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La bataille de l’électricité se poursuit à Queen’s Park

TORONTO – À six mois des élections provinciales, les trois formations politiques à Queen’s Park poussent pour convaincre les Ontariens qu’ils ont la solution pour réduire les factures d’électricité.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Le mercredi 29 novembre, la chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, a demandé à nouveau au gouvernement ontarien de racheter les actions vendues d’Hydro One. Au printemps, la province a annoncé qu’elle avait désormais 49 % des parts de la compagnie d’électricité ontarienne.

En conférence de presse, Mme Horwath a martelé que la privatisation d’Hydro One avait eu des effets «dévastateurs» sur les factures des Ontariens.

Selon le NPD, le rachat des actions déjà vendues d’Hydro One pourrait coûter jusqu’à 4,1 milliards de dollars et permettrait de régler à long terme le problème du coût de l’énergie en Ontario.

En plus du rachat des actions, le NPD propose de renégocier les contrats avec des fournisseurs de services et de facturer les mêmes frais de distribution à la grandeur de la province. Selon la deuxième opposition à Queen’s Park, ces mesures permettront de réduire les factures d’électricités des Ontariens de 30 %.


«Redonner le contrôle d’Hydro One aux Ontariens est le seul moyen d’avoir des tarifs abordables à long terme» – Andrea Horwath


 

La chef du Nouveau Parti démocratique de l’Ontario, Andrea Horwath, en conférence de presse. Crédit image: Jean-François Morissette

Toutefois, le rachat des parts d’Hydro One est certes possible, mais ne réglera pas le problème des tarifs, estime Nicolas-Guillaume Martineau, économiste au Collège universitaire Glendon.

«Pour que les tarifs soient fixes ou restent bas, faute d’offre suffisante à ces prix, il faut que le gouvernement en subventionne l’achat auprès des producteurs», explique-t-il.

L’autre solution serait en effet de »renationaliser» Hydro One pour en avoir plein contrôle. Cependant, l’économiste ajoute un bémol.

«Des tarifs plus bas passent, aussi par des coûts de production plus bas, peu importe si la production et la distribution sont publiques ou privées», indique-t-il. «Or, comme l’Ontario dépend particulièrement d’énergie nucléaire et que les centrales nucléaires coûtent cher à rénover cela m’apparaît difficile, du moins à court terme et sans subventions», souligne M. Martineau.

Le prix d’électricité en Ontario est fixé par la Commission de l’Énergie de l’Ontario.

 

12 % de plus pour Brown

Dans sa plateforme présentée la semaine dernière, le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario, Patrick Brown a proposé de réduire les factures de 12 % en plus de poursuivre le plan du gouvernement d’offrir une réduction de 25 %. Selon les progressistes-conservateurs, cela permettrait à un ménage moyen d’économiser 173 $ par année.

«Les politiques de Kathleen Wynne font en sorte que nos tarifs d’électricité sont parmi les élevés en Amérique du Nord. Si elle est réélue, les documents internes de son propre gouvernement et ceux de la vérificatrice générale indiquent que les tarifs vont atteindre des sommets jamais vus», a martelé M. Brown lors d’un événement politique à Burlington.

Le chef du Parti PC de l’Ontario, Patrick Brown Crédit image: Maxime Delaquis

«Contrairement aux libéraux, notre réduction des tarifs ne sera pas annulée après les prochaines élections. Les progressistes-conservateurs de l’Ontario vont rétablir la situation et permettre des économies véritables et durables», a-t-il ajouté.

Un gouvernement avec Patrick Brown retournerait la dividende annuelle d’Hydro One, plutôt que de l’investir dans des projets d’infrastructure.

Lors de la période de questions, le ministre de l’Énergie, Glenn Thibeault, a attaqué le Parti PC

«Nous ne pouvons pas faire confiance en ce parti et son chef. Il devient clair qu’ils feront tout pour être élus», a-t-il déploré. «Après avoir voté contre notre réduction de 25 %, les conservateurs ont choisi de l’inclure dans leur plateforme», a ajouté le ministre de l’Énergie.

Selon lui, l’ajout d’une réduction de 12 % est un choix politique et croit que cela laisse un énorme trou dans l’assiette fiscale de la province.

 

Le gouvernement vise un plan équitable

En 2017, le gouvernement a mis en place une réduction de 25 % des factures d’électricité des Ontariens. Pour arriver à cela, le gouvernement a offert une première réduction de 8 %, soit l’équivalent de la taxe de vente harmonisé (TVH), puis une autre de 17 %.

Pour arriver à cette dernière, le gouvernement a choisi de refinancer l’enveloppe budgétaire, appelée Réajustement globale (RG), qui s’occupe de mettre à jour et invertir dans le système d’électricité de la province, sur une période de 30 ans au lieu de 20. Cette mesure sera possible grâce à la renégociation d’une partie des contrats qui lient la province et des producteurs d’électricité.

La première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne lors de l’annonce du plan de son parti pour s’attaquer aux coûts élevés de l’énergie en Ontario. Crédit image: Jean-François Morissette

«Nous refinançons notre hypothèque sur une plus longue période. Au bout du chemin, cela va peut-être coûter plus cher et nous devrons payer sur une plus longue période, mais c’est plus équitable parce que ça ne demande pas à une génération de payer pour une autre», avait alors expliqué la première ministre de l’Ontario, Kathleen Wynne.

 

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.