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Drapeau Acadie et franco-ontarien

Les Acadiens craignent le même sort que les Franco-Ontariens en 2018

Temps de lecture : 3 minutes

La situation suite aux récentes décisions du gouvernement progressiste-conservateur au Nouveau-Brunswick est semblable à ce qui s’était passé en 2018 avec les coupures du gouvernement Ford dans la francophonie ontarienne, estime un organisme acadien. Vingt-et-un d’entre eux exigent du premier ministre Blaine Higgs qu’il retire Kris Austin de son comité ad hoc sur la révision de la Loi sur les langues officielles.

Il y a deux semaines, Blaine Higgs avait dit aux journalistes que Kris Austin était l’un des dix membres d’un comité d’élus du gouvernement progressiste-conservateur, dont deux francophones, chargé de réviser la Loi sur les langues officielles.

Kris Austin est l’ex-chef de l’Alliance des gens du Nouveau-Brunswick. Lorsqu’il en était le dirigeant, son parti a adopté plusieurs positions hostiles au bilinguisme dans la seule province officiellement bilingue du pays. Par exemple : la fin de la séparation du réseau de santé anglophone et francophone, l’élimination du Commissariat aux langues officielles, et la réduction des exigences linguistiques dans la fonction publique, en plus de qualifier le bilinguisme officiel de « gaspillage de fonds publics ».

« Ces revendications n’ont aucune place au sein d’un comité ministériel à huis clos établi pour réviser la loi sur les langues officielles, et certainement pas dans la seule province bilingue du Canada », a indiqué dans un communiqué Yvon Godin, président de l’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick (AFMNB).

« C’est certain que c’est malheureusement une situation semblable que nos frères et nos sœurs franco-ontariens ont connue dans le passé » – Alexandre Cédric Doucet

Parmi les 21 organismes de la coalition hostile à la nomination de M. Austin, on peut aussi compter sur l’Association des juristes d’expression française du Nouveau-Brunswick ou encore la Société de L’Acadie du Nouveau-Brunswick (SANB).

« La plus grande chose que l’on peut reprocher à ce gouvernement-là, c’est le manque d’un discours public et d’actions concrètes pour assurer que ce gouvernement croit au bilinguisme officiel et ne veuillent pas enlever des droits à la communauté francophone et acadienne », dénonce en entrevue le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.

Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet.
Le président de la SANB, Alexandre Cédric Doucet. Gracieuseté : SANB

Blaine Higgs avait défendu la présence de son ministre de la Sécurité publique arguant la nécessité d’avoir plusieurs points de vue au sein de ce comité.

« S’il veut que le plus de voix possible soient entendues, qu’il mette cette idée-là à l’Assemblée législative avec tous les partis politiques », soutient le président de l’organisme néo-brunswickois.

Pour le moment, la SANB et les 20 autres organismes francophones disent garder toutes les options sur la table pour d’éventuelles futures actions.

Comme en Ontario

En décembre 2021, les commissaires Yvette Finn et John McLaughlin ont déposé un rapport portant des recommandations sur la révision de la Loi sur les Langues officielles. Blaine Higgs, chargé du dossier des langues officielles dans la province, a promis une réponse d’ici l’automne avec des modifications législatives au printemps.

« On a peur que ce gouvernement s’attaque à nos droits en modifiant la Loi », tranche Alexandre Cédric Doucet.

Ce dernier note d’ailleurs que ce qui se passe actuellement dans la seule province bilingue du Canada ressemble au sort réservé aux Franco-Ontariens en 2018 sous Doug Ford.

« Il semble malheureusement y avoir un parallèle. Le premier ministre a laissé entrevoir la semaine dernière qu’il serait intéressé à abolir ou enlever des pouvoirs au Commissariat aux langues officielles. C’est certain que c’est malheureusement une situation semblable que nos frères et nos sœurs franco-ontariens ont connue dans le passé. »

L'Université de l'Ontario français, au 9 rue Lower Jarvis
L’Université de l’Ontario français, (UOF). Archives ONFR+

En 2018, le gouvernement Ford avait aboli le projet de l’Université de l’Ontario français (UOF) en plus de supprimer le poste de commissaire aux services en français. Ces décisions avaient suscité de la grogne à travers le pays, notamment de Justin Trudeau, et avaient mené quelques mois plus tard à l’intervention du fédéral pour financer le projet de l’UOF. Comme de fait, la semaine dernière, le premier ministre canadien a vivement critiqué cette nomination de Kris Austin.

« Ça n’a aucun sens, de choisir quelqu’un sur une commission pour protéger les langues officielles et le français et qui a démontré tout au long de sa carrière qu’il n’est pas intéressé pantoute à protéger le français, les langues officielles et le bilinguisme au Nouveau-Brunswick », avait reproché M. Trudeau de passage à Oromocto.

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