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Fin du Sommet des francophonies canadiennes : créer un nouvel espace de solidarité

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Le Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes a pris fin ce jeudi sur un ton très optimiste. L’événement était organisé par le gouvernement du Québec en collaboration avec la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA). Celles et ceux qui ont participé à l’événement ont été invités à signer une Charte d’engagement dont le but est d’assurer le maintien du dialogue entre le Québec et le reste du Canada de langue française. Mené entièrement en mode virtuel, le sommet aura réuni près de 1 000 personnes pendant cinq jours.

Le président de la FCFA, Jean Johnson, estime que ce sommet doit être le point de départ d’une toute nouvelle solidarité entre les francophones de l’ensemble du Canada.

« Créer de nouvelles solidarités, des liens soutenus et durables entre le Québec et les communautés francophones et acadienne, c’est possible. Nous sommes en train de le faire. J’ai entendu dans les derniers jours beaucoup d’intérêt et de volonté de travailler ensemble. J’ai retenu que les participants et participantes du Québec, de l’Ontario, de l’Acadie, de l’Ouest et du Nord, reconnaissent que c’est le temps. C’est le temps de créer un nouvel espace de solidarité où nous agissons ensemble, en français, pour le français. »

La ministre québécoise chargée des Relations avec la francophonie canadienne, Sonia LeBel, s’est réjouie du travail accompli et des nouveaux liens qui ont pu être tissés entre les participants.

« Je m’engage à renforcer le dialogue et la collaboration avec les communautés francophones et acadienne de partout au Canada. D’ici la fin 2021, je vais présenter la prochaine politique du Québec en matière de francophonie canadienne. C’est cette politique qui guidera l’ensemble de l’action gouvernementale dans la prochaine étape des relations entre le Québec et les francophones du Canada », a déclaré Mme LeBel lors de la clôture du sommet.

« À partir de la fin de ce sommet, soyons dans l’action » – Jean Johnson, président de la FCFA

Du côté des participants, on note que l’aspect virtuel du sommet a montré ses limites.

Pour le professeur Martin Pâquet, titulaire de la Chaire pour le développement de la recherche sur la culture d’expression française en Amérique du Nord (CEFAN) à l’Université Laval, le sommet a connu sa part de difficultés.

« Les défis étaient nombreux et de différents ordres. Il y a certes la tenue d’un événement dans le contexte d’une pandémie, ce qui complique considérablement la chose. En dépit des dispositions techniques, ce ne fut guère facile pour les participants de discuter informellement, discussions informelles qui sont essentielles à la réussite de tout sommet. De plus, les ateliers étaient encadrés par des questions spécifiques, ce qui limite la possibilité pour les participants d’exprimer sur d’autres thèmes que ceux choisis au préalable », a déploré M. Pâquet.

Mais il ajoute cependant que cela s’explique par la nature même de l’exercice : « Le gouvernement Legault cherche à élaborer sa nouvelle politique à l’endroit des francophonies canadiennes, et la FCFA à solidifier ses appuis potentiels dans une période où les défis sont nombreux. Il importe donc de présenter un front uni et d’offrir des réponses consensuelles. Malgré que le sommet ait parfois donné lieu à l’expression de reproches contre le Québec, il n’en demeure pas moins que la sollicitude du gouvernement Legault à l’endroit des francophonies canadiennes a été appréciée », a-t-il souligné.

Passer des projets à la concrétisation

Toutefois, malgré la bonne volonté des participants, Martin Pâquet rappelle que ce genre d’exercice de consultation « débouche rarement sur des réalisations définitives : c’est plutôt le lieu où des initiatives prennent naissance. Le présent sommet ne fait pas exception : plusieurs projets de coopération ont été évoqués, et nous verrons éventuellement leur concrétisation », estime le professeur Pâquet.

Sa collègue Lucie Hotte, de l’Université d’Ottawa, directrice du Laboratoire de recherche sur les cultures et littératures francophones du Canada, considère quant à elle que le sommet a répondu à ses attentes.

Lucie Hotte, directrice du Laboratoire de recherche sur les cultures et littératures francophones du Canada. Crédit image : Mélanie Provencher

« J’ai particulièrement aimé la formule retenue des petits groupes où tout le monde prenait la parole en répondant aux questions. J’aurais préféré que les questions changent d’un atelier à l’autre et qu’elles soient plus pointues, mais je pense quand même qu’avec ces données nous pourrons avoir le pouls de la situation », a-t-elle confié.

« Je ne dirais pas que j’ai appris beaucoup de choses que je ne savais pas. J’ai surtout rencontré des personnes avec qui j’aimerais collaborer à l’avenir. J’ai découvert des organismes qui ont des missions différentes de celle de mon centre de recherche, mais qui vivent des situations similaires en ce qui a trait à la valorisation, la promotion et l’utilisation du français », a-t-elle précisé.

La professeure ne croit pas cependant, qu’il soit possible en ce moment d’en faire un événement annuel et ce à cause des ressources nécessaires à l’organisation d’un tel sommet.

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