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Glendon sera plus connu et aura un mandat plus clair, promet son nouveau Principal

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – Dans un contexte sans précédent, le professeur spécialisé en traduction, Marco Fiola, prend la tête du campus universitaire bilingue de Glendon. Avec franchise, il aborde de front les questions chaudes du milieu universitaire et de la francophonie torontoise.

Il le dit sans détour  : « Je veux que le Collège Glendon soit le joyau de la couronne de York », en référence à l’affiliation du petit campus bilingue à la deuxième université anglophone en importance au pays.

Mais pour briller, le campus de Glendon devra préciser qui il est et envoyer une image plus claire aux jeunes qu’il souhaite courtiser.

« Les finissants en 12e année, je crois qu’ils ne savent peut-être pas exactement à quoi s’attendre quand ils entendent parler de Glendon. C’est un trésor méconnu et mon but est d’être le porte-parole de cette institution », lance le traducteur, chercheur en traductologie et dirigeant universitaire.

Le Collège universitaire Glendon devra peut-être partager ses programmes avec la future université de langue française.
Le campus de Glendon. Archives ONFR+

« Je vais être là pour canaliser les forces qui existent. J’ai l’esprit d’entrepreneuriat et de concurrence », ajoute-t-il.

Par contre, l’Université de l’Ontario français (UOF) n’est pas un concurrent, tient à souligner Marco Fiola. « Je vois l’UOF d’un très bon œil ! Elle va remplir un rôle différent de Glendon. On verra à l’automne 2021, mais je crois qu’il y a de beaux partenariats à faire entre Glendon et les autres institutions. Elle vient ajouter du poids à notre force de représentation des institutions francophones », selon lui.

Défenseur de la diversité et des minorités

« Le français, c’est ma langue maternelle, c’est la langue pour laquelle j’ai le plus d’affection. Je suis traducteur anglais/français, car ma première volonté a toujours été de bien servir le français », explique-t-il.

« Je crois essentiel qu’on puisse fonctionner à 100 % dans sa langue, sans avoir recours nécessairement à l’anglais. Mais ensuite, il faut une disponibilité des services en français, car parler sa langue, mais ne pas pouvoir l’utiliser, c’est un exercice vain », fait savoir Marco Fiola.

Mais pendant sa carrière, il a aussi lutté pour les droits d’autres groupes.

« J’ai travaillé comme traducteur en chef pour le gouvernement du Yukon. Avec les Premières Nations, j’ai travaillé avec une organisation qui s’occupait des soins de première ligne pour les groupes qui n’ont pas d’interprètes ou de spécialistes dans certaines langues autochtones », se rappelle-t-il.

« J’ai aussi travaillé avec la communauté tamoule pour créer un dictionnaire et une terminologie pour aider les interprètes lors de procès en Ontario », ajoute-t-il.

Ce parcours à travailler pour la promotion de la diversité linguistique a teinté ses actions comme directeur du Département de langues, littératures et cultures de l’Université Ryerson, qu’il quittera après huit ans pour rejoindre Glendon.

« J’ai lancé le programme en langue des signes, ça n’existait pas. Ça s’enseigne dans les départements de langue et maintenant c’est un des choix de cours les plus populaires. L’automne prochain, il y aura des cours de mohawk », confie-t-il, fièrement.

Le petit campus de Glendon est reconnu comme étant un espace progressiste où l’on défend activement les droits LGBTQ et la diversité.

Marco Fiola croit important de donner clairement sa position sur la controverse du « mot en N ».

« Il y a deux points de vue, pas nécessairement diamétralement opposés. Celui que le prof a le droit d’enseigner les cours avec une liberté académique, puis d’autre part, celui que les étudiants ont le droit de profiter d’un environnement où ils ne sont pas violentés », commence-t-il.

« Selon moi, le mot en N est un mot violent en soi, créé pour déshumaniser. Même avec une explication théorique, ça ne change rien, c’est un acte de violence. On peut en parler, il faut le dénoncer, mais pas besoin de l’utiliser », termine-t-il.

Une grande cavale canadienne et internationale

Né à Rimouski, dans l’Est du Québec, Marco Fiola a débuté sa carrière en milieu francophone minoritaire au Nouveau-Brunswick. Après un séjour à Montréal, il ira à Toronto, avant d’atterrir à Whitehorse. Il reviendra finalement à Toronto après un doctorat en traductologie de l’Université Sorbonne Nouvelle, à Paris.

Mais aujourd’hui, il est bien là pour rester, assure-t-il.

« J’adore l’Ontario ! On ne me fera pas dire de mal de l’Ontario. Je suis chez-moi. Je connais beaucoup d’expatriés et de Québécois de souche qui souffrent un peu et qui ne rêvent que du jour où ils pourront rentrer au Québec. Moi, je n’ai pas ce souhait », insiste-t-il.

Se considère-t-il alors Franco-Ontarien ?

« Je suis un francophone de l’Ontario, mais pas un Franco-Ontarien. On m’a toujours dit que c’est un terme qui fait référence à la communauté qui est là depuis des siècles, aux gens qui ont leurs racines en Ontario », répond-il.

Marco Fiola débutera ses nouvelles fonctions le 1er janvier. Il succèdera alors officiellement au professeur Ian Roberge, qui a occupé le poste de Principal par intérim cette dernière année.

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