La fermeture d’un laboratoire d’analyse médicale à Sudbury exaspère les élus
SUDBURY – La fermeture du seul laboratoire LifeLabs de la ville provoquerait la perte d’une quarantaine d’emplois, en plus d’allonger les délais de traitement des analyses réorientées vers dans le Grand Toronto.
La firme privée prévoit de fermer définitivement son laboratoire d’ici le printemps. Hors de question pour le maire de Sudbury qui, dans une lettre adressée ce mardi à la ministre de la Santé Sylvia Jones, exhorte le gouvernement à intervenir.
Paul Lefebvre, le maire de Sudbury, craint que les quelque 40 emplois de technologues recrutés par le laboratoire médical ne soient supprimés sans reclassement et que le transfert des analyses de tests vers d’autres laboratoires ne fasse que prolonger l’attente de résultats.
« Des échantillons provenant de l’ensemble du Nord devront être transportés sur des centaines de kilomètres pour être analysés », réagit l’élu sudburois, avec pour conséquence « des retards prévisibles et des risques inutiles pour les patients. »
Et de dénoncer un système de soins à deux vitesses dans lequel le Nord sort perdant : « Nos résidents méritent le même niveau de soins et de fiabilité que partout ailleurs dans la province, et cette décision met cela en péril. »

Au-delà des Sudburois, ce laboratoire traitait des échantillons provenant de Sault Ste. Marie, North Bay et des localités de la route 11. C’est donc toute une partie de la population du Nord qui sera affectée, déplore également le député provincial de Sudbury, Jamie West.
« C’est une mauvaise nouvelle de voir disparaître ce service essentiel pour le Nord », dit-il, ironisant sur la nationalité de l’entreprise et l’inaction du premier ministre. LifeLabs est à l’origine une entreprise canadienne qui a ensuite été vendue en août 2024 à la multinationale américaine Quest Diagnostics.
« Ça a été racheté pour faire des profits, pas pour servir l’intérêt général. Or, depuis qu’il a été élu, Doug Ford ne cesse de nous promettre qu’il va nous protéger des États-Unis. Où est-il dans ce dossier? » questionne M. West.
Tout comme le maire de Sudbury et la députée France Gélinas, porte-parole de l’opposition officielle en matière de santé, il demande que le gouvernement s’interpose dans ce dossier, au moins pour préserver des emplois et garantir des délais raisonnables.
Le maire Lefebvre, quant à lui, croit que les personnes atteintes de maladies chroniques, les nouveau-nés, les résidents des foyers de soins de longue durée et les patients prenant des médicaments essentiels seront les premières victimes de la fermeture du laboratoire dans la ville du nickel, si la province reste à l’écart.
À l’heure où nous écrivions ces lignes, ni le ministère de la Santé ni LifeLabs n’avaient donné suite à nos sollicitations.