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L’AFO n’a rien obtenu de sa rencontre avec Doug Ford

Le président de l'Assemblée de la francophonie de l'Ontario, Carol Jolin, en conférence de presse, jeudi 29 novembre. Crédit image: Sébastien Pierroz

OTTAWA – La rencontre entre l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Doug Ford et Caroline Mulroney, ce matin, n’a rien donné. Ce sont les conclusions de l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens, présentées ce jeudi après-midi, lors d’une nouvelle conférence de presse de dernière minute.

SÉBASTIEN PIERROZ
spierroz@tfo.org | @sebpierroz

«La rencontre a été cordiale, mais il n’y a rien qui a été réglé. J’espère qu’on pourra avoir d’autres discussions sur ces dossiers-là. Mais aujourd’hui, ça n’a pas abouti», a lancé, ce jeudi, déçu, le président de l’AFO, Carol Jolin, d’abord sur les médias sociaux, quelques minutes avec la conférence de presse.

L’AFO espérait obtenir davantage de cette rencontre, à Toronto, avec le premier ministre Doug Ford et la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney. En conférence de presse, le président de l’AFO a précisé davantage le déroulement de la rencontre.

«Nous avions l’esprit ouvert et, je dois avouer, un peu d’espoir. Mais M. Ford a campé sur ses positions. Il ne veut pas rétablir le Commissariat aux services en français et nous a dit que le projet de l’Université de l’Ontario français ne pourra pas voir le jour tant que les finances de la province ne seront pas rétablies. C’est inacceptable! Promesse faite, promesse non tenue!», a-t-il dénoncé, ironisant sur le slogan du gouvernement.

L’AFO espérait infléchir la position du gouvernement sur l’Université de l’Ontario français et sur le rôle du commissaire aux services en français, François Boileau. Après avoir annoncé la disparition de ce poste lors de l’énoncé économique du 15 novembre, le gouvernement de l’Ontario avait envoyé un petit signe d’ouverture, vendredi dernier, en annonçant le maintien d’un poste de commissaire aux services en français, dépendant du bureau de l’ombudsman, Paul Dubé. Une proposition qui n’avait pas satisfait l’AFO.

 

Ford apparement pas ouvert pour un financement fédéral

La rencontre d’une vingtaine de minutes a rapidement tourné court, a reconnu M. Jolin, pour se solder par un statu quo, malgré les arguments de l’AFO. L’organisme a notamment rappelé au gouvernement provincial l’ouverture du fédéral à participer au financement de l’université franco-ontarienne.

«Ils avaient l’air surpris de savoir que le gouvernement fédéral a déjà financé par le passé des institutions postsecondaires, mais rapidement, le premier ministre a répété que tant que les finances de la province ne vont pas mieux, le projet ne pourra pas voir le jour.»

Une référence directe en financement fédéral pour appuyer la création de la Cité collégiale à Ottawa en 1990, à hauteur de 50 millions dollars. Le gouvernement fédéral avait récidivé en 1995 avec la création du Collège Boréal à Sudbury pour 30 millions dollars, selon des données du Regroupement étudiant franco-ontarien (RÉFO).

 

Appel à la Résistance maintenu

Le président de l’AFO, Carol Jolin, appelle donc toujours les francophones à manifester en grand nombre ce samedi.

«On va de l’avant avec les manifestations du 1er décembre, comme prévu. Nous sommes, nous serons!», a conclu le président.

Des rassemblements auront lieu samedi un peu partout aux quatre coins de la province et à l’extérieur de l’Ontario. Des milliers de participants sont attendus. Pour le moment, 5 500 personnes personnes sont inscrites pour les différentes manifestations, a précisé l’AFO, dont 3 000 pour se rendre devant le Monument pour les droits de la personne à Ottawa.

Et après les manifestations, quelle tournure prendra la Résistance? «D’autres actions sont prévues après, il va y avoir des manifestations régulières pour continuer à mettre la pression sur le gouvernement. Nous avons des appuis partout au Canada et à l’international.»

 

Article écrit en collaboration avec Benjamin Vachet


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Sébastien Pierroz
Sébastien Pierroz
spierroz@tfo.org @sebpierroz

Natif d’Annecy dans les Alpes françaises, Sébastien Pierroz obtient une maîtrise d’histoire de l’Université Paris Panthéon-Sorbonne en 2007. Après avoir travaillé pour Le Reflet dans l’Est ontarien, puis L’Express d’Ottawa, Sébastien rejoint l’équipe d’#ONfr au Groupe Média TFO en janvier 2015.