Le Firkin Pub explose de joie au moment de l’égalisation suisse face à l’Argentine. Portés par les cloches, les drapeaux et les maillots rouges, les supporteurs helvétiques ont cru jusqu’au bout à une qualification historique. Photo : Mickaël Laviolle/ONFR
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FIFA 2026 : un parcours historique qui rapproche les Suisses de Toronto

Le Firkin Pub explose de joie au moment de l’égalisation suisse face à l’Argentine. Portés par les cloches, les drapeaux et les maillots rouges, les supporteurs helvétiques ont cru jusqu’au bout à une qualification historique. Photo : Mickaël Laviolle/ONFR

TORONTO – Les célébrations accompagnées du son des cloches se sont éteintes un peu plus tôt que les partisans helvétiques l’auraient souhaité. Réunis au Firkin Pub sur Danforth, dans l’est de Toronto, les membres du Swiss Club Toronto ont vu le rêve d’une première demi-finale de Coupe du monde de l’histoire de la Suisse s’envoler face à l’Argentine. Pourtant, au moment de quitter les lieux, ce n’était pas tant la déception qui dominait que la fierté. Car au-delà d’un parcours historique sur le terrain, la Nati aura surtout réussi à rapprocher toute une communauté suisse dans la Ville Reine.

À partir des huitièmes de finale, le quartier Danforth s’est imposé comme le point de ralliement des supporteurs helvétiques de Toronto. Que ce soit au Fox and Fiddle ou au Firkin Pub, familles, étudiants, jeunes professionnels et membres de longue date s’y sont retrouvés pour encourager leur sélection nationale. Match après match, les rassemblements ont gagné en importance, preuve que ce Mondial avait réveillé un sentiment d’appartenance bien au-delà des 90 minutes.

Samedi, la Suisse est passée tout près d’écrire la plus belle page de son histoire en devenant, pour la première fois, demi-finaliste d’une Coupe du monde. Menés dès la 10e minute sur une tête d’Alexis Mac Allister à la réception d’un corner de Lionel Messi, les hommes de Murat Yakin ont fait preuve de caractère en revenant au score grâce à Dan Ndoye à la 67e minute.

Cinq minutes plus tard, tout a basculé lorsque Breel Embolo a été expulsé après avoir reçu un deuxième carton jaune pour simulation. Réduits à dix, les Helvètes ont résisté jusqu’en prolongation avant de céder à deux reprises. Julián Álvarez a redonné l’avantage à l’Argentine à la 112e minute, avant que Lautaro Martínez ne scelle la victoire dans les derniers instants.

Une expulsion discutée

Pour Céline Baracho, vice-présidente du Swiss Club Toronto, le scénario laisse forcément un goût amer.

« Ils ont tellement bien joué, nous sommes très fiers. Malheureusement, il y a eu le carton rouge. Embolo a dû sortir et je crois que ça a fait toute la différence. Mais même avec un joueur de moins, ils ont quand même super bien joué, ils se sont très bien défendus. On est quand-même bien déçu », résume-t-elle.

Réunis au Firkin Pub sur Danforth, les membres et sympathisants du Swiss Club Toronto célèbrent le parcours historique de la Nati. Céline Baracho, vice-présidente du club, apparaît au centre du groupe avec sa fille, entourée de plusieurs générations de supporteurs. Photo : Mickaël Laviolle/ONFR

La déception ne fait toutefois pas oublier l’ampleur de l’exploit. La Suisse n’avait plus atteint les quarts de finale d’une Coupe du monde depuis l’édition organisée à domicile en 1954, il y a 72 ans. Cette génération a ainsi égalé le meilleur résultat de l’histoire du pays tout en se retrouvant à une victoire d’une première qualification historique pour les demi-finales.

« C’est incroyable de vivre ça, de vivre ça avec le Club suisse aussi, avec la famille, avec tout le monde. C’est génial », sourit Céline Baracho.

Une nouvelle génération pousse la porte

Mais pour les dirigeants du Swiss Club Toronto, la plus belle victoire ne se mesure pas seulement au parcours sportif. Au fil de la compétition, les rassemblements ont pris de l’ampleur. De nombreux jeunes Suisses, ainsi que des personnes qui découvraient le Swiss Club Toronto, sont venus assister aux rencontres. Certains pourraient désormais rejoindre l’association et participer à ses nombreuses activités.

« Je dirais que les rassemblement ont été de plus en plus nombreux. Aujourd’hui, il y avait particulièrement beaucoup de nouveaux visages et de potentiels nouveaux membres. On est contents aussi de trouver d’autres Suisses qui viennent supporter et qui veulent faire partie de la communauté », explique la vice-présidente.

Cette évolution est loin d’être anodine. Comme beaucoup d’associations culturelles, le Swiss Club Toronto cherche à assurer sa relève. Si les membres historiques continuent de faire vivre le club, voir arriver une génération plus jeune représente une excellente nouvelle.

« Il y a beaucoup de membres qui sont plus âgés. Voir des jeunes Suisses qui viennent faire partie de nos événements, c’est vraiment chouette. C’est ça qui va faire vivre le club. On est content. »

Cinquante ans de fidélité

Parmi les fidèles se trouve Freddy Wenger. Depuis un demi-siècle, il participe à la vie du Swiss Club Toronto. Les fondues, les raclettes, les célébrations de la fête nationale du 1er août ou encore les anciens festivals multiculturels de Toronto : il a vu défiler plusieurs générations de Suisses.

Pour lui aussi, cette Coupe du monde restera un souvenir particulier. « On espérait bien que la Suisse s’en sorte, mais on savait quand même que l’Argentine, c’est une bonne équipe. C’était la première fois depuis 1954 que la Suisse était en quart de finale. On est bien content qu’ils soient arrivés jusque-là. »

Fidèle au Swiss Club Toronto depuis 50 ans, Freddy Wenger, à droite avec le petit drapeau à la main, a vécu le quart de finale entouré d’amis de longue date. Une image qui résume la force des liens entretenus par la communauté suisse à Toronto. Photo : Mickaël Laviolle/ONFR

Au-delà du football, il retient surtout les retrouvailles. « On se voit de temps en temps à l’occasion des événements organisés par le club. Mais cette année, on s’est vu un peu plus souvent. »

Lorsque on lui demande depuis combien de temps il fréquente le club, sa réponse fait sourire : « Ça fait déjà 50 ans qu’on fait ça. Les fondues, les raclettes… On organise tout ça. »

À travers son parcours, c’est toute l’histoire du Swiss Club Toronto qui se dessine : une communauté qui entretient ses traditions tout en accueillant de nouveaux arrivants.

La Suisse ne disputera finalement pas la première demi-finale de son histoire. Mais à plusieurs milliers de kilomètres du terrain, cette Coupe du monde aura laissé une autre victoire. Pendant quelques semaines, la Nati a offert aux Suisses de Toronto bien plus que des émotions sportives : elle leur a donné une raison de se retrouver, de partager et, surtout, d’ouvrir leur communauté à une nouvelle génération.