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Le franco-ontarien Pierre Simpson à l’affiche de la série Le village de Three Pines

Temps de lecture : 4 minutes

L’acteur franco-ontarien Pierre Simpson ne s’attendait aucunement à décrocher un rôle qui le ferait jouer aux côtés d’Alfred Molina. Celui qui interprète Gabri dans la nouvelle série mystérieuse Le village de Three Pines, disponible sur Prime à partir du 2 décembre, s’ouvre sur son expérience.

C’est grâce à son agence que l’acteur originaire de Welland a entendu parler des auditions pour Le village de Three Pines. « Le fait que l’émission était bilingue et qu’ils cherchaient des francophones entre autres pour le rôle de Gabri, dans une série qui est anglophone, m’a encouragé à auditionner », explique celui qui foule depuis plusieurs années les planches et les écrans en Ontario français.

Suite à son audition, puis un rappel, l’acteur bilingue se trouvait un mois plus tard dans le petit village québécois de St-Armand pour tourner la première saison de la série aux côtés d’Alfred Molina, alias Armand Gamache.

« Je capotais », révèle-t-il. Celui qui affectionne les émissions de jeunesse canadienne, affirme avoir été surpris du processus pour recevoir le rôle du chef cuisinier Gabri Dubeau, qui dans la série vient brouiller les cartes quant à un meurtre.

« C’est quand même les producteurs de Crown, donc ce sont des négociations élaborées, des contrats sur trois ans », remarque celui dont l’expérience s’est surtout faite en Ontario et au Québec.

« Dans ma tête, même au rappel, je me suis dit : “Avec le budget, la production, la renommée de la série, c’est clair qu’ils vont aller chercher des vedettes du Québec pour jouer ces rôles-là !” », croyait l’acteur franco-ontarien.

M. Simpson souligne aussi l’écart entre ses attributs physiques et celui de la description de son personnage, directement tiré des romans policiers de Louise Penny dont la série est inspirée. 

« Ça n’avait pas de sens parce que dans les romans, Gabri est plus rond, l’air bon vivant […] », remarque-t-il. 

Max Leferriere (Mike Blake), Julian Bailey (Peter Morrow), Anna Tierney (Clara Morrow) et Pierre Simpson. Crédit image : Céleste Dubé

En réalité, la série s’en inspire de façon générale « mais prend aussi des libertés », continue-t-il en donnant comme autre exemple la trame autochtone qui suit les épisodes et qui est absente dans les écrits de l’auteure torontoise.

L’acteur affirme s’être senti suivi par le syndrome de l’imposteur tout au long du tournage : « Je me disais : “Ils se sont trompés. Je ne sais pas ce que je fais. Ça marchera pas. Les books clubs à travers le Canada et le monde vont se dire que ce n’est pas comme ça que le personnage est écrit !” », continue-t-il.

Pierre Simpson a utilisé sa nervosité pour l’appliquer en method acting, lors de sa première scène du tournage. Rien de moins qu’un interrogatoire entre lui et l’acteur britannique Alfred Molina, connu pour ses rôles dans Spider Man (2004-2021), Indiana Jones (1981) et Frida (2002). 

« Il utilisait plein de petites techniques pour me mettre mal à l’aise. À un moment, le réalisateur a chuchoté quelque chose à l’oreille d’Alfred. On a repris la scène d’interrogatoire puis, tout à coup, “WHAM !” sur la table, puis il se lève, alors que ce n’était pas dans la mise en place initiale ! », raconte M. Simpson.

La nature intimidante du personnage d’Armand Ganache ne s’applique pas chez l’acteur, d’après lui. « Albert est super accueillant. Un rôle principal peut facilement établir ou ruiner l’ambiance de plateau, puis lui est resté détendu, accueillant, super fin ! », confirme-t-il.

Place au français

S’il y a bien un aspect qui a rendu M. Simpson en confiance, c’était le contexte langagier entourant Le village de Three Pines. La série anglophone, qui s’ancre dans un petit village typiquement francophone, n’a pas omis de rester relativement fidèle à cette réalité.

Ce dernier se réjouit à l’idée d’avoir interprété quelques-unes de ses scènes en français. « Celles entre Olivier (Frédéric-Antoine Guimond) et moi le sont. C’est logique, vu qu’on est un couple. Quand on est dans un plus grand groupe avec tout le monde, on transitionne vers l’anglais », donne-t-il pour exemple.

« Les séries sont de plus en plus authentiques au niveau du casting et c’est pourquoi je pense qu’ils ont laissé des scènes en français », croit-il.

Pierre Simpson est originaire de Welland. Crédit image : Pierre Gautreau 

C’est d’ailleurs dans la langue de Molière que l’acteur se sent le plus à l’aise de jouer, malgré l’insécurité linguistique qu’il confirme comme l’ayant longtemps suivie, notamment depuis son arrivée à l’Université d’Ottawa en 1998.

« Je me ramasse avec un accent français en anglais et vice-versa. Je me suis déjà fait refuser des rôles en raison de ces accents-là. Je dois toujours me rebaigner dans la langue. »

C’est malgré tout en français que l’acteur, qui alterne entre le théâtre et la télé/cinéma, préfère jouer. « Comme j’ai d’abord commencé par faire du théâtre en français, c’est sûr que je suis plus à l’aise là-dedans », remarque-t-il

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