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Hearst résiste encore et toujours à la pandémie

Temps de lecture : 4 minutes

HEARST – Alors que la pandémie de COVID-19 se propage à travers la province, la municipalité la plus francophone de l’Ontario, Hearst, s’en sort toujours indemne. S’il n’y a toujours aucun cas confirmé de coronavirus dans la région, la municipalité rurale n’épargne pas pour autant ses efforts pour prévenir une éclosion. Portrait de la lutte d’une petite ville.

« On ne veut pas en avoir de cas, ici », s’exclame le maire de Hearst, Roger Sigouin. « C’est sûr que ça nous inquiète, mais on a mis en place les mêmes mesures qu’ailleurs en province, et on se croise les doigts. »

Même en l’absence de cas confirmé, l’économie de Hearst subit tout de même les séquelles de la pandémie.

Le maire de Hearst, Roger Sigouin. Archives ONFR+

« En ce moment, on a deux moulins de fermés et un autre qui opère à horaire réduit », explique M. Sigouin. « Les petites et moyennes entreprises ont pris un coup aussi. »

Afin de pallier les difficultés, il encourage les résidents à acheter des produits locaux et à appuyer les entreprises de la région.

Un nouveau centre de dépistage

Même s’il n’y a pas de cas confirmé dans la région, les résidents de Hearst ne se disent pas à l’abri d’une éclosion.

« Il y a très peu de tests de dépistage dans la région, donc il se peut que des gens aient eu la maladie sans le savoir », nuance Tammy Coulombe, coordonnatrice en santé et sécurité pour la municipalité.

« Au début, les critères pour tester les gens étaient moins inclusifs », explique la directrice de centre de santé Nord-Aski, Danielle Plamondon. « Donc, il se peut que personne n’ait été testé positif simplement parce que les critères d’admissibilité étaient plus contraignants. Ou il se peut aussi que personne ici n’ait eu de symptôme. C’est difficile à dire. »

Jusqu’à présent, les tests de dépistage étaient effectués par les ambulanciers de la région. Toutefois, un centre d’évaluation a ouvert finalement ses portes, ce mardi, dans des locaux vides du centre de santé familiale Nord-Aski.

« Ce n’était pas possible d’ouvrir plus tôt, puisque nous n’avions pas l’équipement de protection personnelle nécessaire », explique la directrice de centre de santé. « On en avait assez pour les opérations du centre familial, mais on n’avait pas de surplus pour un centre d’évaluation. »

Un effort de tout un chacun

Selon Tammy Coulombe, si Hearst tient si bien le coup, c’est que la municipalité, les entreprises et les résidents mettent tous la main à la pâte pour réduire les risques de transmission.

« Les gens semblent vraiment prendre la situation au sérieux », explique-t-elle.

L’épicerie a été la première à mettre des mesures en place, raconte la coordonnatrice.

« Ils ont embauché du personnel pour désinfecter les lieux, mis en place des mesures de distanciation physique et même triplé leur service de livraison. Le public a appris au sujet de la maladie en allant à l’épicerie. »

La municipalité utilise les ressources à sa disposition pour sensibiliser sa population.

« Étant une petite municipalité avec des ressources limitées, on a tout de suite compris la gravité de la situation », dit-elle.

À la demande d’un citoyen, la municipalité a érigé des pancartes de sensibilisation à travers la ville.

La municipalité utilise le matériel à sa disposition pour sensibiliser ses résidents. Crédit photo : Municipalité de Hearst.

« On n’était pas équipé pour ça, mais on s’organise avec ce qu’on a. On a pris les barricades de construction pour installer les affiches des agences de santé publique partout dans la ville. »

« Il y a eu un gros effort de sensibilisation qui est venu du public aussi », ajoute la coordonnatrice. « À la municipalité, nous appuyons les initiatives de tous les gens, mais on n’est pas tout seul dans cet effort. C’est un beau travail d’équipe avec plusieurs bénévoles qui s’impliquent. »

Les médias sociaux pour faciliter l’entraide

Afin de permettre aux gens de respecter les contraintes d’isolation, une résidente de Hearst a mis sur pied la page Facebook SOS COVID-19 Hearst. La page offre un service de jumelage entre les gens en isolement et des bénévoles dans la ville, explique sa fondatrice, Manon Cyr.

« Au début, ce n’était pas une initiative communautaire », raconte-t-elle. « C’était un service pour nos amis et notre famille. Mais on s’est vite aperçu que la demande était plus grande qu’on avait anticipé. »

Avec l’appui de la municipalité, cette initiative s’est transformée en un service ouvert à tous.

« Ça a fait boule de neige. Tout s’est fait vite. On a annoncé la page à la radio communautaire et paf ! »

Plus d’une trentaine de bénévoles se sont impliqués. Maintenant que les périodes d’isolement arrivent à leur fin, SOS COVID-19 Hearst redirige maintenant ses bénévoles vers la branche locale de la Croix rouge.

« Si le service a permis d’éviter certains comportements qui auraient pu propager la maladie, on a accompli notre but », conclut-elle.

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