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Des services en français pas à la hauteur dans des bureaux de vote

Temps de lecture : 3 minutes

Dans la journée du 20 septembre, des milliers de Canadiens ont exercé leur droit de vote en se rendant dans les urnes. Malgré les efforts d’Élections Canada pour fournir des conditions de votes sécuritaires pour tous, bon nombre de votants francophones se sont plaints du manque de services en français dans les bureaux de vote. Une situation qui semble persister en dépit des recommandations du commissaire aux services en français.

Monique Jubinville Stafford s’avoue « très déçue ». « Tout a bien commencé à l’accueil parfaitement bilingue, mais aussitôt rentrée dans l’édifice, personne ne parlait français. Cette situation est très embêtante pour tout le monde. La pauvre petite personne qui ne dit pas un mot anglophone et ne se présente pas aux urnes, que fait-elle ? », questionne Monique Jubinville Stafford.

Monique Jubinville Stafford, commis comptable. Gracieuseté

L’histoire semble se répéter. Lors des élections fédérales de 2019, déjà, le Commissariat aux langues officielles avait obtenu quatre fois plus de plaintes qu’aux élections de 2015.

On a dénombré 108 plaintes, dont 103 plaintes liées aux services en français, trois plaintes liées aux services en anglais et deux plaintes liées à la formation. En comparaison, le commissariat n’avait reçu que 24 plaintes en 2015.

Dans certains bureaux de vote, les bénévoles se sont plaints du manque de bilinguisme de la part du personnel d’Élections Canada.

Pour eux, bien qu’il soit important d’expliquer le processus électoral dans les deux langues, il faut aussi s’assurer de saluer les votants dans les deux langues. Cela leur donne la possibilité de choisir la langue dans laquelle il pourrait être servi, au lieu de prendre l’anglais par défaut.

« J’accueillais les gens avec un beau bonjour/hello. Tous les autres travailleurs accueillaient les votants avec “HI ! HEY ! Welcome !”. Il y avait de nombreux citoyens qui étaient de nouveaux arrivants. Je suis certaine que quelques-uns parlaient français, mais ils ne le montraient pas. Lors de la session d’entraînement, même pas une minute n’a été consacrée à expliquer l’importance de saluer les gens dans les deux langues officielles. C’est la deuxième fois que je travaille pour Élections Canada. J’ai expliqué la même situation au directeur du bureau la dernière fois, mais pas d’amélioration. Je ne porte pas plainte aux employés, car c’est Élections Canada qui ne met pas assez l’emphase sur le service bilingue », explique Linda Drouin, bénévole au bureau de la région de Waterloo.

Un grand succès du vote par anticipation

Cette année, on a observé une augmentation du vote par anticipation comparativement à 2019.

Dans un article publié par la Presse canadienne en début de mois, 5,78 millions de Canadiens ont utilisé ce procédé de vote en 4 jours. Cela représente une hausse de 18,46  % par rapport aux dernières élections.

Lors des dernières mises à jour, Élections Canada avait reçu 533 859 trousses de l’intérieur du pays et 12 071 de l’étranger. Toutefois, l’engouement pour ce processus électoral était moindre comparé aux attentes initiales.

« À mon bureau au Niagara, lors du vote anticipé j’ai eu du service en français, sans même le demander. La femme m’a demandé si j’étais francophone en lisant mon nom et on a naturellement changé de langage », exalte Guylaine Tremblay-Jespersen.

Cette opinion est partagée par d’autres votants ayant une expérience similaire. Comme Danièle Geoffrion, votante dans la région de Perth qui se dit « Agréablement surprise de pouvoir recevoir ce service en français à Perth » (vote par anticipation).

À la clôture des inscriptions, plus d’un million de trousses avaient été remises aux électeurs. De ce nombre, plus de 53 000 ont été remises aux Canadiens vivant à l’étranger.

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