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Les alertes Amber doivent-elles être bilingues?

Crédit photo: Pixabay

OTTAWA – La diffusion d’un message d’alerte Amber mal traduit, le lundi 14 mai, en Ontario, a suscité deux plaintes auprès du Commissariat aux langues officielles (CLO) du Canada. Une enquête sera menée pour déterminer les obligations linguistiques qui y sont rattachées.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Non contente d’avoir diffusé son premier message d’alerte seulement en anglais, avec un début de version en français impossible à faire défiler, le lundi 14 mai, la Police provinciale de l’Ontario (PPO) a suscité l’ironie de plusieurs Franco-Ontariens après l’envoi, un peu moins de 30 minutes plus tard, d’un message bilingue mal traduit et rempli de fautes. Sur ce message, l’alerte Amber était devenue une «alerte jaune» et la description du véhicule du suspect était bien difficile à comprendre.

Sur l’image, on peut lire le second message envoyé sur les téléphones cellulaires: EMERGENCY ALERT / ALERTE D’URGENCE Amber Alert: [NAME OF THE KID] 8 yrs 3’6 60lbs blk hair. Suspect: [NAME OF THE SUSPECT] 47 yrs, 5’2 130lbs. Veh-silver. Thunder Bay aera /// alerte jaune: [NOM DE L’ENFANT]. Garçon de race blanche de 8 ans, 3’6 pouces, 60 livres, cheveux noirs, qui porte des jeans gris, une chemise à manches longues avec le mot Canada dessus et des bottes de caoutchouc camouflage. La suspecte: [NOM DE LA SUSPECTE], femme blanche de 47 ans, 5’2, 130 livres, cheveux blonds/bruns, portant un pantalon noir et une chemise bleue à carreaux. Le véhicule étant argenté, été vue Canton de Gorham, Thunder Bay
Capture d’écran de la seconde alerte Amber reçue le lundi 14 mai.
Et quand finalement l’enfant a été retrouvé, le message bilingue envoyé signalait: «Alerte Amber annulee. L’Efant a été retrouve».

Sur la capture d'écran, on peut lire: EMERGENCY ALERT/ALERTES D'URGENCE Ontario AMBER Alert has been cancelled. Child located safe. /// Alerte AMBER annulee. L'efant a ete retrouve.
Capture d’écran du message d’annulation de l’alerte Amber.

Ces ratés ne sont pas passés inaperçus et ont valu deux plaintes auprès du CLO. Si la PPO est de juridiction provinciale, le chien de garde des langues officielles souhaite clarifier les obligations pour ce type de messages, car le commissariat indique que celles-ci ne sont pas claires.

 

La PPO prévoit des messages bilingues

En entrevue avec #ONfr, la porte-parole de la PPO, la sergente Carolle Dionne, reconnaît avoir été surprise lorsqu’elle a lu ces messages sur son cellulaire.

«Je me suis posée des questions en recevant ces informations, car il y avait beaucoup d’erreurs. Nous devons revoir la procédure.»

Mme Dionne explique que la PPO prévoit toujours envoyer ce type de messages à destination du public dans les deux langues officielles. Une obligation, confirme le Commissariat aux services en français à #ONfr.

La PPO se donne toutefois une marge de 30 minutes pour envoyer une seconde version en français lors d’une alerte Amber. Une entreprise a été recrutée pour effectuer la traduction dès l’envoi du premier message, dans un délai de 15 minutes.

«Nous avons porté à leur attention les problèmes rencontrés hier», assure Mme Dionne.

La PPO n’a toutefois pas voulu partager le nom de la compagnie en charge de la traduction.

 

Les plaintes s’accumulent

L’alerte Amber de Thunder Bay est la première de la PPO diffusée sur les téléphones cellulaires depuis les messages tests d’alerte au public réalisés la semaine dernière à travers le Canada.

Ces tests devaient permettre de s’assurer du bon fonctionnement du système et de sa capacité à diffuser des messages dans les deux langues officielles.

Envoyés à plusieurs personnes uniquement en anglais, les messages d’alerte au public font eux aussi l’objet d’une enquête du CLO qui dit avoir reçu 13 plaintes.

 


POUR EN SAVOIR PLUS:

Plusieurs tests d’alerte diffusés seulement en anglais

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.