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Franco-Ontariens nés en 2000… comment voir 2020 ?

Temps de lecture : 4 minutes

Pablo Mhanna-Sandoval, Koubra Haggar et Zackary Labre, trois Franco-Ontariens aux destins différents. Un point commun tout de même : ils sont tous les trois nés en 2000, à l’aube du nouveau millénaire. En ce début 2020, rencontre avec les trois étudiants qui nous dévoilent leurs vœux pour l’année nouvelle.

Pablo Mhanna-Sandoval. « Une nouvelle génération de Canadiens »

De Pablo Mhanna-Sandovoal, 20 ans en janvier, on se souvient de son caractère audacieux : discours enflammé pour le bilinguisme à Ottawa lors de la manifestation devant l’hôtel de ville en mai 2017, puis candidature à la présidence de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), l’année suivante.

L’ancien et charismatique président de la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) est aujourd’hui plus en retrait des luttes francophones. Le Bachelor of Public Affairs and Policy Management (B.P.A.P.M.) qu’il poursuit à l’Université Carleton correspond à « une autre direction » d’après lui.

Quel regard sur 2019 ? « Ce fut une excellente année. Les grandes pertes ont été partiellement rectifiées », affirme t-il.

Une référence directe aux compressions aux services en français du gouvernement de Doug Ford, en novembre 2018, qui avaient entraîné dans un premier temps l’annulation du projet d’Université de l’Ontario français (UOF) et la suppression du poste de commissaire aux services en français de François Boileau.

Pablo Mhanna-Sandoval
Pablo Mhanna-Sandoval en mai 2017. Archives ONFR+

« Pour 2020, je souhaite un engagement plus prononcé du gouvernement fédéral. On a noté une absence quasi-totale des thèmes de la francophonie dans le discours du Trône. On manque un peu de sûreté au niveau de la francophonie avec le gouvernement Trudeau. »

L’étudiant rêve aujourd’hui d’embrasser une carrière de diplomate ou de haut-fonctionnaire, « et pourquoi pas, académique ».

« Sur la francophonie, le Canada a un rôle à jouer, surtout dans une époque où le multilatéralisme se voit contesté. Je vois le Canada avoir un rôle là-dedans. En 2003, la décision de Jean Chrétien de s’opposer à la guerre en Irak m’avait inspiré. Nous sommes avec une nouvelle génération de Canadiens qui veulent dire non à la guerre et aux actions unilatérales. »

Koubra Haggar. « Sortir de la boîte à laquelle les gens pensent »

Femme. Jeune. Noire. Musulmane. Francophone en milieu minoritaire. Autant d’étiquettes que Koubra Haggar qui fêtera son 20e anniversaire en 2020, arbore fièrement.

« Pour 2020, je veux une augmentation de la diversité. Encore trop souvent, beaucoup de personnes pensent l’identité franco-ontarienne comme une boîte, mais il faut sortir de cette boîte à laquelle les gens pensent. Il faut que les jeunes soient plus inclus dans le processus décisionnel, soient plus en position de leadership ! »

Originaire de Hamilton, puis élève à l’école secondaire Georges-P.-Vanier, Koubra Haggar a fait le choix de rester dans le Centre-Sud-Ouest de l’Ontario, une fois son diplôme obtenu. Elle étudie aujourd’hui la biologie et la philosophie à l’Université McMaster.

« C’était une décision difficile de renoncer à étudier en français, mais il y avait plusieurs raisons. J’apprécie Hamilton pour rester proche de ma famille. Déménager dans une ville aurait coûté cher, et les frais d’université aussi. »

Koubra Haggar, lors d’une entrevue pour ONFR+ en 2018. Archives ONFR+

Membre du conseil de gouvernance de l’Université de l’Ontario français, Koubra Haggar a suivi d’un œil aiguisé la relance du projet au cours de l’année 2019. Le protocole d’entente entre Ottawa et l’Ontario, signé en septembre et synonyme d’un financement conjoint pour le projet, l’enchante.

« La résilience de la communauté francophone m’a marquée en 2019. La communauté a travaillé très fort, et on a reçu un accord ! »

Pour son avenir, l’étudiante ne sait pas encore. « Si je dois choisir, ça sera professeure en médecine, ou médecin, mais j’ai encore le temps de me décider. »

Zackary Labre. « Reconnaître les changements climatiques »

Particularité de Zackary Labre : le jeune homme, qui aura 20 ans en 2020, est né… un 25 septembre, le jour même de la Journée des Franco-Ontariens.

« Je le sais bien, car j’étais à l’école à Plantagenet. Chaque année, on célébrait avec des parades. Pour moi, c’était un jour spécial ! »

Zackary Labre a quitté récemment l’Est ontarien pour le St. Lawrence College, à Kingston. Des études menées en Promotion de la condition physique et de la santé.

« C’est sûr que dans les restaurants, les magasins, c’est toujours en anglais. J’ai été une fois à ServiceOntario pour mes plaques, ce n’était qu’en anglais. Au St. Lawrence College, il y a très peu de français aussi, même si le choix d’étudier en français ou en anglais m’importait peu. »

L’étudiant Zackary Labre. Gracieuseté

De 2019, Zackary Labre retient surtout les coupes en éducation de la part du premier ministre ontarien, Doug Ford.

« J’aimerais bien que ces services restent. »

Mais au-delà de la francophonie, l’étudiant voudrait voir en 2020 une meilleure prise de conscience des dangers climatiques.

« Il y a des gens qui ne croient pas aux changements climatiques. En 2020, on devrait peut-être plus essayer les transports publics, moins prendre l’automobile, avoir des sacs réutilisables. Il faut des changements pour arrêter d’endommager. »

En attendant son diplôme, Zackary Labre n’a pas encore tracé son parcours professionnel.

« J’aimerais travailler dans le monde du sport ou peut-être, être militaire. »

À la dernière question, à savoir comment décrire cette génération née en 2000, l’étudiant n’hésite pas : « Je dirais que ce qui nous caractérise, c’est l’utilisation des médias sociaux que ce soit Instagram ou Snapchat. C’est la manière dont je communique avec mes amis. »

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