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Gel des embauches: méprise sur le cas de l’UOF

TORONTO – L’Université de l’Ontario français devrait mettre sur la glace son processus d’embauche de personnel, à en croire le gouvernement désigné de Doug Ford. Mais Dyane Adam, qui mène la destinée de la nouvelle institution, réfute avec vigueur cette lecture.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Doug Ford promettait de gouverner autrement. Sa décision de procéder à un gel d’embauche à durée indéterminée a provoqué une vague de réactions dans la fonction publique ontarienne.

Certains se sont questionnés sur les conséquences de cette décision sur le projet d’université de langue française ontarienne qui est en plein développement. Interpellé à ce sujet, le gouvernement de Doug Ford a fait savoir que le gel s’appliquait au projet, tout comme c’est le cas pour les agences gouvernementales et les ministères.

«Le gel d’embauche s’applique à l’ensemble du personnel gouvernemental à l’exception des travailleurs essentiels de première ligne, comme les infirmières, les pompiers et les agents correctionnels», a indiqué un porte-parole lorsque questionné sur le cas spécifique de la nouvelle université franco-ontarienne par #ONfr.

«La directive est en place jusqu’à ce que le nouveau gouvernement ait l’occasion d’analyser ligne par ligne les livres de la province et obtienne un portrait complet des finances publiques», ajoute-t-on. Des exceptions peuvent être autorisées, précise le porte-parole, mais elles doivent être justifiées et approuvées préalablement.

 

Dyane Adam jette un autre éclairage

«Ils ne comprennent pas que l’université n’est pas une entité gouvernementale! C’est une nuance, mais il y a une réelle distinction», lance avec surprise Dyane Adam, présidente du Conseil des gouverneurs de l’Université de l’Ontario français. «On n’est pas assujetti à cette directive-là. Pour l’instant, du moins. Les universités embauchent, nous, on continue aussi», ajoute-t-elle.

«Les universités, c’est différent. Elles ne sont pas des agences gouvernementales ou des ministères. L’Université de l’Ontario français est maintenant une entité légale assujettie aux mêmes conditions que les autres universités», explique-t-elle.

Dyane Adam révèle à #ONfr que les finances de la nouvelle université sont pour l’instant gérées par l’Université Ryerson, un partenaire du projet. «Notre budget du gouvernement est versé à Ryerson, qui agit comme mentor. Nous n’avons pas encore la structure pour gérer l’argent», souligne-t-elle.

Au cours des derniers jours, de nombreux postes ont été affichés sur les plateformes de la future université. L’un d’eux pour un directeur aux communications et marketing, un autre pour un secrétaire adjoint au conseil de gouvernance. «Le processus d’embauche se poursuit normalement», insiste Dyane Adam.

#ONfr a tenté d’obtenir davantage d’explications de la part de l’équipe du gouvernement en attente de Doug Ford. Nos demandes subséquentes sont laissées lettre morte.

 

Que fera Doug Ford?

Est-ce qu’une ouverture en 2020 est toujours dans la mire? «2020 demeure. On planifie en fonction de cet objectif et on est redevable à cet échéancier», lance-t-elle. L’arrivée du gouvernement de Doug Ford pourrait-il venir influencer l’agenda? «Ça dépend s’il appuie de la même façon le plan en place. Des gouvernements dans le passé ont coupé le financement des universités, ça peut arriver, tout est possible. Pour le moment, on a un devoir et on construit l’Université», conclu-t-elle.

D’ici la fin de l’été, les programmes de la future université devraient être prêts pour approbation par les différentes instances gouvernementales.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.