Ferveur ivoirienne à la Coupe du monde de soccer face au géant allemand
La défaite de la Côte d’Ivoire face à l’Allemagne (2-1) ce samedi en Coupe du monde de soccer n’a pas terni l’enthousiasme de ses partisans. Venus de partout au pays et même au-delà des frontières, certains s’étaient donné rendez-vous à Milton devant un écran géant, d’autres dans les gradins du Stade de Toronto, lieu du match. Tous croient en leur chance d’aller très loin dans la compétition.
Si plusieurs supporters ivoiriens ont réussi à prendre place dans les gradins du Stade de Toronto, ce samedi, d’autres ont choisi de vivre la rencontre à quelques kilomètres de là.
À l’invitation de l’Association de la communauté ivoirienne de Toronto (ACIRT), près de 200 personnes se sont réunies au Milton Community Sports Park pour suivre le match dans une ambiance festive aux couleurs orange, blanc et vert.

La fan zone a attiré des membres de la diaspora venus de plusieurs régions du Canada, notamment du Québec et de l’Alberta, mais aussi quelques visiteurs arrivés directement de Côte d’Ivoire.
« Nous sommes heureux de retrouver nos frères de Milton, de Toronto et des autres villes venus soutenir notre équipe nationale. C’est une grande fête pour nous », explique David Brou, qui a effectué le déplacement depuis le Québec.
Comme plusieurs personnes présentes, il aurait préféré assister au match au bord du terrain. « C’était la plus grosse déception. On voulait être au stade, mais le coût du billet était vraiment excessif. Mais on est content d’être ici pour faire la fête à l’ivoirienne. »
Pour Mustapha Oudrouz, venu spécialement de Calgary, l’important était avant tout de partager ce moment avec la communauté. « Peu importe les péripéties pour arriver ici jusqu’à Toronto, je suis heureux d’être là, affirme-t-il. Jouer face à l’Allemagne et communier avec toute la population ivoirienne ici présente, entre autres la diaspora ivoirienne, c’est un pur bonheur et un pur plaisir. »

Le rassemblement a également accueilli des visiteurs venus directement de Côte d’Ivoire. Parmi eux se trouvait Nana Baba Kwame Betrand, chef du village d’Assinie-France, dans la commune d’Assinie-Mafia. « C’est un grand honneur pour moi d’être ici au Canada avec mes frères et sœurs ivoiriens. Même si on n’est pas au stade, on supporte la Côte d’Ivoire. »
Le découragement n’est pas ivoirien
Habituellement directeur du Réseau de soutien à l’immigration francophone, Alain Dobi avait laissé de côté ses fonctions le temps d’un après-midi pour enfiler son maillot de partisan ivoirien. « L’une de nos préoccupations en tant qu’Ivoiriens, c’est qu’on aime toujours se rassembler. Il faut briser l’isolement. Le sport, évidemment, c’est un rassembleur. »
Thérèse Amankou, présidente des Femmes de Toronto, voyait également dans cette mobilisation un symbole de la solidarité qui unit la communauté ivoirienne. Malgré la défaite face à l’Allemagne, elle refuse de revoir les ambitions à la baisse.
Et de prédire : « On ira jusqu’à la finale! L’Ivoirien est optimiste. Le découragement n’est pas ivoirien. Je ne pense pas qu’on ait déjà eu une équipe aussi bonne que celle-là. Nos jeunes se battent jusqu’à la dernière minute pour aller chercher le ballon et le mettre dans le filet. »

Pendant ce temps, au Stade de Toronto
À quelques kilomètres de là, dans un stade rempli et largement acquis à la cause allemande, les partisans ivoiriens ont tout de même donné de la voix dans la tribune Est et dans le virage Sud, portés par l’euphorie d’un but d’avance préservé durant une grande partie du match.
Mais dans les 20 dernières minutes, patatras… Un but puis deux pour la Mannschaft, quadruple championne du monde, ont complètement renversé la vapeur. « Ça fait mal, car aurait pu accrocher le match nul », regrette quelque peu Raissa Fabiola, venue du Québec voisin pour soutenir son équipe.
À ses yeux, rien n’est perdu pour la suite, au contraire : le troisième et dernier match de poule contre Curaçao – jeudi prochain à Philadelphie – devrait être une formalité sur la route qui mènera son pays d’origine « en finale! », est-elle persuadée.

« La Côte d’Ivoire tenait le bon bout, malheureusement c’est la loi du foot », soupire Arnaud Diomandé au sortir du stade. Celui qui a fait le déplacement depuis le Michigan se montre confiant pour les prochains jours : « L’audace, la fougue et le talent » mèneront loin les triples champions de la Coupe d’Afrique des Nations. « On va sûrement finir deuxième de notre groupe, alors on donne rendez-vous à l’Allemagne dans un prochain round. »
Honorat Guidi pense déjà aux phases éliminatoires : « On aurait pu faire mieux contre l’Allemagne, mais on n’a pas pris sept buts non plus. On est fier de ce qu’on a fait. On continue la compétition et on ira loin, parce qu’après ce match les grandes équipes auront peur de nous. »

« C’était dur d’être supporter ivoirien aujourd’hui, convient-il. Les Allemands étaient partout autour de nous, mais malgré notre minorité, on a tout donné pour être le plus bruyant possible. On va continuer de pousser les Éléphants. On n’a pas encore tout montré, attendez de voir la suite. »