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Lecce garde le cap, les enseignants s’uniront le 21 février

Temps de lecture : 3 minutes

TORONTO – À la veille d’une journée de grève générale dans les écoles francophones de l’Ontario, le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a martelé ses messages habituels et gardé le cap sur ses réformes. Les syndicats annoncent, eux, qu’ils débrayeront ensemble le 21 février, en plus de la grève générale dans les écoles francophones, jeudi.

Alors que la colère grondait dans les rues avoisinant le Château Fairmont, le ministre de l’Éducation de l’Ontario a martelé qu’il ne comptait pas reculer sur ses réformes en éducation.

« Il est temps qu’on ait une entente et que les élèves soient en classe », a-t-il lancé devant des leaders économiques et sociaux du Club canadien de Toronto. Certains représentants des syndicats n’ont pas hésité à lui faire comprendre qu’ils n’étaient pas du même avis, en lui répondant bruyamment.

Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Quelques instants avant le début de son allocution, les quatre syndicats d’enseignants avaient annoncé que le vendredi 21 février, 200 000 enseignants allaient bouder les classes pour manifester. Deux millions d’étudiants seront touchés et devront trouver une alternative à l’école.

« Le fait que j’ai entendu que les syndicats aillent décider de monter la pression d’un cran la semaine prochaine… je crois que c’est irresponsable », a réagi le ministre Lecce.

« Il y a des forces opposées à tout changement », a-t-il dit, soutenant que le milieu de l’éducation devait accepter des modifications afin que les cours reflètent davantage les besoins du milieu du travail.

Crédit image : Étienne Fortin-Gauthier

Les enseignants exigent des augmentations de salaires supérieures à 1 %, seuil maximum imposé par le gouvernement Ford. Les syndicats d’enseignants dénoncent aussi l’accroissement de la taille des classes et l’imposition de cours virtuels pour les élèves du secondaire.

Appel à la mobilisation franco-ontarienne, jeudi

Rémi Sabourin, président de l’Association des enseignantes et enseignants franco-ontariens (AEFO), a écouté la présentation du ministre. Au terme de l’exercice, il s’est présenté à la presse exaspéré.

Il ne cachait pas son désarroi et a invité les Franco-Ontariens à se mobiliser en appui aux enseignants. La situation actuelle se compare en certains points à la crise linguistique de l’automne 2018, à son avis.

En entrevue à ONFR+, il a envoyé un message aux parents. S’il est conscient des conséquences que la grève de jeudi aura sur eux, ils espèrent qu’ils pourront comprendre ce qui est en jeu actuellement.

Si le gouvernement persiste à vouloir imposer ses réformes, le système de l’éducation en payera un prix fort. Puis, les écoles francophones seront moins compétitives face aux écoles anglophones, ce qui pourrait ouvrir la porte à une migration de jeunes francophones vers des écoles de langue anglaise, dit-il.

Horwath met la pression

De passage à Ottawa, mardi, dans le cadre d’une réunion de caucus du Nouveau Parti démocratique (NPD), Andrea Horwath s’est rendue sur les piquets de grève pour venir apporter son soutien aux enseignants. Pour elle, aucun doute, le gouvernement doit reculer s’il veut vraiment que les syndicats retournent à la table des négociations.

« Doug Ford sait ce qu’il doit faire. Il doit changer de ministre de l’Éducation et donner un nouveau mandat à la personne qui le remplacera. Il doit revenir sur les compressions en éducation et écouter ce que disent les parents et les enseignants. Chaque fois que je parle avec eux, ils me le répètent : ils ne veulent ni que la taille des classes augmente ni de cours obligatoires de formation en ligne ni moins d’aide pour les enfants ayant des besoins spéciaux. »

La chef de la principale opposition remet en cause les consultations que le gouvernement dit avoir menées pour bâtir sa réforme.

« Quel parent demanderait plus d’élèves dans les salles de classe alors que les enseignants nous disent que ça nuit à leur apprentissage ? Quel parent demanderait moins d’aide pour les enfants ayant des besoins spéciaux ? Les parents veulent une éducation de qualité pour leurs enfants et pour les prochaines générations, certainement pas qu’on rende les choses plus difficiles. Il faut bâtir sur ce qui fonctionne bien dans notre système, car oui, celui-ci peut être amélioré. »

Elle cite notamment les besoins en infrastructure, accusant les lacunes du précédent gouvernement libéral.

Alors que la grève va affecter plusieurs parents, Mme Horwath se dit convaincue de leur appui aux grévistes.

« Je sais que c’est frustrant et difficile pour eux, mais je suis fière de voir qu’ils comprennent pourquoi le personnel en éducation se bat. Ils savent que c’est pour une éducation de qualité. Il faut ramener les élèves dans les classes et pour y parvenir, M. Ford doit reprendre les choses à zéro. »

Article écrit avec la collaboration de Benjamin Vachet

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