#Canada, #Francophonie

Plusieurs tests d’alerte diffusés seulement en anglais

Crédit photo: Pixabay

OTTAWA – Non contents de ne pas avoir bien fonctionné au Québec et en Ontario, lundi, les tests d’alerte publique, réalisés également ce mercredi 9 mai dans huit provinces et deux territoires, ne l’ont pas tous été en français.

BENJAMIN VACHET
bvachet@tfo.org | @BVachet

Sur les médias sociaux, plusieurs utilisateurs ont dénoncé un titre bilingue, mais un message uniquement en anglais, après avoir reçu le test d’alerte publique sur leur téléphone, annoncé pour cette semaine.

«Système d’alerte nationale: seul le titre est bilingue. Tout le message est en anglais. Plainte déposée [au Commissariat aux langues officielles du Canada]. J’encourage tout le monde à le faire», indique ainsi Marie-Claude Rioux, directrice générale de la Fédération de l’Acadie de Nouvelle-Écosse (FANE), sur son compte Twitter.

L'image est une capture d'écran de téléphone sur lequel le titre indique "Alerte présidentielle" et le texte dit: "This is a test of the National Public Alerting System issued by the Department of Municipal Affairs and Environment. This is only a test of the alerting system. If this had been an actual emergency or threat, you would now hear instructions that would assist you to protect you and your family. This is only a test, no action is required.
Un exemple d’alerte en anglais reçu par un résident de St-Jean. Crédit image: Twitter

«Reçue l’alerte d’urgence nationale… en anglais uniquement. Pourtant, la langue du système de mon téléphone cellulaire est le français», dénonce Mathieu Boudreau, de Saint-Jean, à Terre-Neuve-et-Labrador.

Depuis le 6 avril, tous les fournisseurs de services sans fil doivent transmettre les messages d’alerte publique en cas d’urgence sur leurs réseaux. Des tests sont effectués afin de s’assurer que le système d’alerte fonctionne et de faire connaître aux Canadiens le système national d’alertes au public.

Des problèmes ont été également signalés à la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada en Nouvelle-Écosse, donc, mais aussi en Ontario, au Manitoba, en Saskatchewan et à Terre-Neuve-et-Labrador. L’organisme porte-parole des francophones en contexte minoritaire a d’ailleurs lancé un sondage sur les médias sociaux pour savoir qui a reçu le test dans les deux langues officielles ou juste en anglais. La FCFA invite le public à leur signaler les problèmes.

 

Déjà sept plaintes

Le Conseil canadien de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) confirme à #ONfr que ces messages auraient dû être envoyés dans les deux langues officielles, afin de s’assurer que le système peut y parvenir si nécessaire. Le CRTC explique toutefois qu’il s’agit de tests et que c’est pour corriger ce genre de problèmes qu’ils sont effectués.

Le directeur général de la Fédération des francophones de Terre-Neuve et du Labrador (FFTNL), Gaël Corbineau a également reçu son message principalement en anglais. Il a donc décidé de porter plainte auprès Commissariat aux langues officielles du Canada (CLO).

«Si on ne le fait pas maintenant, ce ne sera jamais corrigé après. Il n’y a pas de raison que le système d’alerte ne soit pas bilingue partout, alors que des tests l’ont été à d’autres endroits. Beaucoup de personnes avec qui j’ai parlé ici ont reçu, elles aussi, un message seulement en anglais.»

L'image est une capture d'écran de téléphone sur lequel le titre indique "Emergency Alert/Alerte d'urgence" et le texte dit: "This is a test of the National Public Alerting System issued by the Department of Municipal Affairs and Environment. This is only a test of the alerting system. If this had been an actual emergency or threat, you would now hear instructions that would assist you to protect you and your family. This is only a test, no action is required.
Une photo du message d’alerte reçu, en anglais, par Gaël Corbineau. Crédit image: Gracieuseté

Le CLO a confirmé à #ONfr avoir reçu huit plaintes relatives aux tests du système d’alerte qui ont toutes été jugées recevables et qui feront donc l’objet d’une enquête.

«On parle d’un système national d’alertes au public, dans lequel le gouvernement fédéral joue un rôle de partenaire. Pour moi, il est inconcevable que des francophones reçoivent des alertes uniquement en anglais. Envoyer des alertes dans les deux langues officielles devrait être un réflexe, et dans des situations où il y a un danger, il ne doit pas y avoir de citoyens ou de citoyennes de seconde classe», a réagi, par voie de communiqué, le président de la FCFA, Jean Johnson.

L’organisme exige des correctifs immédiats pour garantir que tous les citoyens , peu importe où ils se trouvent au pays, reçoivent des alertes dans les deux langues officielles en cas de danger imminent.

 

Déjà des problèmes lundi

Outre ces problèmes de bilinguisme, les tests d’alerte d’urgence ont déjà connu plusieurs ratés, lundi 7 mai, en Ontario et au Québec.

«Nous constatons que certains utilisateurs sans fil n’ont pas reçu le message d’essai. Tous les partenaires d’En Alerte travaillent ensemble pour en identifier la cause. Nous remercions la population de leur patience alors que nous étudions la situation et compilons les résultats des messages d’essai», explique sur son site internet l’entreprise Pelmorex, qui gère le système.

La ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly, a rappelé l’importance que le système d’alerte fonctionne, tout en indiquant respecter l’indépendance du CRTC pour s’occuper de ce dossier.

Les messages d’alerte en cas d’urgence sont émis par les gouvernements fédéral, provinciaux et territoriaux ainsi que par les responsables de la gestion des urgences afin d’avertir la population de menaces imminentes, notamment en cas d’incendies, de tornades, d’inondations, de contamination de l’eau et d’alertes AMBER.

 

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois jeudi 10 mai à 15h33.

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Benjamin Vachet
Benjamin Vachet
bvachet@tfo.org @BVachet

Originaire de France, Benjamin Vachet vit au Canada depuis plus de douze ans. Titulaire d'un baccalauréat en Administration économique et sociale et d'une maîtrise de journalisme, il a commencé sa carrière en France, avant de la poursuivre au Canada. Il a travaillé pour les hebdomadaires Le Reflet, puis L’Express Ottawa et pour la radio francophone d’Ottawa, Unique FM. Il a rejoint le Groupe Média TFO en 2014. Passionné de politique ontarienne, fédérale et internationale, Benjamin cumule plus de treize années d’expérience en presse écrite, radio et télévision.