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Le maire d'Ottawa, Jim Watson.

Pas d’autre mandat pour Watson à la mairie d’Ottawa

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Le maire de la capitale canadienne Jim Watson a annoncé qu’il ne se représentera pas aux prochaines élections municipales en octobre 2022.

« Alors que j’attendais les résultats de l’élection 2018 il y a trois ans, j’ai pris ma décision – avant de connaître les résultats – que si j’étais vainqueur ce soir-là, ce serait ma dernière élection à titre de maire d’Ottawa », a indiqué le maire dans une lettre sur ses réseaux sociaux.

Ça veut donc dire que pour la première fois depuis 2010, il y aura un nouveau maire. Il a aussi été un ancien député et ministre libéral sous le gouvernement de Dalton McGuinty entre 2003 et 2010. Il a aussi été maire entre 1997 et 2000.

« La décision a été et facile et difficile. D’un côté, j’ai adoré presque chaque heure de chaque journée — et ce fut un vrai privilège et un honneur de servir à titre de maire de notre ville. Cependant, je savais que j’allais avoir 60 ans durant ce mandat du Conseil, et que si je souhaitais avoir une autre carrière, il serait temps de quitter la vie publique », écrit-il.

Parmi ses fiertés, il évoque l’accueil de 4 000 réfugiés syriens, la lutte contre le racisme, la construction de nouvelles infrastructures comme des ponts et des pistes cyclables ainsi que la revalorisation du parc Lansdowne.

« Quand je me promène à travers notre vaste et superbe ville, je crois sincèrement que nous laissons notre ville et nos communautés en meilleur état. Nous sommes loin d’être parfaits, mais je ne voudrais vivre nulle part ailleurs au Canada, le meilleur pays au monde. »

Chez les francophones d’Ottawa, le maire s’est fait connaître pour les épisodes avec le bilinguisme officiel à la Ville. Il s’y était toujours opposé jusqu’en 2017 où il a enchâssé officiellement le statut des deux langues officielles dans une loi provinciale. Plusieurs ont toutefois critiqué cette loi arguant qu’elle reconnaît seulement le bilinguisme et ne met pas la moindre exigence en matière de services en français. Dans son message, il n’a d’ailleurs pas fait mention du statut linguistique de la Ville.

« Nous avons considérablement amélioré les services en français et ouvert la Maison de la francophonie et La Nouvelle Scène, en plus de fournir un nombre record de nouveaux services de loisirs en français, notamment dans l’Ouest de la ville », a-t-il résumé.

La nomination de Peter Sloly et Steve Kanellakos, à titre respectif de chef du Service de police d’Ottawa et de directeur général de la ville, durant le mandat de M. Watson avait aussi soulevé des questions.

Le conseiller francophone du quartier Rideau-Vanier Mathieu Fleury a tenu à souligné « les décennies de service » du maire, qui a fait quatre mandats.

Réseaux sociaux

Plus récemment, les déboires du train léger ont attiré l’attention à l’échelle provinciale.

« Le lancement de ce nouveau réseau de transport a été très frustrant et a déçu ses usagers. Même si nous constatons maintenant une amélioration de la fiabilité du service, nous devons continuer de demander des comptes à nos partenaires. Je crois sincèrement que nous avons franchi un cap en offrant un service bien meilleur, fiable et constant aux résidents d’Ottawa. »

Dans ce long message, le maire a notamment évoqué les réseaux sociaux qu’il considère comme « une bénédiction et une malédiction » pour lui et son entourage.

« Les attaques auxquelles font face les politiciens sur ces plateformes sont corrosives et rendent difficile la tâche importante qu’est celle de donner envie à des individus dévoués et compétents de se lancer en politique. Attaquer quelqu’un de manière anonyme parce que ses idées, ses valeurs, sa religion, son orientation sexuelle, son origine ethnique ou son genre diffèrent des nôtres demande très peu de courage. »

Le maire Jim Watson, entouré de certains conseillers municipaux, lors d’une célébration en l’honneur des Franco-Ontariens en 2016. Archives ONFR+

M. Watson affirme qu’il continuera de suivre les activités de la ville, mais émet un avertissement à son successeur.

« Je me permets de rappeler aux futurs maires et conseillers que nous nous devons de planifier pour la prochaine génération, pas seulement la prochaine élection. »

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