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Le NPD tente de convertir les progressistes-conservateurs

[ONVote2018]

TORONTO – Pour espérer remporter la victoire, le Nouveau Parti démocratique (NPD) doit absolument aller gruger des appuis dans la couronne de Toronto et ailleurs dans la province où les courses s’annoncent serrées. La chef du NPD tente de séduire les progressistes-conservateurs modérés, mais le Parti progressiste-conservateur (Parti PC) ressort les fantômes du passé pour tuer ses ambitions.

ÉTIENNE FORTIN-GAUTHIER
efgauthier@tfo.org | @etiennefg

«Je vais vous raconter l’histoire de cette famille qui nous a dit s’être assise sérieusement à la cuisine, jeudi pour, pour réfléchir à son vote. Ils votent habituellement conservateur», a débuté Andrea Horwath, devant des centaines de partisans rassemblés à Toronto. «Ce couple a regardé combien il allait devoir payer si Doug Ford prend le pouvoir. Ils se sont dits qu’ils ne pouvaient pas se permettre de voter pour lui. Comme pour ce couple, la question que vous devez-vous poser est: pourquoi élire quelqu’un sur lequel on ne peut pas compter?», a-t-elle poursuivi.

Andrea Horwath peine à franchir le cap nécessaire pour lui permettre d’espérer une victoire, jeudi soir. Dans plusieurs circonscriptions, il lui manque quelques points de pourcentage pour obtenir des gains face aux progressistes-conservateurs. C’est le cas dans toute la couronne autour de Toronto, le fameux «905».

Elle répète donc inlassablement que les familles payeront moins avec qu’elle qu’avec Doug Ford, que les soins s’amélioreront et que les écoles seront rénovées, tentant de séduire suffisamment d’Ontariens indécis ou encore prêts à changer d’idée.

Et dans les rangs néo-démocrates, la sortie-surprise de Kathleen Wynne, qui a admis sa défaite samedi, laisse un goût amer. «On ne sait pas si les gens vont abandonner le navire libéral ou au contraire, ça va en motiver à soutenir leur candidat libéral local, maintenant que Kathleen Wynne n’est plus dans le paysage», lance un proche de la chef néo-démocrate.

Un autre militant néo-démocrate a résumé la situation actuelle pour sa formation politique en affirmant que «la fin de campagne est à la fois excitante et épeurante!».

 

Doug Ford à l’offensive pour garder le terrain

Le Parti progressiste-conservateur estime que les Ontariens feraient une grave erreur s’ils redonnaient leur confiance au NPD, près de 30 ans après l’avoir fait avec Bob Rae. Ils ont ressorti les épouvantails du passé fouillant même dans les archives de journal pour faire passer leur message. Ils ont ainsi diffusé une coupure de journal sur laquelle on voit Andrea Horwath tenir son enfant dans ses bras aux côtés de Bob Rae, il y a près de trois décennies.

«Le dernier gouvernement du NPD était déjà mauvais, le NPD radical d’aujourd’hui en formerait un bien pire!», peut-on lire dans la missive envoyée par le Parti PC.

Photo montrant Bob Rae qui donne la main à l'enfant de Andrea Horwath, qui tient dans ses bras l'enfant.
Andrea Horwath en compagnie de l’ancien chef du NPD, Bob Rae Crédit image: Parti PC

Le Parti PC affirme qu’en 1990 et 1995, il y a eu 125 000 emplois perdus pendant le gouvernement néo-démocrate de Bob Rae. Les impôts ont augmenté, il y avait 1,2 million de citoyens sur l’aide sociale et la dette a doublé, ajoute la formation politique.

«Notre équipe est prête à gouverner. Nous allons lancer une ère de prospérité comme l’Ontario n’en a jamais vue», a affirmé Doug Ford. Le chef du Parti PC martèle que l’équipe néo-démocrate est inexpérimentée et ne pourrait pas mener la province.

 

Wynne poursuit sa campagne malgré tout 

Kathleen Wynne, elle, a poursuivi sa campagne en multipliant les activités, dimanche. Elle s’en est prise au NPD affirmant que les petites entreprises avaient à craindre l’éventualité d’un gouvernement néo-démocrate. Si l’attention se porte moins sur les propositions du Parti libéral, qui de l’aveu même de sa chef ne sera pas au pouvoir, plusieurs médias s’intéressent maintenant à ce qui se passera ensuite chez les rouges.

La chaîne de télévision Global News fait la liste de quelques possibles prétendants au poste de chef du Parti libéral de l’Ontario. On y trouve notamment Yasir Naqvi, Charles Sousa et Mitzie Hunter. Mais cela pourrait aussi bien dépendre de ceux et celles qui seront élus le 7 juin au soir.

Le chef du Parti vert de l’Ontario, Mike Schreiner, continue de son côté sa campagne dans Guelph, où il participe en soirée à un événement public. La formation politique espère pouvoir faire élire son chef, ce qui permettrait au parti d’avoir un premier député à Queen’s Park.

«Ce serait la première fois qu’il y aurait quatre partis représentés à Queen’s Park depuis 1948», souligne le parti dans un communiqué.

Selon plusieurs estimations, la course est encore très serrée dans la circonscription de Guelph.

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Étienne Fortin-Gauthier
Étienne Fortin-Gauthier
efgauthier@tfo.org @etiennefg

Étienne Fortin-Gauthier est journaliste depuis une dizaine d’années. Il a collaboré à plusieurs grands médias canadiens et européens, dont La Presse Canadienne, le quotidien La Presse, l’Agence France-Presse et le groupe de presse L’Avenir (Belgique). Il s’est initié aux dossiers de la francophonie canadienne lors d’un séjour au Réseau francophone d’Amérique, qui travaille de près avec les stations radiophoniques francophones en milieu minoritaire. Étienne est diplômé de l’École des affaires publiques et internationales de Glendon, à Toronto, et du programme bidisciplinaire en communication et science politique de l’Université de Montréal.