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La LCBO persiste: un acronyme en anglais pour la société du cannabis

TORONTO – Malgré une plainte et l’agacement manifesté par le Commissariat aux services en français, la LCBO persiste et signe: l’acronyme des magasins de vente de cannabis sera en anglais. Un citoyen critique la démarche, mais la société de la Couronne ontarienne affirme que cette décision ne va pas à l’encontre de la Loi sur les services en français.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«J’aimerais porter plainte contre la LCBO. L’organisme vient de fournir le nom officiel de ses nouveaux magasins de cannabis, et j’ai constaté avec tristesse qu’aucun nom de marque francophone n’a été choisi. Les magasins de la Société Ontarienne du Cannabis seront simplement nommés Ontario Cannabis Store, en anglais. Le logo est en anglais seulement», dénonce un citoyen, choqué par la décision de la société de la Couronne ontarienne.

Il a partagé sa plainte faite au Commissariat aux services en français à #ONfr, ainsi que la réponse qu’il a obtenu du «chien de garde» des Franco-Ontariens.

Selon le plaignant, le sigle OCS, en référence à Ontario Cannabis Store, devrait aussi avoir son équivalent français, soit SOC pour Société ontarienne du Cannabis.

La nouvelle Société ontarienne du Cannabis a un nom en français, mais les Franco-Ontariens devront s’habituer utiliser son sigle en anglais, soit OCS pour Ontario Cannabis Store.

Le Commissariat aux services en français s’est buté à une fin de non-recevoir du ministère des Finances, qui a la responsabilité des sociétés de la Couronne.

«Ce logo contiendra le nom de la société en français plus l’acronyme en anglais. Toutefois, le ministère soutient que l’acronyme sera conservé en anglais uniquement, car il s’agirait d’une marque de commerce, tout comme le LCBO, OLG et le ROM», rapporte le Commissariat à la suite de son enquête auprès des autorités gouvernementales responsables.

Le Commissariat aux services en français se montre franchement déçu de l’attitude du gouvernement dans ce dossier.

«Nous comprenons que cette réponse soit décevante pour vous. Tout comme vous, le Commissariat aux services en français aurait souhaité voir un acronyme bilingue pour la nouvelle Société ontarienne de cannabis et considère que le ministère laisse passer une belle occasion de montrer son leadership en matière de services en français», affirme l’enquêteuse assignée au dossier.

Depuis 2008, le Commissariat aux services en français affirme que la LCBO a fait des efforts pour améliorer ses services bilingues. Sur ses 634 succursales, 112 doivent offrir des services en français en vertu de la Loi sur les services en français. Le nom officiel en français de la LCBO est la Régie des alcools de l’Ontario. Ce nom n’est cependant utilisé que pour les documents officiels, comme le rapport annuel. La LCBO a déjà indiqué au Commissariat vouloir s’inspirer des sigles utilisés par les sociétés internationales comme General Motors (GM) et IBM.

 

OCS: un doute sur l’affichage extérieur

Invité à expliquer sa décision, le bureau des Affaires publiques de la LCBO a fourni quelques explications dans un message non-signé.

«Le sigle OCS a été conçu comme un nom de marque uniforme et facilement compris et identifiable», a indiqué l’organisation.

Le message a aussi permis d’apprendre que rien n’était sûr concernant l’affichage extérieur sur les futurs magasins.

«Les détails de l’affichage à l’extérieur des magasins ne sont pas encore finalisés», a-t-on pu apprendre, ouvrant la porte à un affichage unilingue.

Le nom en français La Société Ontarienne du Cannabis sera utilisé pour les communications en ligne et imprimées, indique-t-on pour l’instant. OCS a référé #ONfr à son site internet, OCSCannabisUpdates.com, pour obtenir plus de détails sur les choix graphiques de l’organisation.

Plusieurs médias ont révélé que l’identité visuelle et la marque de la nouvelle société ont été développées par une firme privée au coût de 650 000 $, ce qui a provoqué un tollé auprès de plusieurs citoyens.

Le plaignant n’est pas convaincu par cette réponse.

«C’est une société d’État tenue d’offrir des services dans les deux langues officielles. Je trouve que c’est inconcevable qu’on laisse l’entière place à l’anglais, alors que le gouvernement ontarien a lui-même reconnu qu’il doit en faire plus en matière d’offre active. On rate une occasion de s’afficher autant en français qu’en anglais», a-t-il indiqué à #ONfr.

 

Miser sur des services bilingues

Le Commissariat aux services en français a reçu l’assurance que le site internet de la Société ontarienne du cannabis sera bilingue. Les succursales «désignées» devront aussi offrir des services en français de qualité, dit-on.

L’organisme de surveillance du respect de la Loi sur les services en français compte surveiller de près l’offre des services de la part des nouveaux établissements.

«Le Commissariat compte concentrer ses efforts sur l’offre des services en français en ligne et en personne, lorsque les succursales seront ouvertes. Nous allons, donc, surveiller ce dossier de près», peut-on lire dans la réponse fournie à la plainte.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.