#Francophonie, #Ontario

Pas de version française pour la plateforme du NPD

Andrea Horwath, chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l'Ontario. Crédit image : Maxime Delaquis

TORONTO – Ouverture d’une université franco-ontarienne et augmentation des services en français dans le système de santé, voilà les deux seules mesures directement adressées aux francophones dans la plateforme du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, dévoilée le lundi 16 avril, uniquement en anglais. Sans surprise, le NPD choisit de mettre au cœur de son offre électorale la santé et l’éducation accessibles à tous.

JEAN-FRANÇOIS MORISSETTE
jmorissette@tfo.org | @JFMorissette72

Dans sa plateforme, le NPD promet, s’il est porté au pouvoir en juin, d’accueillir la première cohorte d’étudiants à l’université franco-ontarienne.

«Les néo-démocrates ont mené le combat depuis longtemps pour l’établissement d’une université pan-ontarienne afin de permettre aux étudiants d’obtenir un diplôme en français. La communauté a assez attendu», indique-t-on.

En santé, le NPD s’engage à «augmenter l’accès à des services en français», mais rien n’est mentionné noir sur blanc dans le document sur la révision de la Loi sur les services en français (LSF).

La chef du NPD, Andrea Horwath, s’est excusée de n’avoir pas offert une version de sa plateforme aux francophones.

«Des traducteurs travaillent afin de rendre la plateforme disponible en français», a-t-elle assuré.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath. Crédit image: Jean-François Morissette

Pour sa part, France Gélinas, la critique du NPD en matière de francophonie, fait son mea culpa. Selon elle, il est préférable «d’avoir une version française sur laquelle tout le monde s’entend». Elle demande aux électeurs francophones «d’être patients».

«Ça s’en vient très bientôt», a-t-elle martelé au micro d’#ONfr.

L’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) s’est dit déçue que la plateforme ne soit pas immédiatement disponible dans la langue de Champlain.

«Le parti dit qu’elle sera publiée plus tard en français… pourquoi devons-nous attendre?», a lancé l’organisme porte-parole des Franco-Ontariens sur Twitter.

Mme Gélinas a aussi assuré que les néo-démocrates ne prenaient pas les électeurs francophones pour acquis.


«Quand on regarde le nombre de fois où l’on pousse pour des services en français, c’est évident que l’on ne prend personne pour acquis. Les néo-démocrates ne prennent pas les francophones pour acquis.» – France Gélinas


Bien que certaines mesures ne soient pas directement destinées aux francophones, Mme Gélinas a assuré que les services en français seraient disponibles dans les 35 nouveaux centres de santé communautaires promis par le parti, «comme Timmins le réclame depuis plusieurs années», ou dans le nouveau système de garderie que s’engage à créer le NPD. Pour ce qui est de la LSF, Mme Gélinas a indiqué que la loi serait revue dans un premier mandat du NPD.

 

Priorité à la santé et à l’éducation

Plusieurs autres mesures toucheront aussi indirectement les francophones, indique-t-on, comme, par exemple, la mise sur pied d’un système de garderie gratuit pour les familles dont le revenu est de 40 000 $ et moins par année et l’instauration d’un coût moyen de 12 $ par jour pour les autres foyers. Cette mesure est évaluée à 1,14 milliard de dollars pour 2019-2020. Le coût grimpera ensuite à 2,8 milliards de dollars l’année suivante, puis à 3,2 milliards de dollars pour l’année fiscale 2020-2021.

Comme il l’avait déjà annoncé, le NPD s’engage aussi à mettre sur pied un programme d’assurance-médicaments et d’assurance dentaire. Ces deux mesures, qui doivent entrer en vigueur en 2019, sont évaluées à 1,15 milliard de dollars pour la première année et devront augmenter les années suivantes.


«Notre plan est une option de changement pour le mieux.» – Andrea Horwath


Toujours en santé, le NPD promet d’augmenter le budget annuel des hôpitaux de 5,3 %, ce qui équivaut à un investissement provincial de 916 millions de dollars pour la première année. Par ailleurs, le parti néo-démocrate annonce qu’il créera 2 000 nouveaux lits et s’engage à ne pas couper de postes d’intervenants de première ligne s’il est porté au pouvoir en juin. La formation dirigée par Andrea Horwath s’engage également à créer un ministère de la Santé mentale et des dépendances afin de consolider les services offerts actuellement par 11 ministères.

Andrea Horwath lors du dévoilement du programme électoral du NPD de l’Ontario, le 16 avril. Crédit image: Jean-François Morissette

Du côté des foyers de soins de longue durée, le NPD s’engage à créer 40 000 nouvelles places, dont 15 000 lits d’ici les cinq prochaines années, ce qui devrait coûter 164 millions de dollars en 2018-2019.

En éducation, le NPD souhaite investir 16 milliards de dollars afin d’améliorer les infrastructures scolaires au cours des prochaines années. La formation d’Andrea Horwath annonce également qu’elle limitera les classes à 26 élèves pour donner un coup de pouce aux enseignants de la province.

Le NPD promet aussi de transformer les dettes étudiantes en prêts non remboursables, ce qui devrait coûter aux contribuables 449 millions de dollars dès la première année d’un mandat néo-démocrate.

 

Un déficit estimé à 3,3 milliards $

Toutes ces annonces ne seront pas gratuites. Dès sa première année au pouvoir, le NPD prévoit un déficit de 3,3 milliards de dollars. Celui-ci grimpera ensuite à 4 milliards de dollars pour la seconde année au pouvoir, puis à 5 milliards de dollars l’année suivante.

Afin de limiter les déficits, le NPD compte cependant augmenter les taxes des grandes entreprises et des familles dont le revenu annuel est supérieur à 220 000 $. Une taxe sur les voitures de plus de 90 000 dollars sera également ajoutée.

En point de presse, Mme Horwath a défendu son programme électoral en indiquant qu’il était «plus responsable» que celui de Doug Ford, le chef du Parti progressiste-conservateur (Parti PC) de l’Ontario.  Elle a ajouté que le NPD s’engageait à «aider» les Ontariens avec des mesures concrètes.

La chef du Nouveau Parti démocratique (NPD) de l’Ontario, Andrea Horwath. Crédit image: Jean-François Morissette

Mme Horwath ne s’inquiète pas de voir des investisseurs «quitter» l’Ontario si les taxes augmentent.

«Nous n’avons pas peur de demander à ceux et celles qui gagnent plus de payer plus», a-t-elle assuré, tout en ajoutant que c’était «la chose logique à faire».

Le plan de rachat des parts d’Hydro One n’a pas été chiffré. Selon la formation politique, les dividendes que le gouvernement reçoit encore avec Hydro One permettront de payer pour cette option.

 


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Jean-François Morissette
Jean-François Morissette
jmorissette@tfo.org @jfmorissette72

Jean-François Morissette est un diplômé des programmes de sciences politiques et de journalisme de l’Université Laval, à Québec. Il a évolué au sein de plusieurs médias, dont le journal provincial L’Étoile, qui couvre les dossiers de la communauté francophone du Nouveau-Brunswick. Il a aussi collaboré avec Le Journal de Québec et la Quête. Il couvre le parlement ontarien pour #ONfr.