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Le candidat NPD Guy Bourgouin pour le bilinguisme officiel de l’Ontario

Guy Bourgouin, candidat néo-démocrate. Capture écran

KAPUSKASING – Le mercredi 16 mai, les trois candidats de la nouvelle circonscription à majorité francophone, Mushkegowuk—Baie James, se sont réunis pour un débat en français. Animée par Étienne Fortin-Gauthier d’#ONfr, la soirée a donné place à divers échanges sur l’économie, le transport et les services de santé. Toutefois, c’est le candidat néo-démocrate, Guy Bourgouin, qui a su surprendre en promettant de se battre pour une province officiellement bilingue.

DIDIER PILON
dpilon@tfo.org | @DidierPilonONFR

«Est-ce que votre parti a des projets pour faire de l’Ontario une province officiellement bilingue?» La question provenait de Nicholas Lebel, représentant du Nord pour la Fédération de la jeunesse franco-ontarienne (FESFO) et téléspectateur du débat en direct sur Facebook.

Le candidat progressite-conservateur, André Robichaud, le premier à répondre, a suggéré qu’il faut consolider les acquis plutôt qu’innover. «Il y a des gens qui se sont battus pendant des années pour avoir les services en français qu’on a actuellement. On a une loi sur les services en français, il faut la respecter.»

À la surprise des téléspectateurs, M. Bourgouin a immédiatement acquiescé. «Sous le NPD, on va se battre fort pour que l’Ontario devienne une province officiellement bilingue», a-t-il lancé. Cette promesse ne se retrouve pourtant pas dans la plateforme néo-démocrate et la chef, Andrea Horwath, ne s’est pas prononcée sur la question.

Gaëtan Baillargeon, candidat libéral de la circonscription, a été plus modéré: «Je pense qu’on travaille déjà fort pour rendre la province plus bilingue», a déclaré le candidat libéral, en référence à une résolution adoptée en 2001, qui a fait du drapeau franco-ontarien le 8e emblème officiel de la province.

 

Northlander c. Ontario Northland

La restitution du train de passagers Northlander, qui a fait son dernier voyage en 2012, était aussi un point de contention. Alors que les néo-démocrates et les progressistes-conservateurs sont en faveur, les libéraux préfèrent investir dans le système d’autobus Ontario Northland.

«Le NPD établira une stratégie ferroviaire dans le Nord avec 25 millions de dollars pour restituer le train de passagers Northlander et appuyer le Huron Central et l’Algoma Central», a déclaré  M. Bourgouin.

Toutefois, le candidat libéral n’était pas convaincu. «Le Northlander, c’est quelque chose que tout le monde a aimé, mais ça ne va pas partout», a souligné M. Baillargeon. «C’est sur un chemin de fer, donc ça va dans une direction et nulle part d’autre. Le système d’autobus Ontario Northland touche à beaucoup plus de communautés.»

Pour le candidat progressiste-conservateur, l’investissement serait une question d’équité. «Toronto a Métrolinx», a-t-il noté, «nous voulons le Northlander.»

Cette prise de position est en contraste avec celle du néo-démocrate, pour qui ce serait plutôt une question de nécessité. «Nous sommes isolés et pour bien des gens, c’est le seul moyen de transport qu’ils ont. Ce n’est pas tout le monde qui a une automobile et il y a des personnes âgées qui ont besoin de ce système pour aller voir leurs spécialistes dans les hôpitaux du Sud.»

 

Entre environnement et économie

Les candidats ont eu la chance de se prononcer à deux occasions sur la question de l’environnement. La première occasion est survenue lors d’une discussion sur l’économie.

Alors que M. Bourgouin se désolait de la fermeture des neufs usines dans le Nord Ontarien – fermetures qu’il attribue à une décision de David Ramsay, ministre des Richesses naturelles de 2003 à 2007 – M. Baillargeon a répondu: «Je pense que les environnementalistes du NPD en auraient fermé pas mal plus de moulins.»

Il s’en suit une compétition à savoir lequel des candidats serait le plus anti-environnementaliste. «Les environnementalistes se sont infiltrés dans le Parti NPD, mais aussi dans le Parti libéral», a rétorqué M. Robichaud.

M. Bourgouin s’est défendu. «S’il y a quelqu’un qui est contre les environnementalistes, qui s’est battu contre les environnementalistes, qui s’est battu pour l’industrie forestière … il est assis en avant, ici, et il représente les néo-démocrates.»

André Robichaud, candidat progressiste-conservateur. Capture écran #ONfr

Toutefois, lorsqu’un téléspectateur a demandé ce que les différents partis planifient quant à l’environnement, le terme «environnementalistes» n’avait plus la même connotation.

«Je pense qu’il y a un équilibre entre l’environnement et l’économie », a déclaré M. Robichaud. «Si l’on regarde les projets d’énergie renouvelable, l’énergie solaire, les éoliennes … ce sont tous des projets qui ont coûté trop d’argent.»

«Dans le Nord de l’Ontario, on a un rôle à jouer en matière de changements climatiques. Regarde la forêt boréale. Ces arbres captent tellement de carbone. … C’est nous qui sommes les environnementalistes!»

M. Bourgouin abonde dans le même sens. «Le Nord de l’Ontario et les gens qui travaillent dans la forêt, nous sommes les plus grands environnementalistes», a-t-il déclaré. «On se fait passer pour des gens qui détruisent la forêt. Au contraire! La forêt ontarienne est la plus certifiée au monde. L’environnementalisme, on l’a dans le sang.»

 

 

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Didier Pilon
dpilon@tfo.org

Originaire de Rockland, Didier Pilon baigne depuis longtemps dans la vie culturelle et communautaire de l’Ontario français. Il est diplômé d’une maîtrise en philosophie politique de l’Université d’Ottawa, où il s’est initié au journalisme au journal indépendant La Rotonde. Il a aussi collaboré avec de nombreux journaux et blogues culturels avant de se joindre à l'équipe d'#ONfr en 2017 pour poursuivre sa passion, l’actualité politique.