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Le transfert du Centre Jules-Léger sera bien en août

Temps de lecture : 3 minutes

OTTAWA – Les débuts de la gouvernance du Centre Jules-Léger par les conseils scolaires francophones se feront bien à partir du 17 août, comme annoncé l’an passé. Auparavant, le transfert du centre pour enfants francophones sourds, aveugles, sourd-aveugles ou ayant un trouble d’apprentissage d’Ottawa avait été reporté à deux reprises.

Un constat qui rassure Jean-François Boulanger, premier directeur de l’Éducation du nouveau Consortium Centre Jules-Léger (CCJL), et entré en fonction en octobre 2018.

« Ma mission est de redorer le blason du Centre Jules-Léger, faire connaître nos services, bâtir la capacité de servir les francophones par rapport à l’enfance en difficulté. »

La loi « omnibus » 177, votée le 14 décembre 2017 à Queen’s Park par le précédent gouvernement libéral comportait entre autres une mention pour la gestion du Centre. Il était alors entendu que le Centre ne dépendrait plus de la Division de l’apprentissage et du curriculum, une division de langue anglaise.

Quel changement au juste ? « Le Centre a maintenant son propre mode de gouvernance, c’est-à-dire que le Consortium agit vraiment comme un 13e conseil scolaire, pleinement autonome, en offrant des services dans les écoles », précise M. Boulanger.

« Nous allons directement répondre maintenant du ministère de l’Éducation. Il n’y a plus d’intermédiaire. Nous allons décider un peu plus comment on va desservir les employés. »

Avoir un budget supérieur 

La mission première de M. Boulanger, une fois la gouvernance effectuée, sera d’aller chercher des fonds supplémentaires.

Le Consortium souhaite toujours décrocher une aide financière conséquente du ministère de l’Éducation. Le budget du Centre de 6,6 millions de dollars annuel obtenu au cours des dernières années n’avait pas été jugé suffisant.

« Il faut répondre aux besoins qui existent partout en province. Le Centre ne se limite pas à la soixantaine d’élèves que nous avons à Ottawa. On dessert au total plus de 450 élèves au sein des 12 conseils scolaires de langue française, à l’aide de consultants. »

LE RESO et l’AFO satisfaits 

Carine Jacques Lafrance, directrice générale du Regroupement des parents et des amis des enfants sourds et malentendants franco-ontariens (RESO), salue cette décision qualifiée « de pas dans la bonne direction ».

« Les francophones ont droit de gérer leurs écoles, et le Centre Jules-Léger était une grande école oubliée depuis la création des conseils scolaires de langue française en 1998 », dit-elle dans un échange de courriels.

La responsable fait même un parallèle avec la victoire du Conseil scolaire francophone (CSF) de la Colombie-Britannique et la Fédération des parents francophones devant la Cour Suprême du Canada il y a trois semaines.

« On espère que la décision du plus haut tribunal est claire et que la province respectera la communauté francophone en situation minoritaire en offrant un financement adéquat au CCJL pour que les services offerts aux enfants et aux familles francophones soient équivalents ou supérieurs. »

Carine Jacques Lafrance, directrice générale du RÉSO. Archives ONFR+

« Ça a été un long processus pour arriver à la survie du Centre », se réjouit de son côté le président de l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO), Carol Jolin.

« Il faut trouver des solutions pour penser en dehors de la boite. Le type de gouvernance n’existe nulle part en Ontario. Il est un centre d’expertise pour permettre le perfectionnement de son personnel, mais aussi au niveau de la recherche. Le Centre va aider l’enfance en difficulté. »

L’édifice du 281 avenue Lanark à Ottawa reste le seul centre à offrir des services spécialisés du genre dans la langue de Molière en Ontario. Depuis son lancement en 1979, plus de 700 élèves l’ont fréquenté.

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