Passer au contenu Passer au pied de page

La rentrée scolaire comme si vous y étiez

Temps de lecture : 5 minutes

TORONTO – Sans cafétéria, sans casier, sans activité parascolaire, sans fontaine d’eau, sans rassemblement… Le retour en classe soulève autant de questions que de stress chez les parents, les élèves et les enseignants. ONFR+ a poussé les portes de l’École secondaire catholique Monseigneur-de-Charbonnel, à North York, pour comprendre, de l’intérieur, quelle sera la nouvelle routine scolaire, à partir de septembre.

Désinfectant dans chaque salle, flèches rouges au sol, affiches de prévention placardées ici et là, accès limité aux toilettes et à l’administration, abreuvoirs et placards condamnés…

Sillonner les corridors et les salles de classe de cette école de la banlieue torontoise, encore vide, du Conseil catholique MonAvenir, c’est un peu comme se téléporter au jour J de la rentrée ontarienne, mais sans l’essentiel : les élèves, les enseignants, le va-et-vient du personnel et des autobus scolaires… Bref, le rythme de la vie scolaire et son lot d’imprévus. Mais cela donne un aperçu tangible de ce que sera le retour en classe, après six mois hors des murs.

Port du masque : des moments « sans »

D’abord, si le port du masque est obligatoire de la 4e à la 12e année, y compris assis en classe et dans les corridors, les élèves auront l’occasion de sortir et de l’enlever.

« On est conscient qu’une journée, c’est long avec un masque », convient André Blais, le directeur de l’Éducation qui précise que le masque ne sera pas obligatoire à l’extérieur, lors de la récréation ou des cours d’éducation physique, à condition de respecter la distanciation physique.

Mais il ajoute un bémol à ces cours : les sports d’équipe n’auront lieu que si les enseignants désinfectent les matériaux. En intérieur, ce sont les sports individuels qui seront privilégiés. En ce qui concerne les compétitions, partout en province, les tournois ont été annulés.

André Blais, directeur de l’Éducation du conseil scolaire catholique MonAvenir, dans une classe secondaire type. Crédit image : Rudy Chabannes

Des classes élémentaires plus chargées

Réduits à environ 15 élèves par classe au secondaire, les effectifs ont permis à la majorité des écoles des régions du Grand Toronto, Ottawa et Windsor, de réaménager les salles sans « pousser les murs ». ONFR+ a pu constater, dans cette école-test du Conseil scolaire MonAvenir que la distance entre chaque bureau était supérieure à un mètre, le standard requis par les autorités de santé publique.

Dans les écoles élémentaires, la donne sera bien différente. Taille et seuil restent inchangés par rapport à l’année précédente. Mais la distanciation doit s’appliquer.

« Ce n’est pas un élève de plus ou un élève de moins qui va faire la différence », croit M. Blais qui s’en tient aux seuils provinciaux, soit 23 élèves par classe maximum à l’élémentaire, et met l’accent sur l’intégrité de la cohorte, les bonnes pratiques d’hygiène et le nettoyage accru des surfaces.

De façon générale, l’ensemble des conseils scolaires a essayé de mettre les plus gros groupes dans les salles les plus grandes. Cafétérias, bibliothèques et autres lieux de rassemblement, fermés pour l’heure, ont aussi été réaménagés pour servir de salles de classe, au besoin.

La majorité des élèves de la province iront à l’école en présentiel et effectueront un retour graduel lors de la première semaine d’école. Cette rentrée en douceur doit permettre de roder les mesures de sécurité et nouvelles routines. Chaque parent a reçu un horaire.

Des accès et déplacements limités

À mesure que l’on progresse dans les corridors de l’école torontoise – adossée au siège du conseil scolaire catholique -, le brouillard de la rentrée se désépaissit. L’accès en nombre aux toilettes comme à l’administration sera réduit en fonction de l’espace.

Pour limiter toute interaction, les élèves se rendront directement de l’autobus à la classe, sans pouvoir utiliser leur casier. Dans la mesure du possible, les membres du personnel se déplaceront d’une salle de classe à l’autre de façon à ce que les élèves n’aient pas à changer de classe ou restent au sein de leur cohorte.

La mise en place de cohortes vise à limiter l’interaction entre élèves pour réduire la propagation de virus.

Le mobilier non essentiel a aussi été supprimé pour faciliter la distanciation et répondre aux recommandations de santé publique. La plupart des conseils scolaires ont pris les mêmes mesures.

Deux mètres de distanciation sont requis entre élèves dans les corridors et les administrations sont limitées en nombre de visiteurs. Crédit image : Rudy Chabannes

« Je ne peux pas vous garantir à 100 %, au moment où on se parle, que dans toutes les classes on respecte la question du mètre, mais avec les bonnes pratiques d’hygiène, nous sommes conscients qu’on peut accueillir les élèves et membres du personnel en sécurité », affirme M. Blais qui attribue l’anxiété des enseignants – dont le syndicat recourt à la justice – à une forme d’incertitude. « Une fois que les équipes-école vont développer des plans, ils vont être beaucoup plus confiants. »

Dans le salon du personnel, le frigidaire et le micro-onde sont entravés de rouleau adhésif. Les enseignants devront apporter leurs propres ustensiles et se passer de chauffer ou refroidir leurs repas. Pour les élèves, l’heure du repas s’annonce tout aussi délicate. Les cafétérias seront fermées.

Les élèves de l’élémentaire devront manger dans leur salle de classe. Autorisés à sortir dans la communauté pour manger, les élèves du secondaire devront garder en tête la consigne de distanciation, à tout moment.

Encore des postes d’enseignant à combler

À MonAvenir, comme dans la plupart des conseils scolaires de langue française, la pénurie d’enseignants reste un défi en Ontario, à quelques jours seulement de la rentrée et alors qu’une cinquantaine d’enseignants ont fait valoir leur droit à ne pas retourner en classe physique.

Au-delà du recrutement, la stratégie est de pourvoir les postes vacants par du personnel qui n’avait pas un contact à 100 % avec les élèves.

« On fait des entrevues tous les jours, par journée pleine, pour s’assurer que tout le personnel sera en place », dit M. Blais qui n’écarte pas des regroupements de classes.

L’ensemble des enseignants a été sensibilisé à la procédure à suivre en cas d’éclosion, selon les conseils scolaires.

« Si jamais, il y a une éclosion, notre responsabilité première est d’aviser le bureau de santé régional », explique André Blais. « Ce sont eux qui vont nous guider dans les étapes suivantes. »

Si un enfant tombe malade en classe, l’enseignant doit avertir sa direction qui organisera son départ et désignera une zone où il sera placé en isolement jusqu’à l’arrivée du parent.

Les élèves se rendront directement de l’autobus à la salle de classe sans passer par leur casier. Crédit image : Rudy Chabannes

Les pratiques sanitaires essentielles

  • Vérifier que son enfant ne présente pas de symptôme lié à la COVID-19
  • Éviter de toucher son visage et éternuer dans sa manche
  • Port du masque et de la visière obligatoire pour le personnel scolaire
  • Port du masque obligatoire pour les élèves de la 4e à la 12e année
  • Se laver ou se désinfecter les mains régulièrement
  • Apporter sa propre bouteille d’eau étiquetée
  • Respecter une distance de deux mètres à l’intérieur de l’établissement
  • Pas de regroupement de parents devant les zones d’entrée
  • Pas de regroupements d’élèves à l’intérieur

Vous aimez ? Faites-le nous savoir !
1+