« Je vais essayer de tomber enceinte » : Ivanie Blondin envisage une pause du patinage de vitesse
[ENTREVUE EXPRESS]
QUI :
Patineuse de vitesse longue piste originaire d’Ottawa, Ivanie Blondin fait partie des figures majeures du patinage de vitesse canadien. Médaillée olympique, elle a aussi prolongé son parcours sportif ces dernières années en s’investissant dans le cyclisme durant l’été, un environnement qui a nourri sa motivation après les Jeux de Pékin.
LE CONTEXTE :
De passage à Newmarket dans le cadre de Medals on Tour, une initiative organisée par Patinage Canada, Ivanie Blondin est venue à la rencontre du public pour partager son expérience olympique. Aux côtés de Courtney Sarault, elle a patiné avec les participants, pris part à une séance de questions-réponses et dirigé un entraînement avec les jeunes du club local.
L’ENJEU :
Au-delà de la célébration de sa médaille et du lien créé avec les partisans, l’athlète est revenue sur la place grandissante du vélo dans son parcours estival. Mais surtout, elle a confié envisager de mettre le patinage entre parenthèses à la fin de l’été pour tenter de fonder une famille, sans annoncer officiellement sa retraite pour autant.
« Quel sentiment cela représente-t-il pour vous d’être ici à Newmarket, de présenter vos médailles et d’échanger avec les partisans?
Oui, ça ramène beaucoup de souvenirs de quand j’étais très jeune. C’est un peu un moment de boucle bouclée. Quand j’étais petite, je voyais des vedettes venir dans notre club à Orléans, à Ottawa. Aujourd’hui, me retrouver dans cette situation, avec les médailles autour du cou, et pouvoir les montrer aux jeunes, c’est vraiment spécial pour moi.
Et le fait d’avoir aussi partagé la glace avec les enfants et les autres participants, qu’est-ce que cela vous a apporté?
C’était incroyable. Il y avait beaucoup de patineurs de vitesse, mais aussi des jeunes venus du hockey, du patinage artistique, et même un petit garçon qui n’avait encore jamais essayé le patinage de vitesse. Il était là avec son père, il avait six ans, et il nous a expliqué qu’après avoir vu notre poursuite par équipe et notre médaille d’or aux Jeux Olympiques, il était tombé en amour avec ce sport. Voir ça, ça vient vraiment me chercher. Ça me donne beaucoup d’émotions.
Vous avez aussi eu l’occasion de faire le tour de plusieurs événements et arénas ces derniers mois. Que représente pour vous cette célébration publique?
C’est vraiment incroyable d’être célébrées comme ça. Après Pékin, avec le contexte de la COVID et tous les événements annulés ou modifiés, on a un peu manqué ces moments-là. Maintenant, on sent vraiment tout le monde derrière nous, et ça fait chaud au cœur.

Après cette consécration olympique, est-ce que vous vous projetez encore en patinage la saison prochaine?
C’est en réflexion en ce moment. Je vais essayer de tomber enceinte dans le futur. On espère à la fin de l’été. Donc je vais faire ma saison estivale de vélo, puis après, on va passer à la famille. »
Au sujet du cyclisme, en quoi ce sport se rapproche-t-il du patinage de vitesse?
On s’entraîne énormément sur le vélo. Durant l’été, environ 75 % de nos entraînements se font sur deux roues. Donc oui, je suis une patineuse de vitesse, mais je suis aussi presque une cycliste en même temps. Je suis très compétitive, alors retrouver la compétition à vélo durant l’été, ça me donne une autre source de motivation. Honnêtement, c’est aussi ce qui m’a gardée dans le sport pendant quatre années de plus. Après 2022, je ne savais pas si j’allais continuer. Le vélo m’a permis de changer d’air, de découvrir une nouvelle équipe et un autre univers.
Sur le vélo, êtes-vous dans une logique de victoire individuelle ou davantage dans une dynamique collective?
Beaucoup plus collective, et c’est justement ce que j’apprécie. Dans mon équipe, on est six femmes et on travaille très fort ensemble pour aller chercher une victoire d’équipe. Peu importe qui monte sur le podium. Parfois, je suis dans le bon coup, parfois je travaille pour mes coéquipières, et j’aime ce rôle-là aussi. Pouvoir les amener sur le podium, je trouve ça vraiment beau.
Vous fixez-vous quand même des objectifs individuels pour cet été?
Pas vraiment, honnêtement. Je suis surtout contente d’être avec l’équipe. On s’entraîne fort, on compétitionne fort, bien sûr on veut faire de bonnes performances, mais au bout du compte, on est surtout heureuses d’être ensemble. Que ça aille bien ou moins bien, on reste un groupe très uni.