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L’AEFO aura 90 piquets de grève ce jeudi

Temps de lecture : 4 minutes

Plus que trois jours avant la grande journée de débrayage prévue ce jeudi. Pour l’occasion, les membres de l’Association des enseignantes et des enseignants franco-ontariens (AEFO) se déploieront sur 90 piquets de grève à travers toute la province.

Au total, il y aura 42 sites dans le Nord de l’Ontario, 24 pour le Centre-Sud-Ouest, et 24 pour l’Est de l’Ontario.

La liste a été publiée sur le site web du syndicat représentant les 12 000 enseignants francophones, ce lundi.

« Le piquetage est la responsabilité de chaque membre pendant le débrayage. Chaque membre doit effectuer cette tâche fidèlement, en respectant l’heure et l’endroit qui lui ont été assignés », a par ailleurs écrit l’AEFO dans une liste de différentes consignes données pour la bonne tenue de l’événement.

Les enseignants pourront se rendre sur les lieux indiqués de 8h à 14h, à raison de trois heures selon l’école à laquelle ils appartiennent.

Dans la grande région de Toronto, l’un des piquets de grève sera directement devant le bureau du premier ministre Doug Ford au 823, chemin Albion à Etobicoke. Les manifestants se donneront aussi rendez-vous à King City devant le local du ministre de l’Éducation, Stephen Lecce.

À Ottawa, il y aura six piquets de grèves dont l’un devant le bureau de la députée progressiste-conservatrice de Nepean, Lisa MacLeod.

Archives ONFR+

La liste de ces 90 piquets de grève fait suite à l’annonce vendredi dernier d’une journée de débrayage pour le 13 février. L’AEFO considère qu’il s’agit de la phase 3 dans ses moyens de pression contre le gouvernement de Doug Ford.

Cette phase 3, selon le syndicat, aura pour mission « de faire comprendre au gouvernement et aux conseils scolaires que nous ne pouvons pas nous regarder dans le blanc des yeux indéfiniment ».

Il s’agit de la première journée de débrayage depuis plus de 20 ans pour l’AEFO.

La semaine dernière, le dernier round de négociations entre le syndicat, et à la fois le gouvernement et les conseils scolaires de langue française, n’avait pas pu déboucher sur une entente.

Les conventions collectives sont échues dans les quatre syndicats enseignants de l’Ontario depuis le 31 août.

Lecce invite les syndicats « à collaborer de bonne foi »

À quelques jours du retour à Queen’s Park des députés, M. Lecce continue de mettre la balle dans le camp des enseignants.

Vendredi, le ministre de l’Éducation a de nouveau appelé les membres de l’AEFO et ceux de la Fédération des enseignants des écoles secondaires de l’Ontario (FEÉSO), à davantage de modération.

« Les syndicats d’enseignants continuent d’utiliser des moyens de pression et cela dure depuis trop longtemps. Les élèves de toute la province subissent les conséquences du retrait de certains services et de la diminution de leur temps d’apprentissage (…) J’invite les leaders syndicaux à continuer de collaborer avec nous de bonne foi ainsi qu’à mettre un terme à ces grèves et à faire tous les efforts possibles pour conclure une entente qui veille à ce que nos élèves restent en classe, comme il se doit. »

Le ministre de l’Éducation Stephen Lecce. Archives ONFR+

C’est aussi ce jeudi que la FEÉSO enclenchera un nouveau débrayage, avec une journée de retrait complet de ses services dans certains établissements, le principe en somme d’une grève tournante.

« C’est une approche de nature à faire prendre conscience des enjeux tout en perturbant le moins possible l’apprentissage », confiait récemment son président, Harvey Bischof, par voie de communiqué.

L’ensemble des membres de la FEEO débrayent ce mardi

La Fédération des enseignantes et des enseignants de l’élémentaire de l’Ontario (FEEO) poursuit également ses grèves.

Ce lundi, ce sont les conseils scolaires d’Avon Maitland, Durham, Durham Catholic, Hastings-Prince Edward, Lambton Kent, Peel, Rainbow, Thames Valley, Upper Grand et Campbell Children qui ont débrayé.

Toutefois, l’ensemble des 83 000 éducateurs de la FEEO sera à nouveau sur les lignes de piquetage le 11 février.

« Des négociations équitables doivent inclure un financement approprié pour l’éducation spéciale, une stratégie pour lutter contre la violence en classe, le maintien de notre programme de maternelle reconnu au niveau international et des pratiques d’embauche équitables », a déclaré le président du syndicat, Sam Hammond.

C’est aussi aujourd’hui que s’intensifie la grève du zèle des 45 000 membres de l’Association des enseignantes et des enseignants catholiques anglo-ontariens (OECTA).

« Au cours d’une journée d’enseignement de 300 minutes, tous les membres de l’OECTA ne feront que leurs tâches d’enseignement et de supervision prévues et n’accepteront ni ne participeront à aucun ajout ou modification de leur emploi du temps, à l’exception des assemblées ou des liturgies pendant leur temps d’enseignement habituel », note un communiqué de presse du syndicat.

Entre autres, le communiqué explique que les enseignants n’accepteront pas d’élèves dispersés de la classe d’un enseignant absent, et n’accepteront aucune délégation de pouvoir en l’absence d’un directeur ou d’un directeur adjoint.

Article écrit avec la collaboration de Rudy Chabannes et Didier Pilon

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