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Fin de la saga de Nipissing Ouest : le siège vacant pourvu au conseil municipal

Temps de lecture : 4 minutes

NIPISSING OUEST – Après près de deux ans de conflits et de fins de réunions abruptes, le siège du conseiller démissionnaire Jérémy Seguin du quartier 7 a finalement été pourvu mercredi en soirée. C’est le candidat et ancien conseiller Normand Roberge qui a été choisi au terme d’un processus qui aura été long et laborieux.

Une élection qui arrive à deux semaines de l’échéance imposée à la municipalité par le ministère des Affaires municipales et du Logement pour combler le siège vacant à 5 mois des prochaines élections municipales du 24 octobre.

Pour rappel, le 9 juin dernier, les conseillers municipaux n’avaient pas réussi à se décider sur le candidat à élire et avaient donc dû repousser l’élection.

Le blocage était provoqué par un vote à égalité qui n’a cessé de paralyser les activités depuis la démission du conseiller Jérémy Seguin en juillet 2020, lequel qualifiait de toxique le climat de travail au sein du conseil.

C’est donc au terme d’un processus de vote revu et corrigé par le médiateur envoyé par le ministère, Nigel Bellchamber, la greffière, Melanie Ducharme, et l’avocat de la municipalité que le candidat Normand Roberge a finalement été élu.

À la différence de la dernière séance où le vote était fait par proposition d’une motion en faveur d’un candidat, cette fois-ci chacun devait écrire sur une feuille blanche le nom du candidat de leur choix et le montrer à la greffière en face à face ou à l’écran.

Le conseiller Dan Roveda a été le plus fervent défenseur du candidat élu Normand Roberge. Capture YouTube.

Une énième division

Après une discussion de près d’une heure avec les habituelles tensions, les conseillers ont pu procéder au vote en présentiel pour Denis Sénécal représentant du quartier 8, Lise Sénécal du quartier 1, le conseiller Yvon Duhaime du quartier 3, et la mairesse Johanne Savage.

Les conseillers Léo Mallette du quartier 2, Dan Roveda du quartier 4, Roland Larabie du quartier 6 et Christopher Fisher du quartier 5 ont assisté à la réunion et voté en ligne.

Une séparation qui n’était pas seulement géographique, mais aussi idéologique.

C’est, en effet, sans surprise, que les quatre conseillers ayant voté en ligne ont choisi de plébisciter le candidat Normand Roberge tandis que les quatre autres ayant voté en présentiel ont choisi quant à eux le candidat Fernand Pellerin, qui a siégé au sein de plusieurs comités municipaux.

Le règlement adopté prévoyait justement cette éventualité pour laquelle la solution avancée était un tirage au sort par la greffière. C’est devant l’assemblée que 10 bulletins de vote ont étés divisés en deux et portaient le nom de l’un ou l’autre des deux candidats avant d’être disposés par la greffière dans une boite fermée. Le nom tiré fut donc celui de M. Roberge.

Un processus questionnable

Interrogée après la réunion, la conseillère Lise Sénécal avoue être déçue de l’issue de cette élection. « C’est la démocratie, j’accepte le vote puis c’est tout ce que je peux dire », déclare-t-elle avant d’ajouter que le tout a été fait selon un accord général des conseillers.

De son côté, Dan Roveda est plus enthousiaste. « C’était un 50/50 puis on dirait que les étoiles étaient en ligne, je suis content pour les gens de Verner, ils vont avoir quelqu’un qui parle fort pour eux autres », lance-t-il avec soulagement.

Selon Mme Sénécal, qui n’a pas voté pour le candidat gagnant par crainte que celui-ci ne soit influencé dans son devoir, une élection partielle aurait été plus appropriée que ce vote par les conseillers.

Une proposition qui avait été lancée lors de la démission du conseiller Seguin, mais n’avait pas pu être adoptée faute de majorité : « C’est aux gens de décider qui ils veulent, pas à huit personnes pour des quartiers qui en ont mille personnes », affirme-t-elle avec conviction.

M. Roveda avait, quant à lui, demandé avec les conseillers Fisher, Larabie et Mallette une nomination directe du candidat Normand Roberge qui avait perdu devant Jérémy Seguin en 2018. Bien qu’il soit soulagé, il regrette le temps perdu pour en arriver, au final, au même résultat.

Selon lui, il faudrait revoir les procédures pour le prochain mandat municipal en empêchant le ou la futur(e) maire(esse) de voter, mais l’autoriser seulement en cas d’égalité de vote.

La question du bilinguisme

Bien que la réunion ait été entièrement en anglais, comme par le passé, le français n’a pas été totalement absent et a fait l’objet d’une discussion.

Pendant la relecture du règlement, un amendement à ce dernier a été proposé par les conseillers Lise Sénécal et Yvon Mallette concernant la possibilité pour les candidats de pouvoir recevoir et répondre aux questions en français.

Dans une ville comptant une large partie de francophones, une telle possibilité a été proposée afin de permettre aux candidats, tous francophones, d’être à l’aise dans leur réponse devant le conseil.

Tous les conseillers ont voté en faveur de l’amendement à l’exception du conseiller Christopher Fisher, le seul qui n’est pas francophone.

De son côté, le conseiller Larabie a fait le commentaire que la proposition était inutile, car existant déjà dans l’arrêté municipal. Ce à quoi Lise Sénécal répond que « bah oui, mais la dernière fois on n’y a pas pensé, il n’y a personne de nous autres qui a pensé à dire aux candidats si vous voulez vous pouvez répondre en français ».

Lise Sénécal a, d’ailleurs, été la seule à s’être exprimée dans la langue de Molière pendant ce conseil lors de sa proposition de motion en début de conseil avant de se faire dire par la greffière de traduire en anglais pour le médiateur du ministère et le conseiller Fisher.

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