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Le ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté Sean Fraser

Ottawa promet d’atteindre sa cible en immigration francophone d’ici 2023

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Alors que le fédéral est incapable d’atteindre sa cible de 4,4 % en immigration francophone depuis 2001, le ministre de l’Immigration Sean Fraser promet un changement de cap dès cette année. Les organismes francophones de leur côté critiquent le manque de flexibilité dans le système d’immigration du fédéral qui aurait besoin d’une révision, selon eux.

« Je pense qu’on va voir une augmentation cette année comparativement à il y a deux ans pour ensuite atteindre la cible de 4,4 % d’ici l’an prochain », a affirmé mercredi en conférence de presse le ministre de l’Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté.

Il dit baser cette affirmation sur le fait que 2021 a représenté une année difficile pour l’immigration, mais en particulier pour l’arrivée de nouveaux arrivants francophones

« Nous avons un inventaire plus grand avec des personnes… qui sont dans leur processus d’immigration au Canada et qui sont francophones. »

Le ministre Fraser fonde beaucoup d’espoirs en l’amélioration du système d’Entrée express qui pourrait donner lieu à cette augmentation. S’il ne rentre pas dans les détails, il veut donner plus de flexibilité.

« Ces nouvelles mesures vont faire en sorte que ça va être plus facile d’avoir de nouveaux arrivants francophones qui sont déjà dans le système. On veut sélectionner des francophones avec des compétences d’enseignants francophones et des travailleurs de la santé. Des gens qui vont aller dans des communautés francophones où ils auront accès à des services dans leur langue. »

Plus tôt cette semaine, la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) a demandé au fédéral de mettre en place une cible de 12 % en 2024 en augmentant à chaque deux ans jusqu’à 20 % en 2036.

« J’hésite avant de dire “allons de l’avant avec cet objectif” avant d’avoir mieux compris le processus pour atteindre cette cible. Je salue le rapport, mais on a maintenant besoin d’avoir une réflexion profonde sur ce qu’on peut faire. »

2021 a constitué une année difficile pour l’immigration francophone en Ontario et au Canada. Archives ONFR+

Le Canada a accueilli l’an dernier 405 000 personnes, un record de près de 110 ans, mais seulement 1,95 % de ce nombre était des francophones à l’extérieur du Québec. Dans les trois premiers mois de 2022, Ottawa dit avoir accueilli 108 000 nouveaux résidents permanents.

En janvier, les chiffres de l’immigration francophone hors Québec étaient de 2,2 %, loin de la cible de 4,4 %, mais le ministre Fraser avertit de ne pas trop juger rapidement les premiers chiffres de 2022. Il admet toutefois que le gouvernement doit être « prudent avec les grandes ambitions de notre système d’immigration ».

« Si on ne contrôle pas l’aspect démographique de nos ambitions, on pourrait facilement voir comment une augmentation dans le nombre (d’immigrants) général viendra éroder la présence du français au Canada. Ça serait inacceptable. »

Un « manque de créativité du fédéral »

En comité parlementaire mercredi, des acteurs francophones du pays ont témoigné de leur insatisfaction par rapport au système d’Ottawa.

« Il y a des idées concrètes qui pourraient être développées et facilement mises en œuvre, mais je pense que c’est juste un manque de créativité de l’appareil fédéral », avance Alexandre Cédric Doucet, président de la Société de l’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet. Gracieuseté : SANB

Ce dernier évoque de faire appel aux institutions postsecondaires pour faciliter à l’accueil des immigrants. À l’image de la SANB, la FCFA veut que le gouvernement Trudeau s’engage vers un virage dans sa façon d’approcher les choses.

« Il va falloir qu’il y ait une nouvelle stratégie. On ne peut plus aspirer à avoir de l’immigration francophone en essayant de changer quelques critères à des programmes. Il faut des programmes taillés sur mesure pour nos communautés », réclame le directeur général de l’organisme Alain Dupuis.

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