonner à cette communauté», raconte-t-elle.

Elle invite les Franco-Ontariens, les Québécois ou tous autres francophones ayant fait des études policières à poser leur candidature aux postes disponibles.

D’ici Noël, elle affirme que le corps policier est à la recherche de 200 nouvelles recrues. Un candidat qui parle plus qu’une langue aura un avantage, ajoute-t-elle. «On veut les gens les plus compétents et avec le plus d’atouts. Parler plusieurs langues est l’un de ceux-là», affirme Tina-Louise Trépanier.

Elle ajoute néanmoins que la vie quotidienne d’un policier torontois se déroule à peu près seulement en anglais. «On travaille avec la population de la ville de Toronto et la langue commune est l’anglais», débute-t-elle. «Par contre, prenons la division 52 au centre-ville. Elle se retrouve à couvrir le quartier chinois, la tour CN, le quartier du divertissement et celui des finances, notamment. Là, il y a beaucoup de francophones qui travaillent à Toronto ou visitent la ville», insiste Mme Trépanier.

Cérémonie d’accueil des nouveaux policiers du Service de police de la Ville de Toronto. Gracieuseté Police de Toronto

Comme policière francophone, elle doit parfois effectuer des traductions pour le service de police de Toronto ou encore, participer aux enquêtes en faisant le lien entre son corps de police et ceux de Montréal ou de la France. «Je suis chanceuse, pour ma part, je travaille à 75 % en français!», dit-elle, rappelant aussi tout le travail qu’elle effectue au sein des écoles de langue française de Toronto.

Depuis un certain temps, la police de Toronto adopte certaines pratiques pour accroître sa sensibilité aux besoins des francophones, dont bon nombre de touristes du Québec, qui transitent par la Ville reine. Tous les policiers ont reçu un calepin qui comporte des traductions en français pour certains des mots clés de leur travail. Aussi, la centrale 911 a maintenant une liste d’agents qui sont capables de s’exprimer en français.

«On essaye d’arranger des services en français. Parfois, cependant, le service n’est pas immédiat, si ce n’est pas une urgence. On offrira un rendez-vous au citoyen plus tard», explique-t-elle, signe de la nécessité d’embaucher davantage d’agents bilingues.

L’an dernier, la police de Toronto a été critiquée pour la gestion de sa centrale d’appels 911. Une citoyenne se serait fait répondre: «It’s Ontario, things are done in English!». La police de Toronto affirmait alors que des traducteurs sont pourtant accessibles pour fournir de l’aide en 140 langues.

 

La séance d’informations pour les futurs policiers se déroulera au Collègue du service de police de Toronto au 70, rue Birmingham à Etobicoke. L’événement se déroule le 27 novembre, à 18h.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Appel d’urgence au 911: «It’s Ontario, things are done in English!»

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.