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Le déficit de l’Ontario devrait atteindre 38,5 $ milliards

Temps de lecture : 4 minutes

TORONTO —Le déficit projeté par le gouvernement de l’Ontario devrait atteindre 38,5 milliards de dollars pour 2020-2021, une hausse de 87 % par rapport à ce qui était prévu, en mars. Les dépenses pour lutter contre la COVID-19 passent, de leur côté, de 17 à 30 milliards de dollars.

Ces chiffres, pour le trimestre de 2020-2021, devraient entraîner une baisse de 6,6 % du PIB de la province, ainsi qu’une chute des revenus de 156,7 à 150,3 milliards de dollars. Les revenus des taxes ont aussi baissé de 10,8 milliards, dont près de la moitié en provenance de la taxation des entreprises.

« On est en récession, aujourd’hui, en Ontario, et partout au Canada… Chaque récession est différente, dans certains cas, on a vu que ça a pris 24 mois à revenir aux chiffres précédents, tandis que d’autres ont pris 88 mois. Ça va énormément dépendre de la situation sanitaire, car la crise économique est liée à la bataille contre la COVID-19 », a affirmé, ce mercredi, en conférence de presse, le ministre des Finances, Rod Phillips.

Baisse des revenus, hausse des dépenses

Pour expliquer cette situation, la province enregistre une baisse de ses revenus combinée à une hausse des dépenses.

Le gouvernement prévoit investir 18,7 milliards de dollars dans les secteurs de la santé, de l’emploi et pour les particuliers.

Certains revenus ont baissé en raison du manque d’argent en provenance du fédéral, explique la province. Cette contribution devrait toutefois augmenter avec le nouvel accord conclu récemment entre les provinces et Ottawa qui permettra à l’Ontario de toucher 6,2 milliards de dollars.

Le ministre Phillips a aussi annoncé ajouter 9,6 milliards de dollars en réserve, pour faire face à une possible seconde vague de coronavirus.

« On a appris de la dernière fois », a lancé le ministre des Finances. « Je crois qu’on a beaucoup appris et que les entreprises aussi. J’espère qu’on n’aura pas à voir un autre confinement. On le voit aux États-Unis en ce moment, ça nuit énormément aux petites communautés et aux entreprises et cela nuit aux emplois et aux gens. »

Le Parti progressiste-conservateur avait fait de la réduction de la dette l’une de ses priorités durant le premier mandat, mais le ministre Phillips indique que la situation actuelle ne laisse aucune autre issue.

« C’est une crise qui survient à des temps inédits partout à travers le monde… On a toujours dit qu’on serait prudent quand on parlerait de la santé des Ontariens, mais c’est aussi la meilleure approche au niveau économique. Et quand on regarde à travers le monde, ça semble être la bonne approche », a indiqué M. Phillips.

Même son de cloche du côté du premier ministre, Doug Ford, qui s’attendait à un tel chiffre.

« Je n’étais pas surpris, car j’ai fait partie du processus. J’ai promis aux Ontariens que je n’allais pas épargner un seul dollar dans le but de remettre l’économie et tout le monde sur leurs pieds. En ce moment, il y a tellement de gens qui sont durement touchés par l’économie. Nos petites entreprises sont en grande difficulté, comme je ne l’ai jamais vu auparavant », a-t-il affirmé.

La dette nette au niveau du PIB provincial se chiffre, de son côté, à 47,1 %.

De l’argent mal investi pour l’opposition

Cette annonce n’a rien changé, selon l’opposition, qui juge que le gouvernement n’a pas assez investi dans le système d’éducation, notamment pour les jeunes enfants autistes, ainsi que pour les aînés, le système de santé et les services sociaux.

« Si on était en charge aujourd’hui, ça serait des choses que l’on prioriserait. J’invite Doug Ford et Rod Phillips à prestement retourner à la table pour remettre les priorités des Ontariens à la bonne place », a lancé Sandy Shaw, porte-parole aux Finances pour le Nouveau Parti démocratique (NPD).

Elle n’a toutefois pas précisé comment l’argent aurait dû avoir été dépensé et si ces dépenses, avec le NPD en poste, auraient engendré un déficit plus important que celui de 38,5 milliards de dollars évoqué aujourd’hui.

« Mon inquiétude est qu’on peut parler de déficit, mais je pense que les gens se soucient vraiment du bien-être de leur famille et de ce qu’on va faire pour s’assurer que personne ne sera laissé de côté quand l’économie va reprendre », a indiqué Mme Shaw.

Ford annonce une entente avec les municipalités

Plus tard en après-midi, Doug Ford a annoncé avoir conclu une entente avec les 444 municipalités ontariennes pour la distribution de 1,6 milliard de dollars. Cet argent est tiré directement d’une aide aux villes de quatre milliards de dollars qu’avait annoncé le gouvernement il y a quelques semaines.

L’annonce de mercredi n’est qu’une première phase dans l’aide monétaire qui sera envoyée aux villes. Sur ce 1,6 milliard de dollars, 695 millions sont destinés à réduire la pression sur les services municipaux créés par la COVID-10 et 660 millions serviront à soutenir les systèmes de transport en commun.

« En écoutant nos municipalités, il était devenu évident qu’une aide au transport en commun était un besoin critique pour chaque ville », a expliqué le chef conservateur.

Ford s’impatiente avec les syndicats d’enseignants

Le premier ministre a profité de son point presse pour montrer son impatience face aux syndicats d’enseignement qui se sont récemment plaints du plan de retour en classe de la province.

« Si l’on peut tous travailler ensemble à travers le pays, pourquoi on ne peut pas travailler avec les syndicats d’enseignants ? Je veux travailler avec vous », leur a-t-il adressé.

Le premier ministre explique qu’il comprend mal l’entêtement des représentants des professeurs, car la province possède le « meilleur plan au pays ».

« Il n’y aura pas de changements au plan, mais on regarde toujours des moyens pour l’améliorer », a-t-il ajouté.

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, devrait avoir « bientôt une bonne nouvelle pour les enseignants et les élèves », a aussi indiqué M. Ford sans toutefois donner plus de détails.

Cet article a été mis à jour à 16h05

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