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Le français, importante «langue des affaires», dit Caroline Mulroney

TORONTO – L’Ontario doit miser sur le français et son caractère bilingue pour prospérer au niveau économique, a soutenu la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, à l’occasion du Forum sur le capital humain francophone, qui se déroulait à Toronto, ce mercredi. Des paroles qui portent pour les organisateurs de l’événement, qui espèrent le maintien des fonds pour accompagner les travailleurs francophones et bilingues.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

Le français peut constituer un argument de vente pour l’Ontario, selon la ministre des Affaires francophones. «Nous devons tout faire pour donner à nos employeurs l’avantage concurrentiel qu’ils possèdent. À cet égard, le bilinguisme est un atout important qu’il faut promouvoir davantage», a soutenu Caroline Mulroney devant une quarantaine d’intervenants en emploi et en ressources humaines, qui travaillent de près avec des candidats francophones ou bilingues.

Ses propos rejoignent des arguments souvent entendus de la part d’acteurs franco-ontariens, comme l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO).

Pour appuyer ses propos, elle a même cité des données de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). «Aujourd’hui, on recense dans le monde 300 millions de francophones. D’ici 2050, on estime à 700 millions le nombre de francophones qui seront répartis sur l’ensemble de la planète et en particulier sur le continent africain. Le français va continuer à s’imposer comme langue de culture, mais aussi comme langue des affaires», a indiqué Mme Mulroney, faisant référence à des données de L’Observatoire de la langue française de l’OIF.

La ministre des Affaires francophones de l’Ontario, Caroline Mulroney. Archives #ONfr

Caroline Mulroney n’avait pas d’annonces à faire concernant une meilleure intégration des travailleurs francophones et bilingues sur le marché du travail. Mais elle a promis d’accompagner les employeurs et de «faire avancer leurs intérêts et, par le fait même, la vitalité de nos collectivités à forte concentration francophone».

Car, des défis, il y en a dans l’écosystème de l’emploi. Catherine Chandler-Crichlow, directrice de l’École de commerce Ivey de l’Université Western, affirme que l’arrimage entre les employeurs et les candidats bilingues se fait encore très mal en Ontario.

«Où sont les opportunités pour les talents bilingues? Certains francophones peinent à intégrer le marché de l’emploi. Ils ont des compétences à offrir, mais constatent que les employeurs cherchent d’autres compétences», a-t-elle soutenu lors du Forum. «De dire qu’il y a beaucoup d’emplois de services à la clientèle pour les francophones, ce n’est pas suffisant. De quoi parle-t-on? Parfois, ça concerne des postes en centres d’appels, alors qu’à d’autres moments, ce sont des postes plus complexes ou qui impliquent de voyager et d’établir des relations humaines», ajoute-t-elle.

 

Une inquiétude sur l’avenir des fonds disponibles

L’intégration des immigrants francophones se fait encore difficilement, s’attriste Léonie Tchatat, directrice de La Passerelle-I.D.É. Dans un contexte de coupes budgétaires, elle espère que les programmes francophones en emploi ne vont pas subir le même sort que celui de l’Université de l’Ontario français.

«On entend beaucoup de rumeurs et on dit que ce sera très sévère. Mais le gouvernement veut mettre les Ontariens sur le marché du travail et on dit que les stratégies emploi vont demeurer une priorité», dit-elle. «J’espère la continuation des programmes comme on les fait en ce moment. Il faut continuer à investir dans le capital humain francophone. Nous sommes ouverts à plus de collaborations avec le privé, mais il faut soutenir encore les programmes existants», a renchéri Mme Tchatat.

La fondatrice de la Passerelle-I.D.É., Léonie Tchatat. Crédit image: Archives #ONfr

Caroline Mulroney n’a pas fourni de réponses claires sur les prochaines actions budgétaires du gouvernement. Cependant, son discours a donné quelques pistes sur la réflexion en cours. «Je reconnais et apprécie le dynamisme de la communauté franco-ontarienne et le travail admirable qu’accomplissent certains organismes sur le terrain», a lancé la ministre. En anglais, elle ajoutera que son administration souhaite «mieux cibler les actions».

Elle a indiqué vouloir poursuivre sa tournée des entrepreneurs francophones, sans dire où et quand auront lieu les prochaines rencontres. «Vous n’êtes pas sans savoir qu’en octobre dernier, j’ai entamé une tournée économique dans le Nord et l’Est de la province, j’ai pu sonder des entrepreneurs et des gens d’affaires locaux. Parmi les constats, on trouve la lourdeur administrative, les difficultés liées au recrutement et à la rétention d’une main d’œuvre bilingue et l’accès à des services en français. Ce sont là des problématiques sur lesquelles nous nous penchons comme gouvernement», a simplement soutenu la ministre.

Les travaux parlementaires reprennent le mardi 19 février, ce qui devrait permettre au gouvernement d’exposer davantage ses positions sur la francophonie, notamment à l’occasion de la période de questions quotidienne.

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